Scandale WorldCom: le patron débouté en appel, 25 ans de prison

Régulations

Bernie Ebbers est à l’origine de la plus grande fraude de l’économie américaine

Les juges de la cour d’appel de New York n’ont eu aucune pitié pour Bernie Ebbers, ancien patron de WorldCom, devenu MCI. Ils ont confirmé la condamnation infligée en mars 2005: l’homme de 65 ans, devra passer les 25 prochaines années de sa vie en prison. Il a une nouvelle fois été reconnu coupable de fraude et complot dans la plus grande faillite de l’histoire des Etats-Unis. Une fraude évaluée à 11 milliards de dollars.

“La peine est dure mais pas déraisonnable”, a considéré la cour.

Dans le volet civil de l’affaire, Bernie Ebbers avait accepté de verser la quasi-intégralité de sa fortune aux actionnaires soit jusqu’à 40 millions de dollars.

Le feuilleton WorldCom est donc en passe de définitivement s’achever. L’homme avait, entre 2000 et 2002 gonflé la valeur de l’action et les résultats de l’entreprise pour rassurer les investisseurs et les marchés. Or la société traversait les pires difficultés.

Son argumentation, visant à dire qu’il était autodidacte, qu’il ne connaissait pas la finance et n’était pas au courant des manipulations de chiffres, ne pouvait pas tenir.

Extrait d’un dialogue savoureux pendant le procès. L’avocat interroge Ebbers : «Vous n’aviez pas un ?il sur ses activités au jour le jour ?», « Oh non , Oh non !» répond Bernie Ebbers. Puis le procureur fédéral David Anders lui fait admettre qu’il est familier des termes savants des bilans financiers et qu’il se penchait lui-même de près sur les comptes des sociétés cibles d’OPA dans les années 90.« Le ratio du prix sur le bénéfice par action ça vous dit quelque chose ?», réponse surréaliste de Ebbers : « J’ai déjà entendu ça ».

Pour l’establishment américain, le cas WorldCom était trop gros: les manipulations d’écriture ont porté sur 11 milliards de dollars ! Il ne pouvait que servir d’exemple. En juillet 2002, le deuxième opérateur de télécoms longue distance des Etats-Unis après ATT avait dû se placer sous la protection de la loi sur les faillites après la découverte de ces malversations.

Pour survivre, le groupe a mis en place un féroce et très long plan de restructuration qui s’est traduit par l’annulation de 74,4 milliards de dollars de bénéfices avant impôts sur la période 2000 et 2001, notamment à cause d’un total de 59,8 milliards de provisions pour dépréciation de son fonds de commerce.

Par ailleurs, 22.000 emplois dans monde ont été supprimés et 90% de la dette (35 milliards de dollars) ont été remboursés. En avril 2004, WorldCom, rebaptisé MCI sortait du régime des faillites.


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