Les candidats et la privacy : faites ce que je dis, pas ce que je fais

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Chaque candidat ou presque jure qu’une fois élu, il renforcera la vie privée des internautes face aux multinationales américaines. Sauf qu’aucun de leur site ne respecte la loi en vigueur…

Un Cookie Gate… touchant tous les candidats ? C’est en tout cas la conclusion de Ronan Chardonneau, maître de conférences à l’université d’Angers et créateur d’une start-up dédiée à l’analyse d’audience. En analysant les sites des 11 candidats et en les comparant aux exigences de la législation française en matière d’utilisation des cookies, l’universitaire conclut qu’aucun d’entre eux ne respecte la loi.

cookiegateLes directives de la CNIL prévoient en effet que tout éditeur de site informe les internautes des finalités des solutions techniques employées, demande le consentement des utilisateurs concernant l’usage de ces solutions et offre aux internautes un moyen de refuser leur emploi. Un triptyque auquel aucun site de candidat ne se plie. François Fillon, Benoît Hamon, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen ou Philippe Poutou ne respectant même aucune des trois conditions. A l’opposé, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont Aignan font presque figure de bons élèves (un seul manquement chacun).

Analytics : les données des électeurs partent aux US

Il n’empêche : ce bilan fait un peu tâche parmi des candidats qui affichent leur volonté de « garantir la préservation des données personnelles des Européens », comme le fait Emmanuel Macron, plaident pour une information des utilisateurs en cas de profilage et une faculté à le refuser (Jean-Luc Mélenchon) ou militent pour la montée en puissance d’une réelle industrie européenne en matière de numérique (Fillon, Le Pen).

Au passage, Ronan Chardonneau détaille les collectes de données effectuées par les sites des candidats, qui, à l’exception de celui de Nathalie Arthaud, envoient tous des données aux Etats-Unis. Via Facebook ou Twitter pour certains. Mais surtout via le recours quasi-systématique à la solution gratuite d’analyse des audiences Web de Google (Google Analytics). « Google connaît le nombre d’internautes qui se sont respectivement connectés à chacun des sites des candidats disposant de ce type de technologie. L’entreprise peut savoir ce que les internautes ont consulté et, d’une certaine manière, possède de bien meilleures estimations d’intentions de votes que ceux des sondages réalisés en France », écrit l’universitaire dans son rapport. On aurait presque envie de demander à Mountain View de nous éclairer à quelques jours d’un vote parmi les plus incertains de la 5ème République.

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Photo : g4ll4is via VisualHunt / CC BY-SA

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