Cloud européen : Euclidia, une alternative radicale à Gaia-X ?

Influencer le financement et l’accès aux marchés publics de technologies cloud de pointe « fabriquées en Europe » c’est l’objectif d’Euclidia.

Elles plaident pour une stratégie européenne du cloud axée sur un écosystème renforcé, promu et financé d’acteurs locaux. 23 entreprises européennes** des technologies cloud et open source, parmi lesquelles Abilian, BlueMind, Jamespot, Rapid.Space et Scaleway, ont récemment annoncé la formation de la European Cloud Industrial Alliance (Euclidia).

Tous les membres du collectif sont européens, comme la majorité de leur actionnaires.

L’association, orientée cloud et logiciels open source, est soutenue par les organisations à but non lucratif ** CNLL, EANGTI, Fond de dotation du Libre et OW2. Les initiateurs du projet veulent ainsi promouvoir « l’indépendance numérique et l’autonomie stratégique » du continent, et soutenir ses « innovateurs » et PME. Il s’agit en outre d’influencer les politiques publiques pour permettre « d’accélérer l’adoption et le développement de technologies cloud de pointe fabriquées en Europe. » Et ce dans le respect d’avancées en matière de protection de la vie privée et de concurrence « loyale », tout en permettant aux industries européennes de l’informatique en nuage d’être « compétitives. »

Bref, édifier un cloud européen qui dépende moins de multinationales basées, pour la plupart, aux États-Unis, et de l’extraterritorialité du droit américain en la matière.

Quel cloud de confiance ?

« Il s’agit en premier lieu de rectifier la perception du gouvernement et des grands donneurs d’ordres en France et en Europe, quant à la réalité de l’offre européenne en matière de cloud computing », explique à la rédaction Stéfane Fermigier, dirigeant fondateur d’Abilian et président du CNLL. « Les acteurs du cloud européen ont des offres performantes qui répondent au besoin dès aujourd’hui. L’offre ne se limite pas à OVHcloud, et le recours aux logiciels étatsuniens (ou chinois) ne s’impose pas par défaut. Il devrait être l’exception plutôt que la règle – implicite – comme c’est le cas actuellement. »

Euclidia marque donc ainsi sa différence avec l’initiative Gaia-X. Cette dernière étant davantage axée sur la localisation en Europe de services cloud sécurisés et sur des partenariats entre grands comptes européens et internationaux, américains en tête.

Mais, cela n’empêche pas certains membres d’Euclidia d’être aussi membres de Gaia-X.

Aussi, pour les promoteurs d’Euclidia, l’Europe doit se donner les moyens de « concurrencer les États-Unis et la Chine sur un pied d’égalité ». Le collectif plaidera donc pour « un accès réciproque aux marchés publics et le financement public en Europe d’au moins 10 plateformes cloud de pointe basées sur des technologies européennes. »

(crédit photo © Shutterstock)

*Abilian, Amarisoft, Beremiz, BlueMind, Clever cloud, E.corp, Jamespot, Innoroute, Linbit, Netframe, Nexedi, Nextcloud, ng-voice, Nitrokey, OpenSVC, Patrowl, Rapid.Space, Scaleway, SenX, Signal18, Submer, Vates et XWiki.

**Le Conseil national du logiciel libre (CNLL), l’Association européenne des innovateurs en télécommunications de nouvelle génération (EANGTI), le Fond de dotation du Libre (FDL) et OW2.