Oracle lance l’artillerie lourde sur le Cloud et le Big Data

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A l’instar des défilés militaires visant à démontrer ses forces armées aux autres nations, Oracle enchaîne les explications sur ses nombreux nouveaux services Cloud. Le rouleau compresseur est en marche.

Thomas Kurian, Oracle.
Thomas Kurian, Oracle.

« La preuve par les chiffres: Le Paas et le SaaS représentent déjà 34% de notre chiffre d’affaires et l’IaaS 16%,» martèlent tous les intervenants Oracle. « Nous avons planifié de doubler les marges de nos offres SaaS et PaaS dans les deux ans. Les nouveaux abonnements récurrents à nos PaaS et SaaS ont triplé au cours du dernier trimestre, et nos revenus cloud atteignent les 2,4 milliards de dollars.»

Investisseurs et partenaires devraient être rassurés quant au positionnement (même tardif) sur le nuage. Les chiffres semblent donner raison à Larry Ellison, qui disait souhaiter attendre que le marché soit réellement là…

« Nous avons lancé 183 nouveaux services sur les trois couches IaaS, SaaS et PaaS, depuis un an,» souligne Thomas Kurian, président Product Development chez Oracle.
Après la parade des offres principales nouveautés SaaS, vient le tour de PaaS sur lequel Oracle affiche une palette très large.

Evolution du multitenant en version 12.2
Evolution du multitenant en version 12.2

Version décimale, mais importante de Database

Le leader mondial annonce la version 12c release 2 de sa base de données. Oracle Database 12.2 (ou 12c release 2) a amélioré ses capacités multitenant. Traditionnellement une base de données Oracle est monotenant : un moteur SGBD ne fait tourner qu’une seule base de données. Pour pallier cet inconvénient, Oracle a créé une structure à deux composants : la “multitenant container database“ (CDB pour Container database) sur laquelle s’enfichent aucune, une ou plusieurs “Pluggable Databases“ (PDB). Avec la 12.2, un CDB peut contenir jusqu’à 4096 PDBs, contre 252 en 12.1. Déjà applicable à la CPU et aux entrées/sorties, la gestion des priorités en fonction de bases de données concerne aussi la mémoire. Plusieurs opérations peuvent être maintenant effectuées sans interruption (à chaud) sur une PDB aussi bien vers le cloud que vers un site : clonage, refresh et déplacement. Appréciable pour les développeurs : des objets sont désormais partageables entre plusieurs PDB (code, métadonnées et données). Et des updates peuvent être opérés sur ces “applications containers”.

Les nouveaux Database Cloud Services incluent le clustering RAC, la gestion du NoSQL, Le In-Memory et Data Guard. Sans oublier Enterprise Manager. Le In-Memory tourne désormais sous Active Data Guard, rendant possible les opérations analytiques sur les données en production “sans impact”, ou des opérations comme la répartition des données du mois en cours sur la base en production et du reste de l’année en standby sur une autre base In-Memory. De plus, il est possible d’alimenter des données In-Memory en continu de façon totalement automatisée (selon la fraicheur des données) ou via des règles prédéfinies. Les performances ont été multipliées par 3 pour les jointures, par 1à pour les expressions et par 60 pour les traitements JSON. Et bien entendu, Oracle Database 12.2 tire profit des capacités “Software in Silicon” du processeur Sparc M7 (décompression, SQL In Silicon et Sécurité, que nous aborderons dans un article à venir).

Effectuer des migrations entre bases de données sur le cloud et sur site peut s’effectuer désormais de plusieurs manières. En plus des Data Pump et Rman Backup, Oracle propose désormais le clonage ou la réplication à chaud de PDB (voir ci-dessus), ou la GoldenGate Réplication (Goldengate a été rachetée en juillet 2009) offrant la possibilité de répliquer une base en production (et ses transactions en cours) vers le cloud sans l’arrêter (bases de données classiques, No SQL ou Data Lakes Hadoop).

L’appliance Exadata est désormais disponible sous la forme Database Exadata Services
(incluant RAC, Active Data Guard, In-Memory évolué… les mises à jour automatisées, etc.). Le client peut faire évoluer son infrastructure en ligne par unités de 28 à 68 cœurs, 0.5 To de Ram, 19,2 To de stockage Flash, et 42 To de disques. Des paliers plutôt élevés…

 Une palette complète et ouverte. Demande oblige.
Une palette complète et ouverte. Demande oblige.

Big Data toujours à l’honneur

Coté Big data, Oracle joue l’ouverture à tous les étages. Au niveau données persistantes, les bases de données Oracle côtoient les bases NoSQL ou Hadoop, orchestrées par des moteurs SQL, Spark, Map Reduce, ou Graph. Quant aux langages, à chacun selon ses envies : SQL, node.js, Rest, R, Python, Java ou Graph.

Tout comme le Database Service, un Big Data Service est disponible, qu’Oracle n’a pas qualifié d’Exalytics Cloud Services… Une infrastructure en ligne adaptable par unités de 216 cœurs, et 96 To de disques. Petits besoins ou petits paliers s’abstenir…

A ne pas confondre avec les Big Data Cloud Services dont le Big Data Preparation Cloud Service automatise la préparation des données (ingestion, préparation, nettoyage et réparation, enrichissement, gouvernance…) et propose des recommandations. Le tout avec du machine learning animé par un moteur Spark et du langage naturel, et une ouverture open data pour enrichir les informations. Big Data Discovery Cloud Service met à la portée des data scientists, mais aussi de l’utilisateur non spécialisé, la découverte la navigation dans les informations sous Hadoop (Find, Explore, Transform, Discover, Share). Une solution qui inclut pour le prédictif : Oracle Big Data Spatial dans Graph, le langage R, ou encore Oracle Big Data SQL Cloud Service.

Autre nouveauté, les Business Analytics Cloud Services proposent GoldenGate Cloud Service permettant les mouvements de données (en production) avec un impact minimal pour alimenter datalakes et datawarehouses sur le cloud, et donc les services Oracle DBaaS, Hadoop, Spark et NoSQL.

Enfin, Oracle NoSQL Database Cloud Service incarne la solution Oracle pour le stockage et la gestion de données NoSQL et s’intègre naturellement avec les autres solutions Oracle.
Afin de mettre le Big Data à la portée des utilisateurs métier, Data Visualization Cloud Service rend transparent le mélange de données de diverses sources (applications cloud, sur site, fichiers personnels…), et propose des visualisations immédiates manipulables et explorables à l’envi. Ces créations par l’utilisateur sont aussi partageables en ligne, sur smartphones, tablettes, ordinateurs, etc. Et la solution peut se connecter à tous les services Oracle, en ligne ou sur site.

L’éditeur annonce d’ailleurs son nouveau Document & Social Cloud Service, un réseau social d’entreprise favorisant le partage et les discussions en toute sécurité part les individus, groupes, applications, systèmes…

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Auteur : José Diz
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