French Tech : Fleur Pellerin rêve d’une Silicon Valley tricolore

Régulations

La ministre de l’Economie numérique lance une initiative visant à assurer une meilleure visibilité à nos start-up à l’étranger. D’où le lancement d’une « marque France » à la consonance très globish. Objectif : positionner la French Tech sur l’échiquier mondial de l’innovation face à la Silicon Valley bien sûr, mais aussi face à la Tech City de Londres.

Présentés sous la forme d’un prolongement du plan Innovation, les « quartiers numériques » se transforment en mobilisation pour la « French Tech ». Fleur Pellerin, ministre en charge des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, a présenté ce nouveau dispositif visant à faire rayonner la French Touch des jeunes pousses à l’international. Quitte à sacrifier la langue française : « think global ».

Quels sont les enjeux de la French Tech présentée comme une dynamique collective selon Fleur Pellerin ? « Rassembler des métropoles françaises avec un dynamisme entrepreneurial, porteuses d’un projet ambitieux, fédérateur et véritablement transformateur en faveur de leurs entrepreneurs numériques, à même d’attirer les talents du monde entier ! », peut-on lire sur le dossier de présentation disponible sur le site du ministère du Redressement productif.

« L’objectif, c’est de tout faire pour que les prochains Google naissent et se développent ici, en France et en Europe ! », s’exclame Fleur Pellerin. La ministre espère l’émergence de « 10 voire 100 Criteo même » en référence au spécialiste français de la publicité ciblée sur Internet qui est entré fin octobre sur le Nasdaq.

Halle Freyssinet : le porte-drapeau

La French Tech est structurée autour de trois axes : labellisation de quelques métropoles porteuses d’un écosystème numérique de niveau international (l’appel en région sera publié en décembre), investissement de 200 millions d’euros dans des initiatives privées (comme des programmes d’accélération de start-up, sujet qui fera l’objet d’une consultation publique sous forme de « boîte à idées » puis d’un appel à manifestation d’intérêt) et promotion de la « French Tech » (15 millions d’euros).

« Il faut accroître la visibilité et l’attractivité de l’écosystème français, faire de la France la destination privilégiée des talents de l’innovation, il ne faut pas tomber dans le défaut français du savoir-faire sans le faire savoir », a déclaré la ministre dans son discours.

Ainsi, le futur incubateur numérique de La Halle Freyssinet à Paris, dont l’ouverture est attendue à l’horizon 2016 – 2017, sera à la fois l’étendard international de la French Tech et son point de ralliement national, avec, en son sein, des espaces d’accueil proposés par la Caisse des Dépôts aux start-up issues des écosystèmes en région labellisés French Tech. Pour se distinguer de la Silicon Valley en Californie ou à la Tech City de Londres, la French Tech ne représente pas une seule zone géographique circonscrite mais une « équipe nationale d’écosystèmes numérique régionaux mis en réseau, chacun restant porteur de sa propre identité ».

Prière de suivre… Par ce schéma, qui entre dans une forme d’aménagement numérique du territoire, Fleur Pellerin considère qu’elle évitera de « créer une fracture régionale par l’innovation ».

Les financements associés à la French Tech s’inscrivent dans la deuxième génération des Programme d’Investissements d’Avenir. L’initiative s’appuie sur une combinaison d’acteurs comme la Caisse des Dépôts, Bpifrance, Ubifrance et l’Agence Française pour les investissements internationaux. Le pilotage est assuré par la Mission nationale French Tech au sein du Ministère délégué à l’économie numérique.

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