Alain Fiocco, CTO d’OVH : « On va utiliser de plus en plus OpenStack »

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Alain Fiocco, en charge de toute la BU qui délivre le produit, s’est confié à Silicon.fr à l’occasion de l’OpenStack Summit de Berlin. OpenStack, stratégie du groupe basé à Roubaix et prévisions d’expansion : le CTO d’OVH donne les lignes directrices du groupe.

Envoyé spécial, Berlin – Dans les travées de l’OpenStack Summit de Berlin et non loin du booth de la société, Alain Fiocco s’exprime sur OpenStack et  de la stratégie d’OVH.

Silicon.fr : Comment OVH va évoluer dans ses offres cloud ?
Alain Fiocco : On est déjà très très présent dans le cloud. De façon assez étonnante, nous sommes très connus pour ce qu’on fait historiquement , c’est-à-dire le web hosting. Mais, en réalité depuis très très longtemps, on fait du bare metal, du public cloud et du private cloud.
Concernant le private cloud, le 1er client a été connecté en décembre 2010.

Quelles vont être les jonctions entre les solutions cloud d’OVH et OpenStack ?
Alain Fiocco : Ce que j’ai dit durant ma keynote ce matin, c’est qu’il y a deux choses.
Tout d’abord, on va utiliser de plus en plus OpenStack comme une couche d’abstraction commune à tous les services de cloud. Donc, aussi bien le public cloud que le bare metal, que les services Kubernetes, database dans le cloud, ce genre de chose. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à maintenant.

Donc, on va appuyer de plus en plus sur OpenStack et monter dans les couches entre guillemets. On va ainsi avoir une offre qui sera plus une offre plate-forme as a service : plateforme Kubernetes, plateforme base de données, traitement des données, cluster Hadoop…Tout ça va s’appuyer sur OpenStack et également étendre OpenStack à la gestion du bare metal.
Et donc faire du bare metal, qui est un énorme business pour OVH, ce qu’on appelle un Bare Metal Cloud.

La complexité d’OpenStack ne vous fait pas peur ; c’est à la fois la richesse  avec une myriade d’outils mais  aussi une complexité énorme, avec des couches qui se superposent aux autres couches. Quel est votre point de vue à ce sujet ?
Alain Fiocco: On a une particularité, c’est que, déjà, on ne s’appuie pas sur une distribution du marché. On fait notre propre distribution. On a vraiment des compétences OpenStack en interne.

Quel est le nom de votre distribution ?
Alain Fiocco : Et bien, c’est tout simplement la nôtre. Elle est à nous et n’a donc pas de nom particulier.

Vous disposez donc d’une compétence OpenStack complète au sein d’OVH ?
Alain Fiocco : En effet, on a la compétence OpenStack à l’intérieur de l’entreprise. Donc, cela ne nous effraie pas du tout. Et, on a construit au-dessus d’OpenStack, comme des autres types de services, tout un mécanisme d’automatisation et de management, qui est fait en propre par OVH et qui est notre valeur ajoutée en fait.
Nous sommes en capacité justement d’opérer des infrastructures OpenStack de tailles massives, sans être effrayés par cela.
On déploie des nouvelles régions en quelques heures. On fait des mises à jour en quelques heures alors que pour une entreprise lambda entre guillemets, ce serait probablement des projets de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois.
C’est ça un cloud provider. Notre métier, c’est d’automatiser. Si ce n’est pas automatisé, ça ne peut pas exister à l’échelle d’OVH. Donc, toute notre valeur ajoutée, elle est là.
Pour nous, cette complexité, elle n’est pas là. Déjà, on standardise beaucoup. Quand on automatise, c’est parce qu’on a standardisé.

Vous parlez de plus-value. Or, une des plus values pour laquelle OVH est connu, c’est le support. Donc, vous allez poursuivre dans cette lancée ?
Alain Fiocco : Oui, bien sûr. Alors, dans le cadre du support en fait, à l’occasion de l’OVH Summit, on a un peu annoncé les prémices de ça.
On se rend compte que la diversité de clients que l’on a. On a presque 1,5 millions de clients. Mais, en réalité, ils ne sont pas tous identiques. On a des clients qui sont OVHmarket, qui vont acheter de la boîte e-mail et du web hosting et puis, on a des clients entreprises qui vont acheter des infrastructures pour aller déployer leur ERP. Donc, ce ne sont pas du tout les mêmes besoins.
Et donc, on a défini, ce qu’on a appelle des univers, qui sont au nombre de 4. Ils correspondent en fait des façons de consommer. Et, dans lesquels nos clients se reconnaissent. C’est soit OVHmarket qui est vraiment la solution pour la toute petite entreprise et les professionnels.
On a ce qu’on appelle OVHspirit qui est le coeur du business d’OVH dans la consommation de bare metal, de Serveurs Dédiés, Serveurs Privés Virtuels (VPS) ou encore Private Cloud, donc vraiment de l’infrastructure.
On a ce qu’on appelle OVHstack qui concerne vraiment tout le public cloud, que les gens consomment beaucoup à travers des API et pas tellement à travers une relation commerciale classique. Et puis OVHenterprise, qui est destiné à servir plutôt les grandes entreprises et le business avec des besoins, des SLA (Service-level agreement) assez différents.
Pour chacun de ces univers, il y a des produits. Il n’y a toutefois pas de séparations, pas de silos. Mais, il y a quand même des produits qui naturellement s’alignent avec ceux-là. Et des offres de services qui sont aussi alignées avec ceux-là.
On a donc une offre de services qui va se décliner par univers.

Et en termes d’expansion, en fait, quels sont vos projets ?
Alain Fiocco : On monte dans les couches. De IaaS, on va passer à un fournisseurs de solutions à valeur ajoutée. Toujours au-dessus de la même infrastructure cloud. Ca, c’est une dimension. Donc, on va aller vendre du Kubernetes managés, de la base de données managée. On va aller vendre du cluster Hadoop managé.
On va aller vendre des infrastructures de machine learning et d’IA. Toujours de l’infra, mais plus applicative. Donc, ça c’est un domaine d’expansion.

 Quid de l’expansion géographique d’OVH ?
Alain Fiocco : On s’est beaucoup étendu en Europe avec la création de gros data centers, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Pologne, mais aussi aux Etats-Unis depuis quelques temps. Il y a aussi Singapour et Sydney. Donc, ça c’est une expansion assez récente. On est donc en phase de vendre davantage sur ces régions là. Donc, c’est une seconde phase d’expansion. Et puis sinon, on continue à prendre des parts de marché, même sur nos business traditionnels. Il y a des parts de marché à prendre, car il n’y a pas beaucoup de fournisseurs alternatifs en Europe qui ont notre capacité à délivrer à l’échelle.

(Photo : Alain Fiocco, CTO d’OVH – Crédit photo : Silicon / Rénald Boulestin)

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