SFR : Montebourg préfère Bouygues à Numericable

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Consolidation du marché et poursuite des investissements dans la fibre poussent Arnaud Montebourg à préférer Bouygues à Numericable pour l’acquisition de SFR. Les marchés sanctionnent le titre du cablo-opérateur.

Arnaud Montebourg a clairement exprimé sa préférence pour Bouygues dans le cadre de la vente de SFR, face à Altice/Numericable. Dans une interview donnée au Parisien, le ministre du Redressement productif a notamment déclaré : « Est-ce que le repreneur privilégiera le plan fibre très haut débit du gouvernement ? Le câble, c’est du bon débit, alors que la fibre c’est du très haut débit et la France a besoin de haute performance, c’est vital dans la compétition mondiale. Nous demandons que le rachat de SFR se traduise par une accélération du plan fibre. Nous attendons des engagements clairs. »

Notamment en matière d’emplois. Du fait des doublons, un rapprochement entre les deux opérateurs mobiles risque d’entraîner de nouvelles restructurations fonctionnelles et, donc, des licenciements. « Notre projet de fusion avec SFR ne provoquera aucun départ », tente toutefois de rassurer Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, dans le Journal du dimanche. Ce qui semble irréaliste, particulièrement si la vente du réseau et des licences mobiles liées (toutes ou partie) de la filiale du groupe de BTP à Iliad, maison mère de Free Mobile, a bien lieu (les deux entreprises sont entrées en négociations le 9 mars dernier pour une opération à 1,8 milliard d’euros).

Numericable donné perdant par la bourse

Mais Olivier Roussat continue de se montrer rassurant : « Free souhaite entretenir le réseau avec ses propres agents. Et nous voulons garder nos 1 200 salariés qui y sont affectés. Notre réseau ne sera pas détruit. Au contraire, Free fera vivre les 15 000 antennes qui seront devenues les siennes. » Une logique que partage en partie Arnaud Montebourg : « La concurrence par la destruction s’arrêtera si nous revenons à trois opérateurs mobiles tout en maintenant des prix bas. Elle ne s’arrêtera pas si Numericable conquiert SFR puisque la concurrence restera à quatre dans le mobile. Et au final, soit Free soit Bouygues sera à ramasser à la petite cuillère avec des milliers d’emplois perdus. »

Des déclarations qui ont visiblement influencé le marché. Ce lundi matin, le titre Iliad gagnait près de 13% (également porté par ses bons résultats annuels), celui de Bouygues près de 8% et celui de Numericable perdait… plus de 15%. Un sacré revers pour Patrick Drahi, le dirigeant d’Altice (actionnaire principal de Numericable), qui courait après SFR depuis plus d’un an.

Si les préférences du ministre comme celles du marché se tournent clairement en faveur de Bouygues, les dés ne sont pas encore jetés. Vivendi, la maison mère de SFR, aura le dernier mot (et pourrait, dans l’absolu, conserver son idée de lancer sa filiale opérateur en Bourse). Il ne faudra pas non plus négliger l’avis des régulateurs. Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence, a fait comprendre que l’étude du dossier pourrait prendre neuf mois. Un délai que le ministre souhaite raccourcir : « S’il faut neuf mois à une autorité indépendante pour prendre une décision, ça posera un problème. ». Le futur propriétaire de SFR n’est pas encore connu qu’il y a déjà un problème ?


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