Petro : la cryptomonnaie du Venezuela est-elle opérationnelle ?

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Le Venezuela a adossé sa monnaie nationale au petro. Mais la cryptomonnaie n’est vendue sur aucune plateforme majeure d’échange, selon Reuters.

Embourbé dans une crise économique et sociale d’ampleur, le Venezuela a récemment adossé sa monnaie nationale, le bolivar, au petro. La cryptomonnaie a été lancée en début d’année par le gouvernement socialiste pour relancer le pays. En contournant le manque de liquidités et les sanctions financières imposées par les États-Unis. Un succès ?

Chaque petro, qui équivaut à environ 60 dollars, selon ses promoteurs, est indéxé sur le prix du baril de pétrole brut vénézuélien, soit 3 600 bolivars souverains.

En mars dernier, la présidence de Nicolas Maduro déclarait déjà 3 milliards de dollars d’intentions d’achat de la monnaie virtuelle.  Mais les sanctions imposées par les États-Unis excluent le petro de toute transaction. Par ailleurs, une enquête de terrain menée par l’agence Reuters relève « peu d’indices d’un commerce prospère du petro ».

« La cryptomonnaie n’est vendue sur aucune plateforme majeure d’échange de cryptomonnaies. Et aucun magasin n’est connu pour l’accepter », a rapporté l’agence de presse, dont le siège social est basé à Londres.

En outre, l’entité gouvernementale appelée à encadrer le petro n’aurait toujours pas de présence physique au ministère des Finances vénézuélien qui devrait l’accueillir…

Chantier d’avenir ?

Hugbel Roa, ministre de l’Éducation universitaire, des sciences et des technologies, s’est lui-même exprimé sur ce dossier. Il a déclaré à Reuters que « personne n’a été en mesure de faire usage du petro… et qu’aucune ressource n’a été reçue », jusqu’ici.

Le Venezuela travaillerait encore au développement de sa propre technologie blockchain. Et, plutôt que d’acquérir des jetons dès à présent, les acheteurs de petro en réserveraient pour l’avenir.

(crédit photo : ruurmo on Visual Hunt / CC BY-SA)

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