Projet Maven : les salariés de Google refusent le « business de la guerre »

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Plus de 3 000 salariés ont signé une pétition envoyée à Sundar Pichai, leur PDG, pour demander l’annulation de la participation de Google à un projet du Pentagone.

« Don’t be evil ». « Ne faites pas le mal ». Des employés de Google ont rappelé à leur entreprise la devise maison. Plus de 3 100 d’entre eux ont signé une pétition envoyée à leur PDG, Sundar Pichai, afin de demander à ne plus participer au projet Maven du ministère américain de la Défense.

Ce projet vise à utiliser l’intelligence artificielle pour décrypter les millions d’heures de vidéo enregistrées par les drones militaires. Comme l’avait révélé début mars le site Gizmodo, l’Armée fait appel à TensorFlow, le moteur d’apprentissage profond de Google, afin d’identifier sur ces images des individus ou des bâtiments recherchés.

Dans la lettre dont le New York Times s’est procurée, les employés de Google estiment que leur entreprise ne doit pas être impliquée dans « le business de la guerre » et que la participation à ce projet nuit à son image. Ils demandent à ce qu’une politique claire soit définie précisant que ni Google ni ses sous-traitants ne collaborent à la conception de technologies de combat.

Microsoft et Amazon, fournisseurs du Pentagone

Parmi les dix principes fondamentaux édictés par Google, le géant du web indique que l’ « on peut gagner de l’argent sans vendre son âme au diable ». Cette règle s’entend toutefois dans la diffusion d’annonces publicitaires et non pour l’ensemble des technologies conçues par la firme de Mountain View.

En réponse à cette pétition, la direction de Google a précisé qu’elle travaillait sur une partie du projet et seulement à des fins non offensives. Maven étant notamment utilisé pour lutter contre le terrorisme.

Une explication qui n’a pas convaincu les pétitionnaires qui ont rappelé qu’une technologie pouvait, une fois livrée, être utilisée à d’autres fins, létales en l’occurrence. Le fait que Microsoft et Amazon travaillent également avec le ministère de la Défense n’est pas non plus, à leurs yeux, un argument recevable.

Les liaisons dangereuses entre Google et l’armée ne sont pas nouvelles. Alphabet, la maison mère de Google, avait racheté en 2013 Boston Dynamics, une société développant entre autres des robots intervenants sur les théâtres de guerre, avant de la revendre en juin dernier au japonais SoftBank. Enfin comme le signale Le Monde, Eric Schmidt, ancien président d’Alphabet, siège au comité innovation du ministère de la Défense.

(Copyright U.S. Department of Defense, Boston Dynamics)

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