Quand la pub paie pour big brother à l’école…

Régulations

Badges électroniques pour les élèves et directeur qui surveille leurs mouvements en permanence, via un terminal. Le tout, payé par la pub. A Milan

Elèves dotés de badges électroniques, portiques enregistreurs à l’entrée et dans chaque salle de classe, directeur qui accède à toutes les données sur son iPod de dernière génération … Les écoles françaises comme l’institution privée et catholique Saint-Denis, à Loches, n’ont pas le monopole (http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/04/07/quand-big-brother-sinvite-a-lecole/#more-705) de la surveillance « poussée ».

A Milan, à l’Institut professionnel Bartarelli, voué au tourisme, au commerce et à l’entreprise, le directeur semble très fier de sa nouvelle installation. L’édition milanaise du quotidien La Repubblica, ce 25 mars (‘ Troppe assenze fra gli studenti a scuola spunta il grande fratello ‘) a relaté toute l’histoire.

L’objectif était de limiter les retards et d’empêcher des intrus de rentrer dans l’établissement. Pour cela, chacun des 1000 étudiants a été doté d’un badge électronique. A présent, le matin, dans le hall d’entrée, ils doivent passer leur badge sous un lecteur qui enregistre leur passage. Une fois qu’ils sont identifiés, un écran leur adresse un bonjour personnalité. Chouette ! Rebelote à chaque fois que les étudiants rentrent dans une salle de classe : leur présence est électroniquement enregistrée – toujours pour lutter contre les retards. Outre à gérer les présences, le dispositif comprend également un espace numérique de travail, partagé avec les enseignants et les parents.

Big directeur

Et le directeur dispose d’une visibilité permanente sur les passages des élèves dans l’établissement, via son Ipod dernier cri. Interviewé par le quotidien italien, il estime que « celui qui voit une sorte de Big Brother qui espionne de façon obsessive, dans ce système, se trompe».

Pis, le représentant des élèves, également cité par Repubblica, considère que « le problème n’est pas d’être contrôlé. Effectivement, il y avait trop d’absences et de retards. Le problème est plutôt que l’école dépense de l’argent pour des technologies, alors que nous manquons parfois de chaises».

Il a tort de s’inquiété pour si peu : l’ingénieux directeur a prévu de financer les 20.000 euros qu’a coûté le dispositif, en proposant aux annonceurs de faire leur pub sur les écrans disposés dans le hall. Il suffira d’ajouter un temps minimum d’exposition – électroniquement contrôlé – aux messages publicitaires, et ce sera complet.


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