Big Brother Awards 2010 : Besson et Lhermitte épinglés

Sécurité

Ceux qui surveillent les surveillants ont encore frappé. Eric Besson, Christian Estrosi, Thierry Lhermitte et Trident Media Guard sont les élus des Big Bother Awards France 2010.

Le Festival de Cannes récompense le travail des acteurs et des réalisateurs du monde du cinéma, les Big Bother Awards France 2010 choisissent, eux, d’épingler les personnalités méprisant la vie privée et les libertés. Au menu, quelques ministres mais aussi de vrais acteurs, tels que Thierry Lhermitte, épinglé pour sa relation avec la société Trident Media Guard.

On peut aisément imaginer l’émotion des ministères ce matin à l’annonce des résultats de ces BBA 2010. Et pour cause, le choix n’était vraiment pas facile pour le jury*. Dans la catégorie Orwell Etats/ Elus, Michèle Alliot-Marie était au coude-à-coude avec Frédéric Mitterand et Eric Besson. C’est finalement ce dernier qui a remporté le prix, « haut la main », comme l’indique le site des BBA, pour le « durcissement des quotas d’expulsions, le refus de disculper les personnes et associations aidant les migrants, les expulsions expéditives hors contrôle du juge des libertés et non respect des droits des migrants. »

Récompensé, T. Lhermitte, actionnaire de l’entreprise TMG, valet d’Hadopi

Autre gratification orwellienne pour un autre ministre, Christian Estrosi. Le maire de Nice s’est en effet distingué dans la catégorie Orwell Localités. Grâce à lui, la préfecture des Alpes-Maritimes est en passe de devenir «un laboratoire de la vidéosurveillance », son industrieux édile souhaite l’équiper de 600 caméras. Coût de l’opération : 7,6 millions d’euros.

Les ministres ont la côte, on peut le dire, au sein des BBA, mais ils ne sont pas les seuls. Pour la « Mention spéciale Internet », c’est Thierry Lhermitte, actionnaire de Trident Media Guard, qui est récompensé. Cette société au nom particulièrement engageant est en effet connue des internautes et d’Hadopi puisqu’elle « cherche à profiter de la surveillance des internautes autorisée par les mesures de [cette] loi. », indiquait les BBA.

Le prix Voltaire au site grenoblois d’esprit critique Pièces et main d’œuvre

Première récompense pour l’acteur français mais il s’en est fallu de peu ! A une voix près, le prix échouait aux « services web de géolocalisation, la nouvelle armada aspireuse de vie privée du Web 2.0 (Foursquare, Gowalla, Yelp, Plyce, Tellmewhere (Dismoiou en France) et autres Veniu », peut-on lire sur le site.

Enfin, les Big Brother Awards ont délivré le Prix Voltaire, qui «récompense des individus et des collectifs qui luttent contre la surveillance et tentent d’enrayer la frénésie de contrôle des élus et des responsables publics et privés.» A l’opposé des (tristes) sires, cités plus haut, Pièces et main d’œuvre (PMO) est le lauréat Voltaire 2010. PMO est un site citoyen de bricolage pour la construction de l’esprit critique grenoblois.

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« Ils sont notamment parvenus à contrer avec éclat la campagne d’acceptation des nanotechnologies organisée fin 2009 par le gouvernement via la ” Commission du débat public” (CNDP). »

Le palmarès 2010 des BBA est disponible sur le site. Prochaine action des Big Brother Awards, le 29 mai, afin de célébrer les 10 ans d’existence, de rencontrer les lauréats du Prix Voltaire et d’affirmer « notre refus de nous faire ficher, tracer, surveiller, écouter ou d’apparaitre suspect simplement parce qu’on déclare s’y opposer. »

Rendez-vous de 14 à 18h le 29 mai à la Belle Etoile, le théâtre de la Compagnie Jolie Môme à St Denis.

* Les membres du jury 2010 : Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, Véronique Decker, directrice d’école, Collectif national de résistance à Base élèves, Gaëlle Krikorian, sociologue, membre de La Barbe, des Tumultueuses, de Cette France-là et d’Act Up Paris, Agnes Mel, assistante sociale, Mouvement Antidélation, Francis Mizio, auteur, écrivain, Jean-Pierre Petit, Souriez vous êtes filmés, Maurice Rajsfus, fondateur de l’Observatoire des Libertés publiques (Que fait la police ?), Sylvia Preuss-Laussinotte, juriste, Groupe d’information et de soutien aux immigrés (Gisti), François Sauterey, Réseau associatif et syndical, Collectif Non a Edvige et Thomas Sauvadet, sociologue.


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