Récupération de PC : la plate-forme Ordi 2.0 est lancée

Régulations

Le site internet de la filière de récupération, reconditionnement et redistribution des ordinateurs a été   officiellement lancé par Eric Besson. Une impulsion, plus qu’une solution globale

Ce 11 décembre, Eric Besson, secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, a lancé officiellement la plateforme http://www.ordi2-0.fr. Cette dernière est destinée à dynamiser la filière de récupération, retraitement et redistribution des ordinateurs usagés auprès de publics en difficulté, d’associations ou d’écoles, en fédérant les offres et les demandes.

Un projet lancé dans le cadre du plan « France numérique 2012 », et qui s’appuie sur le secteur de l’économie solidaire.

«Chaque année, 2,5 millions d’ordinateurs, amortis au sens financier du terme, partent à la déchetterie. Or, la moitié d’entre eux fonctionne. Ce constat n’est acceptable ni socialement, ni d’un point de vue environnemental » a commenté Eric Besson.

C’est chez Ecodair, de l’une ces entreprises de l’économie solidaire, qui travaille à l’intégration de personnes avec des problèmes psychiatriques, qu’a été lancé le site internet. Dans ces locaux, proches de la porte d’Aubervilliers, la société, qui compte une cinquantaine personnes, réceptionne 15 000 ordinateurs usagés par an. La ville de Paris, ou la banque HSBC, suivant des modalités différentes apportent ici leur matériel usagé, destiné à être reconditionné.

Après le tri entre les ordinateurs récupérables ou pas, des techniciens récupèrent des pièces, et réinstallent un système d’exploitation ( Microsoft, qui a fourni les licences à bas prix), et la suite de logiciels libres OpenOffice, sauf si l’ordinateur comporte une licence.

Dans le cas de la ville de Paris, des associations, à qui la mairie distribue des bons, peuvent s’adresser à Ecodair, pour obtenir des ordinateurs. Si la société travaille plus facilement avec des parcs d’entreprise, homogènes, et qui permettent de récupérer des pièces, les particuliers peuvent aussi donner leurs ordinateurs, ou en acheter.« Un Pentium 3, avec 1,3 giga de mémoire et doté d’une suite bureautique, coûtera environ 65 euros »explique un technicien. La société propose un service après vente, la garantie durant six mois. Et cinq personnes se consacrent à la maintenance et à l’accompagnement.

Ainsi, la société « assure la mise en place et la maintenance de 25 postes et d’un serveur dans une école, Henri Matisse, de la Seine Saint Denis »,explique Hervé Baulme, directeur général de Ecodair. Des entreprises, comme le groupe Casino, ou Areva, s’étaient déjà engagées à faire don de leurs ordinateurs à leurs salariés. Et, aujourd’hui, Microsoft, SFR et la SNCF, ont signé pour offrir des ordinateurs destinés à des associations ou des publics défavorisés.

Le compte n’y est pas

Reste à savoir si la filière de l’économie solidaire, est en mesure de retraiter 1,25 millions d’ordinateurs par an. Ecodair, par exemple, en reçoit 15.000, et en redistribue 7.500 par an, explique Gatien Lepage, directeur technique. Et, pour l’instant, ce sont 17 structures de l’économie solidaire qui sont labellisées ordi 2.0.

De fait, l’opération n’a pas « d’objectif chiffré » a précisé Eric Besson. Ce plan a toutefois permis de lever les obstacles juridiques qui empêchaient les entreprises de faire don de leurs ordinateurs, et « nous sommes entrain de faire la même démarche pour les administrations » ajoute Eric Benhamou, délégué général de la DUI, délégation aux usages de l’internet. Pour lui, « aujourd’hui, nous nous occupons des ordinateurs, mais le parc évolue. Demain, ce sera les notebook, les téléphones portables, qui ne sont pas forcément faits pour durer. Cela va nous demander d’autres mesures » .


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