Le troisième opérateur de wholesale Kosc Telecom prêt à décoller

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Considéré comme le troisième opérateur de wholesale en France, Kosc Telecom finalise la construction de son réseau national.

« On s’est équipé pour faire de la collecte cuivre, fibre et du lien backbone. » Près d’un an après avoir pris le contrôle du réseau de Completel acquis fin 2015 dans la foulée de celui d’OVH, Kosc Telecom est sur le point de finaliser la mise à niveau de son infrastructure. « L’ouverture technique du réseau est imminente », assure Antoine Fournier (photo ci-dessus), directeur général du nouvel acteur considéré comme le troisième opérateur de gros (wholesale) sur le marché français des télécoms.

Rénovation optique et cœur de réseau à l’ouvrage

Kosc n’a pas mégoté sur les investissements pour soigner son entrée sur le marché comme fournisseur de connectivité aux opérateurs de services d’entreprises. L’entreprise, animée par 35 personnes aujourd’hui, a renouvelé tous les équipements optiques de son réseau en portant son choix sur des technologies de longueurs d’ondes (WDM) avec les solutions FSP 3000 apportées par l’allemand Adva Optical Networking. Cette stratégie annoncée en juillet 2016 permettra d’apporter 16 Tbit/s de capacité par lien optique (à raison de 40 « couleurs » de 400 Mbit/s chacune). « Alors que 1 Gbit/s par site DSL est suffisant », indique Antoine Fournier qui s’assure ainsi sur les futurs besoins de capacité. Le déploiement des équipements optiques devrait être finalisé avant l’été prochain.

Parallèlement à l’infrastructure optique, Kosc construit son cœur de réseau. Il vient de sélectionner les routeurs Nokia 7750 SR (issus du catalogue d’Alcatel-Lucent) pour assurer la gestion de la collecte, l’agrégation et la livraison des services Ethernet auprès des opérateurs d’entreprises. Cette mise à jour « n’implique aucun changement technologique chez le client, les routeurs Nokia se contentent de discuter avec les NRA (noeud de raccordement abonnés, NDLR) et NRO (nœud de raccordements optiques, NDLR)  », précise Antoine Fournier.

15 millions de lignes raccordables

Fort d’un réseau de 20 000 km reliant 180 villes en mesure de connecter 15 millions de lignes, soit la moitié du parc français, le troisième fournisseur de wholesale du pays couvre aujourd’hui 90% de la zone privée (hors zones d’initiatives publiques, donc). « Nous avons l’ambition de couvrir 100% de la zone privée d’ici 3 à 5 ans », révèle Antoine Fournier.

Une infrastructure nationale qui lui permet de proposer un catalogue de services étoffé, dont les diverses déclinaisons DSL (ADSL, VDSL, SDSL) par lesquelles l’opérateur entend bien se distinguer. « Nous allons être les premiers à proposer du SDSL sans GTR (garantie de temps de rétablissement, NDLR) », nous confie Antoine Fournier. Depuis 15 ans que le SDSL existe en France, il était jusqu’à présent obligatoire d’acheter une GTR. Mais Kosc entend offrir plus de souplesse aux opérateurs de services. « On amène une boîte à outil afin d’offrir aux clients la possibilité de construire des offres et des services au-dessus, explique le dirigeant. Nous voulons libérer la créativité des opérateurs d’entreprise. » Tout en assurant pouvoir aussi proposer de la GTR avec le SDSL.

Une cinquantaine d’opérateurs intéressés

Une stratégie qui semble séduire. Début mars, Kosc a signé avec Serveurcom. L’opérateur d’entreprise pourra proposer le nouveau réseau auprès de ses clients à travers son réseau de 200 revendeurs. Antoine fournier assure avoir reçu, depuis septembre, l’intérêt de 57 opérateurs. « Il y a un vrai besoin pour les opérateurs d’entreprise d’avoir un fournisseur qui ne soit pas leur concurrent. » Le responsable fait évidemment référence aux deux autres opérateurs wholesale du marché que sont Orange et SFR qui, contrairement à Kosc qui s’en tient à la seule fourniture de connectivité en gros, proposent également aux entreprises leurs propres services voix, connectivité, Cloud et autre VPN. Autant d’offres potentiellement concurrentes à celles de leurs propres clients opérateurs de services.

L’indépendance ne sera pas le seul atout valorisant le fournisseur alternatif de wholesale. Kosc, qui jouera certes sur des prix « compétitifs » et une équipe « réactive et flexible », entend se distinguer à travers les interfaces de commandes des connexions. D’une part un portail sera proposé aux opérateurs clients qui pourront ainsi passer leurs commandes directement en ligne. Et, d’autre part, les clients informatisés pourront s’appuyer sur des API afin de faire dialoguer les serveurs entre eux sans avoir à passer par le portail et éviter une re-saisie manuelle des informations.

L’automatisation de la plate-forme a nécessité de gros investissements de développement interne, concède Antoine Fournier. « Notre avantage a été de partir à neuf en 2016 avec un système d’information homogène en un seul bloc. On a construit un système du 21e siècle. » Où la théorie selon laquelle, en informatique, les derniers partis ne sont pas nécessairement les derniers arrivés, se répète.

La nécessité d’une vraie concurrence

Mais Kosc ne pourra s’installer sur le marché que si celui-ci lui concède un peu de place. C’est pourquoi l’opérateur né du consortium Mobius Telecom et OVH est très attentif aux mesures que l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) entend appliquer pour faciliter l’accès à la fibre d’Orange afin de stimuler les investissements. « C’est une nécessité pour le marché que s’installe une vraie concurrence sur la fourniture de services entreprises », insiste Antoine Fournier. Et notamment sur les services de FTTH Pro (considérés comme de l’ADSL très haut débit) et le FTTE ou fibre entreprise (l’équivalent du SDSL THD). « On a vraiment besoin de construire l’écosystème ouvert et concurrentiel sur l’ADSL et le SDSL THD au même titre que celui qui a grandi sur l’ADSL et le SDSL classiques. »

Kosc se tient prêt. Les offres ADSL et SDSL actuelles seront bientôt enrichies du FTTE en cours d’ouverture. « Il nous manque encore le FTTH Pro qui est pour nous un objectif industriel », concède Antoine Fournier. L’opérateur dispose de quelques mois pour peaufiner le service. Après la consultation en cours lancée par l’Arcep sur la fibre d’Orange, les premières mesures de régulation pourraient tomber dès cet été. Pile poil avec le calendrier de Kosc qui devrait alors avoir commencé à ouvrir la commercialisation de ses services.


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