Économie numérique : Arnaud Montebourg passe à l’offensive

Régulations

Arnaud Montebourg a présenté sa feuille de route pour « le redressement économique de la France ». Le ministre demande aux opérateurs audiovisuels et numériques français de s’unir pour « offrir des plateformes alternatives aux offensives anglo-saxonnes ».

Promoteur du patriotisme économique, le ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg, a fait salle comble, jeudi 10 juillet, à l’occasion de la présentation à Bercy de « la feuille de route pour le redressement économique de la France ». Tout un programme qui fait la part belle aux infrastructures et technologies de pointe.

Investir dans les infrastructures

Arnaud Montebourg veut renforcer l’effet de levier et dynamiser l’investissement dans « la révolution numérique » et les infrastructures qui « génèrent les emplois d’aujourd’hui et les biens communs de demain », de la construction de barrages au très haut débit. « Il faut que nous accélérions l’équipement des 30 millions de foyers en fibre optique. Cet objectif devra être inscrit dans la future loi de croissance et de pouvoir d’achat qui sera présentée à l’automne 2014, afin que l’investissement en génie civil des opérateurs privés ne s’arrête pas », a-t-il déclaré.

Après avoir évoqué le manque de discipline en la matière des concurrents – SFR, Bouygues Telecom, Free – de l’opérateur historique (Orange, dont l’État est actionnaire), le ministre a demandé à la filière numérique française de s’allier pour proposer de solides alternatives aux offres de plateformes américaines. « Avec Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, nous avons demandé aux opérateurs audiovisuels et numériques français de s’unir pour offrir des plateformes alternatives aux offensives anglo-saxonnes dans la culture et le cinéma », a indiqué Arnaud Montebourg.

« Je m’apprête à écrire au président d’Orange, comme actionnaire, une lettre de mission lui demandant d’être le vaisseau amiral porteur de notre révolution numérique et souveraine », a-t-il ajouté. Pressé par Bercy, Orange travaille au développement d’une alternative au service de vidéo à la demande par abonnement du leader mondial, Netflix. « Nous ne répugnerons pas à nouer des alliances européennes dans ce domaine », a précisé le ministre. L’arrivée de Nefflix sur le marché français et d’autres marchés européens est prévue cet automne.

Un interventionnisme assumé

Outre les secrétaires d’État Axelle Lemaire (Numérique) et Carole Delga (Commerce), étaient présents au centre de conférence Pierre Mendès France à Bercy, hier, de nombreux journalistes et représentants de groupes de pression, syndicats de salariés et organisations patronales. Malgré de sérieux revers sur les dossiers SFR, ArcelorMittal ou encore Alstom, Arnaud Montebourg fait preuve d’un interventionnisme assumé.

« On a prétendu que mes déclarations sur Mittal ou Dailymotion nuiraient à la France : je constate qu’il n’en est rien », s’est félicité Arnaud Montebourg, avant d’assurer que « le décret sur les investissements étrangers en France du 14 mai vient d’être approuvé par la Commission européenne ». « Il a servi sur Alstom, il servira encore », a-t-il assuré. Désormais, dans six secteurs économiques, dont les réseaux et communications électroniques, une autorisation préalable est nécessaire pour la cession de certains actifs d’une entreprise française à un investisseur étranger. Les critiques estiment que la politique de contrôle des investissements peut être préjudiciable à la filière numérique française et refroidir les investisseurs potentiels.


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Auteur : Ariane Beky
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