PHP, .Net, Java, iOS, Big Data : le salaire des développeurs en 2015 (infographie)

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Combien sont payés les développeurs en 2015 ? Réponse avec le baromètre des salaires du cabinet Urban Linker. En vedette : les spécialistes de iOS ou Android, les designers d’interfaces utilisateurs et les data scientists. PHP, Java et .Net stagnent.

Pour la quatrième année consécutive, le cabinet de conseil en recrutement Web Urban Linker livre ses estimations du salaire des développeurs à Paris et en Ile-de-France, établies sur la base de 300 embauches réalisées en un an. Concernant le langage Web le plus répandu, PHP, l’étude montre une stagnation des salaires. Mais une expertise autour des framework et des CMS les plus recherchés permet d’améliorer sensiblement sa rémunération. Un différentiel qui se fait particulièrement sentir pour les profils confirmés (entre 2 et 4 ans d’expérience) et séniors (4 à 6 ans). « Actuellement, la demande est la plus forte pour Symfony2 et Zend2, autour desquels gravitent des communautés très actives et qui connaissent des évolutions nombreuses et régulières », souligne Urban Linker. Mais le cabinet souligne également l’effet positif d’autres compétences plutôt liées aux environnements de production : connaissance pointue des bases de données, des environnements à forte volumétrie, des outils et méthodes de tests, des outils de versioning et de montée en charge, gestion des pics d’activité… Pas réellement une surprise à l’heure où développement et production tendent à se rapprocher, au travers de mouvements comme le continuous delivery et le devops.

Les salaires sont sensiblement similaires, à profil égal, sur les langages Ruby et Python. Le premier bénéficiant toutefois de revalorisations significatives sur un an (autour de +4 % sur les profils junior, confirmé et sénior). Très prisés des jeunes développeurs – qui commencent souvent leur carrière avec ce langage -, « Ruby demeure une des technologies les plus rares sur le marché. Les candidats (avec le framework Rails essentiellement) sont très prisés, en particulier les profils confirmés et architectes, écrit Urban Linker. Les salaires dépendent ici beaucoup de la veille technologique effectuée, des projets personnels réalisés (surtout pour les profils juniors) et de l’expérience acquise sur cette technologie. » Ruby reste toutefois moins employé que PHP, Java ou Python. Concernant ce dernier, Urban Linker parle d’ailleurs de « nouvelle jeunesse » avec le Web. La maîtrise d’un framework – Django étant le plus recherché aujourd’hui selon le cabinet de recrutement – constitue un plus pour valoriser son expérience sur cette technologie, assure l’étude.

Javascript : un framework chasse l’autre

Les salaires (entre 30 et 40 K€ pour un junior sur ces trois langages) sont sensiblement moins élevés chez les intégrateurs HTML5/CSS3. Urban Linker parle d’un « léger essoufflement » sur les rémunérations, du fait d’un marché moins tendu. Un junior sera ainsi payé entre 28 et 36 K€ à l’année. Les salaires sont bien plus attractifs pour les développeurs front Javascript et, surtout, full-stack Javascript (front et back). Une compétence « de plus en plus prisée » et qui offre « les meilleures perspectives aux développeurs ». Et qui suppose la maîtrise de Node.js, devenu « incontournable » selon le cabinet de recrutement. Ce segment illustre aussi le besoin pour les développeurs d’apprivoiser sans cesse de nouvelles technologies.

Hier en vogue, la librairie JQuery ne constitue plus une « compétence qui se valorise », souligne Urban Linker. Mieux vaut miser sur Angular.js ou Backbone.js. « Le web se bâtit de plus en plus à coups d’applications robustes et complexes (produits en mode SaaS notamment), par opposition aux sites vitrine ‘classiques’, qui exigent une bonne maitrise du Javascript natif. La polyvalence des développeurs front a un impact direct sur le niveau de rémunération : la maitrise des nouveaux frameworks JavaScript est une vraie valeur ajoutée », écrit Urban Linker.

Du côté des valeurs sûres en entreprise – Java et .Net -, la tendance est à la stabilité. Même si Urban Linker note la montée en puissance de Scala, un langage proche de Java poussé par les applications Big Data, et le déclin du framework Swing au profit de notamment de SpingMVC. Côté .Net, c’est la maîtrise de ASP.NET qui se valorise en termes de salaires. Et la stratégie actuelle de Microsoft ne devrait que renforcer cette tendance.

Mobilité, interfaces : revalorisations significatives

Pour bénéficier de réelles augmentations, c’est du côté du développement mobile qu’il faut se tourner. Et plus précisément du développement mobile natif (à distinguer du développement hybride consistant à déployer une application pour plusieurs OS à partir d’un code unique). Les progressions de salaires des développeurs iOS ou Android s’échelonnent entre 2,5 % et 8 ,3 %, les profils les plus expérimentés bénéficiant des revalorisations les plus significatives. En raison des liens entre Java et Android, les développeurs réunissant cette double compétence sont « légèrement mieux rétribués ». Même si le domaine est jeune, les développeurs doivent déjà s’adapter à des évolutions technologiques, comme l’apparition du langage Swift pour le développement sur iOS.

Autre domaine florissant : les spécialistes des interfaces et de l’expérience client (UX/UI), un sujet dont l’importance ne « cesse d’augmenter » au sein des entreprises, souligne Urban Linker. Bref, ce segment de marché, qui emploie des designers, « commence à prendre » avec des salaires en hausse comprises entre 1,1 et 5,2 % selon l’expérience.

Data scientist : entre 42 et 50 K€ en sortie d’école

Mais, sans surprise, les niveaux de salaire les plus élevés se situent dans le Big Data. Un data scientist, capable de travailler avec des sources de données hétérogènes et d’aller jusqu’à des recommandations stratégiques, bénéficiera ainsi d’une rémunération comprise entre 42 et 50 K€ en début de carrière. Et cette dernière est susceptible d’augmenter très vite, « puisque la demande croît bien plus vite que l’offre. Les tout meilleurs profils, expérimentés, avec une dimension managériale pour prendre la tête d’une équipe de data scientists, peuvent voir leurs salaires s’envoler », écrit Urban Linker. Toutefois, le cabinet admet ne pas disposer de suffisamment de recul pour évaluer la progression des salaires des spécialistes du Big Data sur un an : de facto, dans sa précédente enquête, Urban Linker avait, semble-t-il, surévalué les rémunérations, chiffrant à 50 K€ minimum le niveau d’embauche d’un débutant.

A noter que, non loin de cet univers du Big Data, Urban Linker identifie un nouveau profil, celui de ‘growth hacker’. Un concept venu des Etats-Unis qui vise à optimiser la stratégie d’une entreprise – souvent une start-up – en se fondant sur l’analyse de données. Selon Urban Linker, ce profil, pour lequel n’existe à ce jour aucune formation académique type, génère de plus en plus d’offres d’emploi. Le cabinet de recrutement fournit une première grille de salaires pour les growth hacker (32 à 38 K€ pour un junior, 45 à 65 K€ pour un sénior) « qu’il conviendra d’affiner année après année », reconnaissent les auteurs de l’étude. infographie_dev_salaires

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Crédit photo : Singkham / Shutterstock

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