Ubisoft dans le vert, Infogrames rassure

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Les deux éditeurs français annoncent des résultats en progression

Contrairement à certains de ses concurrents, Ubisoft affiche une belle santé. L’éditeur français de jeux-vidéos, un des leaders mondial du secteur, annonce une progression de son résultat d’exploitation 2004-2005 à 41,4 millions d’euros.

Le groupe a enregistré pour cet exercice clos le 31 mars un bénéfice net, après goodwill, de 20 millions d’euros aux normes françaises alors qu’il était déficitaire de 9 millions d’euros un an auparavant. La société dit avoir une trésorerie disponible de 50,6 millions d’euros. Au 31 mars 2005, son endettement net avait diminué à 81,2 millions faisant apparaître un ratio d’endettement net sur fonds propres de 25%, contre 41% au 31 mars 2004. Dans un communiqué, Ubisoft confirme prévoir pour 2005-2006 de réaliser un chiffre d’affaires d’environ 600 millions d’euros et un résultat d’exploitation de l’ordre de 55 millions d’euros, à taux de change constants. “Dans les quatre ans qui viennent, nous avons l’ambition de doubler notre taille, tout en triplant notre résultat net, grâce au lancement régulier de nouvelles marques”, déclare Yves Guillemot, le président d’Ubisoft, dans le communiqué. Concernant le groupe et l’entrée d’Electronic Arts dans le capital, l’éditeur reste pragmatique. Ubisoft réaffirme son souhait de rester indépendant: “Nous aimerions continuer à être indépendants parce que c’est la meilleure solution, notamment pour nos actionnaires. La visibilité de notre chiffre d’affaires et de notre marge nette est bonne. Il n’y a pas de problématique de croissance hors dilution. Alors pourquoi aller vendre aujourd’hui ?” explique Yves Guillemot, p-dg de l’éditeur dans un entretien paru dans la Tribune. Mais il laisse la porte ouverte. Des contacts avec Electronic Arts ont ainsi eu lieu. : “Nous nous parlons de temps en temps mais là, par exemple, nous n’avons eu aucun contact depuis plusieurs semaines”, tout en précisant que les prix proposés par le groupe américain ne le satisfont “pas du tout”. D’ailleurs, une troisième option reste possible: celle d’un rapprochement avec un autre éditeur, voire un groupe de divertissement tel que Disney, Fox ou Time Warner. Une telle approche lui permettrait par exemple d’acquérir des licences dépendantes d’Hollywood. “C’est une solution qui pourrait être, pour nous, assez intéressante. Cela pourrait accélérer le développement d’Ubisoft”, explique Yves Guillemot. Et surtout échapper aux assauts d’Electronic Arts. Du côté d’Infogrames, malgré le repli de sa filiale Atari, l’éditeur améliore son résultat d’exploitation qui atteint 22 millions d’euros pour l’exercice annuel clos fin mars contre 2,6 millions d’euros en 2004. Le groupe reste néanmoins dans le rouge avec une perte nette de 25,3 millions d’euros. Mais celle-ci était de 31,5 millions il y a un an. Comme Ubisoft, Infogrames a réduit sa dette: elle passe de 188 millions d’euros à 125 millions. Le champion européen du secteur estime que l’année 2005 sera un exercice d etransition avant le décollage prévu pour 2006 avec le lancement des trois nouvelles consoles de salon: la PlayStation 3 de Sony, la Xbox 360 de Microsoft et la Revolution de Nintendo.


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