CITE DES SITES: La Méditerranée est-elle à l’Ouest?

Régulations

Détours ? suite – auprès des sites de la presse francophone. Cap sur Nice-Matin, La Provence, Midi Libre et consorts

Aviez-vous noté? La presse régionale n’est pas lue à Paris alors que la presse parisienne, en fait nationale, est lue partout mais elle occupe une place importante, elle est indispensable. Aussi dois-je dire ma déception devant la couverture Internet des deux mastodontes qui se lisent de Marseille à Vintimille, je veux dire

La Provence et Nice-Matin qui appartiennent au même groupe et auxquels il faut ajouter, pour faire bonne mesure, Var-Matin et Corse-Matin (le seul quotidien de l’île-de-beauté, conçu à Nice et imprimé à Marseille, faute de rotatives sur place). Il y a quelques mois je m’étais abonné à un service original du groupe qui proposait des informations quotidiennes par mail sur les sujets et villes vous intéressant. Ce service, hélas ! a disparu . Quand vous ouvrez le site de Nice-Matin, un panneau vous offre les titres de la parution du jour, mais seulement les titres, à une exception près : le billet de Philippe Bouvard. Il a l’avantage d’être très court et de véhiculer des « vérités premières ». «Tendons nos rouges tabliers!» ajouterait Jules Renard… On nous propose une galerie de 6.035 photos qu’on peut choisir à volonté et quand on a découvert celle qu’on souhaite voir agrandie, elle est oblitérée d’un imposant Nice-Matin car, en fait, le site cherche à vendre des photos papier. Quant aux archives aucun moyen de les atteindre. On peut à la rigueur adresser un mail à un service mais c’est bien vague. Frustrations sur le Net Approchons ?nous du confrère et ex-concurrent – s’en sont-ils tailler des croupières dans les cantons limitrophes ! – La Provence. Ce journal s’appelle ainsi depuis peu – heureusement que le titre était libre ! Dans sa grande période ce quotidien s’appelait Le Provençal et il appartenait à une grande figure politique de gauche, Gaston Defferre. Il avait un concurrent de droite, Le Méridional, qui appartenait aussi à la même personnalité de gauche, mais les deux rédactions étaient séparées et les opinions totalement opposées! Le consensus étant une des lois du midi, Le Provençal et Le Méridional se rassemblèrent et donnèrent naissance à La Provence?Qu’apprend-on sur le site Internet ? Que La Provence tire à 179.000 exemplaires et revendique 752.000 lecteurs (soit 4,20 lecteurs par numéro ? comment le calcule-t-on ?) et que Var-Matin tire à 95.000, Nice-Matin à 150.000 et Corse-Matin à 52.000. On nous propose en pdf la Une du jour. Et c’est à peu près tout. Aucune communication pour l’accès à d’éventuelles archives. Une rubrique Météo empruntée à Météo-France. Et c’est tout. Quel dommage ! Continuons vers l’Est. Le Midi libre est là, qui appartient en partie au Monde. Et nous en serons pas déçus. Les articles sont reproduits in extenso et on sait tout sur un homme de 30 ans qui avoue le viol d’une octogénaire: «Ce fromager qui résidait à Saint-Hippolyte-du-Fort a reconnu le viol mais ne l’a pas expliqué. Retour sur cette fin d’après-midi du vendredi 10 octobre. L’incompréhénsible tutoie le sordide. Quelques instants avant le viol, il se présente chez une autre femme. Là, il prétend réaliser un sondage. Les questions deviennent sexuelles. Le trentenaire est éconduit. Ensuite, il se présente au domicile de la vieille dame prétextant qu’il est un ami de son fils. Il sonne. La grand-mère ouvre malgré son habituelle méfiance. Il entre dans l’appartement, tente d’abuser d’elle. Elle essaie de se défendre et aurait même mis deux gifles à son agresseur. En vain. Le violeur s’enfuit.(?)Dans les instants qui ont suivi le viol, ce trentenaire originaire des Alpes-Maritimes, a pris la fuite. Il aurait quitté la France en 48 heures. Il passe par l’Espagne et arrive finalement au Gabon où il décide de se réfugier et notamment à Libreville. Là-bas, il aurait également séjourné dans un couvent. Dans la capitale gabonaise, il rencontre des ressortissants français à qui il se livre. «J’ai fait une grosse connerie en France», confie-t-il. (?) Pierre Cabanes : « Ces faits sont inexplicables aussi bien par la personnalité de mon client que celle de la victime. Rien n’explique cela, à part un événement mental. Pour moi, il s’agit d’une pulsion qui a aboli son discernement et sa volonté», estimait-on hier pour suggérer une éventuelle non responsabilité pénale.» Feria de la Pentecôte: qui oserait?… TF1 est associé avec le Midi Libre pour un décrochage local et on retrouve sur le site les vidéos correspondantes en particulier un sujet relatif à la Feria de Pentecôte à Nîmes qui serait mise à mal par la suppression du congé du lundi d’où la fureur des locaux. Des dossiers de la rédaction restent ouverts, longtemps et nous permettent de retrouver en particulier ce sympathqiue hommage à Georges Brassens : «On devine avec quelle douce ironie la moustache poivre et sel de Brassens aurait toisé la brosse à reluire que brandissent par les temps qui courent les uns et les autres. Les médias en particulier, toutes chapelles confondues. « Mea culpa, nous sommes de la procession ! Sauf que nous, c’est une visite de voisin que nous avons décidé de lui rendre, à l’illustre Sétois. Nuance intime, on vous l’accorde, mais qui autorise à ne pas se sentir visé par les moqueries servies aux embaumeurs sur le retour et justifie le dérangement post mortem. « L’instant d’un clin d’oeil complice. Le temps de lui dire que décidément on n’arrive pas à l’oublier. Et de se redire, entre “amis de Georges”, que c’est très bien ainsi. Que dans le Panthéon imaginaire de chacun d’entre nous où s’entassent, et parfois s’enlacent, les personnages les plus divers et les plus variés, il occupe une place à part.» Alain Plombat. Le bon ton catalan Un dernier quotidien boucle la Méditerranée, L’Indépendant, de Perpignan, qui s’affirme catalan et qui, donc, rayonne jusqu’à Barcelone. Lui se souvient d’un autre grand chanteur, Charles Trenet: «L’Indépendant conserve le souvenir des passages de Trenet à Narbonne. Car de temps à autre, le “Fou chantant” venait retirer ses billets de train à l’agence de voyages. Quand il ne posait pas, boules de pétanque à la main, pour un de nos confrères. « Charles Trenet était un habitué de notre agence de voyages. Mais plutôt du côté de Perpignan, où il résidait fréquemment lors de ses séjours sudistes. « A plusieurs reprises, cependant, il a fréquenté le rez-de-chaussée du 21 cours de la République, où il venait retirer, dans les années quatre-vingt, son billet de wagon-lit pour Paris. A cette époque-là, c’est Andrée Baby, responsable de ce service, qui le recevait. Intimidée par ce grand personnage, elle le trouvait “sympathique, décontracté et simple”. Mais, ajoute-t-elle, à propos de ce cliché que nous avons conservé de l’un de ses passages à Narbonne, “nous avions souri, lorsqu’il avait sorti un peigne de sa poche avant d’être photographié. On sentait qu’il était très attaché à son image.” Qui a rendez-vous avec la lune… «Andrée a par ailleurs gardé en tête une jolie anecdote concernant le poète. “Je me promenais avec mon neveu de 5 ans et nous l’avons rencontré. Je ne l’ai pas reconnu sur le moment. Mon neveu, oui. Et ignorant son nom, il m’a dit “Regarde marraine, c’est le soleil qui a rendez-vous avec la lune !“. Le grand quotidien de Montpellier se pose une question : « Pourquoi le site web de Midi Libre n’est-il pas aussi complet que l’édition papier ? «Nous avons fait le choix de ne diffuser qu’une sélection – entre 5 et 10 % – des articles publiés dans les 18 éditions de Midi Libre. A l’avenir, nous envisageons de donner la possibilité aux internautes d’accéder à la totalité des articles ainsi qu’aux archives du journal, mais dans ce cas le service devrait être payant.» Pour l’instant, Le Midi Libre livre une (petite) partie du site de son associé le Monde. C’est déjà ça!


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