Tony Parkinson (Dell) voit des serveurs ARM par dizaines de milliers

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Dell voit des serveurs ARM par dizaines de milliers

Dell figure parmi les premiers fabricants à présenter des serveurs embarquant la technologie CPU ARM. Mais en réponse à quelles stratégies, pour quels utilisateurs, à quelle place dans l’offre Dell, à quel prix, et géré comment ?

Après nous avoir présenté le nouveau serveur ARM de Dell, encore en cours de développement (Révolution ARM : Dell présente son premier serveur ARM), Tony Parkinson, vice-président & general manager, EMEA enterprise solutions de Dell, a répondu à nos questions.

Silicon.fr – L’adoption de la plateforme ARM est-elle le prélude à de nouvelles stratégies pour Dell ?

Tony Parkinson – Non, elle s’inscrit plutôt dans le prolongement de notre stratégie. Nous avons un partenariat de très longue date avec Intel et nous allons continuer. De même nous sommes partenaires d’AMD. Nous voyons nos clients déployer de plus en plus de serveurs. Et parmi les fabricants de CPU, ARM est très présent, notamment dans l’industrie. La compétition dans le CPU ne peut qu’être bonne pour le marché, mais cela ne change rien dans notre relation avec Intel ou AMD, et nous allons continuer de travailler très étroitement avec eux. De plus, ARM concernera des segments spécifiques du marché, mais pas son axe principal x86. Et puis, cela va dans le sens que nos clients nous invitent à suivre.

Vous ciblez le web et Hadoop, autant de domaines qui tirent profit de la parallélisation. Mais qui seront les premiers utilisateurs de vos serveurs ARM ?

Nous ne savons pas encore, nous sommes en phase de développement. Plus précisément au tout début de nos étapes de développement et de tests. L’écosystème des serveurs ARM pourrait être différent de celui des serveurs x86. Nous voyons de gros développements de cette technologie, mais il est encore trop tôt pour en parler. Surtout que la plateforme serveur peut changer. Notre outil de production en temps réel saura s’adapter.

Peut-on cependant voir les serveurs ARM comme le chaînon manquant entre les architectures x86 et RISC ?

C’est une bonne question… En fait, nous ne voyons pas UNIX tourner sur des serveurs ARM. Ce sera en tout cas difficile pour l’industrie d’adopter cette approche. Nous voyons plutôt la consolidation de plateformes qui embarquent de nombreux workloads, demandant une forte densité et un coût plus réduit. La fréquence des CPU ARM reste raisonnable, le jeu sera plutôt de multiplier les processeurs.

Le chaînon manquant ? C’est difficile à imaginer, nous y voyons plutôt une plateforme différente sur laquelle nos clients pourront développer des applications différentes des traditionnelles applications Wintel (Microsoft Windows/Intel) et très spécialisées. La plateforme x86 a atteint un haut niveau de maturité, elle est très scalable et restera mainstream. Nos clients l’aiment et je n’imagine pas que cela change. Je ne pense pas que nous assisterons à la disparition d’autres plateformes…

Et quel sera le delta entre les serveurs ARM et les serveurs x86 ?

Il est difficile de les comparer et il est trop tôt pour pouvoir répondre à votre question. La technologie ARM aura certainement une incidence sur le prix des serveurs destinés à l’hébergement web, avec sa capacité d’embarquer des milliers, voire dix à vingt mille serveurs dans une infrastructure adaptée. Et puis en l’absence d’applications il est trop tôt pour mesurer la performance par watt. Nos clients ne prendront pas de décision tranchée dans l’immédiat.

Les serveurs ARM seront-ils pilotés par vos outils d’administration du datacenter ?

Oui. C’est déjà le cas pour le provisioning, pour les mises à jour, pour Hadoop et pour le cloud. C’est indispensable pour gérer des milliers et des milliers de serveurs.


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