Primes, stock-options : Alcatel-Lucent tente d'éviter tout scandale

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L’équipementier joue la carte de la responsabilité, les syndicats parlent de “non événement”

Face à la polémique suscitée par le versement de primes et de stock-options aux responsables de grandes entreprises en difficulté, Alcatel-Lucent tente d’éviter les vagues. Le géant des équipements télécoms a ainsi décidé de communiquer sur ce sujet et essaye de mettre en avant sa responsabilité dans la crise.

Ainsi, le directeur général de l’entreprise, Ben Verwaayen, a renoncé il y a une dizaine de jours à une prime de 500.000 euros , décidée lors de son recrutement en septembre 2008.

M. Verwaayen “ne touchera ni prime ni bonus”, par“solidarité” avec les salariés compte tenu du “gel des salaires” et de“la baisse des rémunérations variables”, a précisé une porte-parole de la firme franco-américaine à l’AFP.

Une décision qui n’émeut pas particulièrement les syndicats qui parlent de “non événement”. “Le renoncement de M. Verwaayen peut paraître exemplaire par rapport à beaucoup de ses pairs dans des grands groupes, des banques”, note la CFDT, mais d’après elle le directeur général “devrait poursuivre sa réflexion et s’interroger sur la pertinence de sa part fixe de 1,2 million d’euros”et d’un 1 million de stock-options notamment.

Et le syndicat de rappeler les 16.500 suppressions d’emplois annoncés dans le monde depuis la difficile fusion en 2006 entre les eux groupes, auxquelles s’est ajoutée en décembre dernier l’annonce de la suppression de 1.000 postes de cadres et de 5.000 chez les sous-traitants.

Dans le même temps, la CFE-CGC d’Alcatel-Lucent a appelé les actionnaires à “exercer leur devoir de contrôle” sur les actions gratuites, les stock-options ou les retraites complémentaires attribuées aux dirigeants et à ne pas limiter l’assemblée générale à “une chambre d’enregistrement”.

“Les actionnaires ont une grande part de responsabilité dans les évolutions des années passées, en n’exerçant pas leur rôle de contrôle ils ont lâché la bride à des dirigeants que plus rien ne retenait. Il n’est pas concevable que (…) pour attribuer des montants se chiffrant en millions d’euros, l’assemblée générale des actionnaires ne soit qu’une chambre d’enregistrement”, déclare le syndicat.

La CFE-CGC souligne que“les salariés n’acceptent pas l’injustice” et juge que “les actionnaires ne doivent pas accepter de récompenser l’échec”,observant que “dans le passé récent des suppléments de rémunération scandaleux furent octroyés alors que les salariés étaient licenciés par milliers et que les actionnaires voyaient leur capital divisé par 15”.

Alcatel-Lucent devra donc certainement aller plus loin que le non versement d’une prime à son p-dg pour lui éviter tout nouveau scandale, à l’image de celui qui a secoué Valeo ou la banque Natixis.


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