La stratégie quasi-terroriste du ‘venture’ brevets

Régulations

Un nouveau type de ‘start-ups’ a fait son apparition aux Etats-Unis: ce sont ces sociétés qui misent exclusivement sur les brevets afin de profiter d’une nouvelle forme de terrorisme intellectuel

Ce n’est pas un poisson d’avril… Une nouvelle forme de

business a fait son apparition depuis quelques mois aux Etats-Unis : elle profite des failles rencontrées dans le système américain des brevets afin de dénicher celui qui permettra de faire valoir ses droits sur une technologie largement implantée et qui paraissait acquise. Ainsi en est-il des affaires SCO contre IBM pour Linux, de Sun contre Microsoft pour Java, d’Acacia sur la diffusion de vidéos en ligne, d’Intergraph contre Intel, de Kodak contre Sony -et réciproquement- pour la photo numérique, de Lexar Media contre Toshiba pour la fabrication de mémoires ‘flash’, ou de Fujitsu contre Samsung pour les écrans plasma, etc. Le principe de ce nouveau business est simple: être propriétaire d’un brevet, même au contenu douteux ou ne respectant pas les règles d’antériorité, et poursuivre au pénal des sociétés qui exploiteraient jusqu’ici innocemment ces technologies. But du jeu: en tirer un maximum de dollars. Un modèle économique simple, qui attise les convoitises, car les sommes à gagner sont considérables par rapport à l’investissement initial, marginal. Les dernières affaires ayant abouti ont permis de rentrer en ‘cash’ entre 500 millions et 1 milliard de dollars, voire plus? A ce petit jeu, les financiers ne sont pas les derniers, puisqu’ils seraient complices. Plusieurs fonds d’investissement se sont créés afin de financer des start-ups dont le seul intérêt serait de disposer d’un brevet au fort potentiel ‘terroriste’. Quant aux créateurs de ces fonds ou de ces start-ups, ce sont en majorité des cadres de la Silicon Valley. Comme Peter Detkin, le responsable des brevets et licences d’Intel qui est aujourd’hui le directeur du fonds Venture LLC spécialisé dans les acquisitions de sociétés de brevets, ou Ronald Laurie, un vétéran de la Silicon Valley, qui s’est installé comme consultant en stratégie de rentabilisation de brevets. Mais le plus emblématique de ce nouveau modèle économique semble être Nathan Myhrvod. Ce CTO (chief technology officer) de Microsoft, précédemment chief software architect, a créé Intellectual Ventures: il présente sa firme comme “une société privée spécialisée dans l’invention et l’innovation“. En d’autres termes, un fonds pour racheter des brevets susceptibles de faire payer industriels et consommateurs.


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