Restlet gère les mises en production des API dans le Cloud

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Désormais présidée par le co-fondateur de Talend Bertrand Diard, Restlet franchit l’Atlantique pour s’inventer un modèle économique global : une plate-forme Cloud de gestion des mises en production d’API.

Après avoir emmené Talend aux portes de l’entrée en bourse (c’est prévu pour 2016), le Français Bertrand Diard, qui n’a plus de fonctions opérationnelles au sein de l’éditeur Open Source qu’il a co-fondé avec Fabrice Bonan en 2005, se cherche de nouveaux défis. En plus d’une réflexion sur le lancement d’une nouvelle société – projet encore confidentiel -, l’entrepreneur est devenu, il y a quelques mois, le président exécutif de Restlet, une société créée en 2005 et qui a développé un framework Open Source de développement d’API. « Il fait partie des 3 principaux produits dans le monde sur le sujet », assure Bertrand Diard, qui cite le chiffre de 20 000 téléchargements par semaine. Restlet revendique une communauté de 100 000 développeurs.

Un résultat plus qu’encourageant pour une société qui s’est développée sur fonds propres, misant sur des activités de conseil pour assurer sa pérennité. « Nous sommes désormais entrés dans une seconde phase de développement. Il y a un an et demi, la société comptait 3 personnes. Aujourd’hui, nous sommes une vingtaine, dont une équipe de R&D d’une quinzaine de personnes à Nantes », dit Jérôme Louvel, le Pdg de Restlet (baptisé ‘Chief Geek’ dans la terminologie maison, très marquée par la culture développeurs). En parallèle, la société française a ouvert des bureaux dans la Silicon Valley, Jérôme Louvel ayant déménagé sur place il y a un an, et levé 4 millions de dollars en amorçage (auprès de Siparex et CapDecisif). Une nouvelle phase de développement associée à l’arrivée de l’ex-Pdg de Talend, qui défend la R&D française, tant pour sa qualité que pour son coût très inférieur au niveau affiché dans la Silicon Valley, mais qui voit manifestement la Mecque californienne des technologies comme un passage obligé pour des éditeurs de logiciels visant à prendre une place sur le marché mondial.

AWS pour encaisser les pics de charge

L’autre inflexion majeure pour Restlet réside dans l’invention d’un nouveau modèle économique, tournant autour d’une plate-forme Cloud que l’éditeur Open Source vient de lancer : APISpark, un Paas gérant la mise en production des API et les problématiques de sécurité, de performances ou encore de synchronisation de données associées. APISpark renferme aussi un studio permettant de créer des API directement depuis un navigateur, sans avoir à maîtriser des langages comme Swagger, RAML, JSON ou YAML, assure la société.

« L’infrastructure est basée sur AWS, la plate-forme est donc scalable à l’infini, pour encaisser les pics de charge », assure Bertrand Diard. La plate-forme, reposant sur la base de données NoSQL Cassandra, est gratuite jusqu’à 10 appels/seconde sollicitant l’API. Au-delà, Restlet propose différents forfaits correspondant à des seuils. Forfaits qui intègrent les coûts de l’infrastructure Cloud d’Amazon Web Services. « Le marché est énorme, assure Bertrand Diard. Nous ciblons tant la petite API spécialisée que des acteurs mondiaux comme Netflix (qui a pour l’heure développé sa propre plate-forme de gestion d’API, NDLR). Il y a quatre ou cinq ans, le marché se limitait à quelques dizaines de milliers d’API. Aujourd’hui, on parle en milliards. » Selon l’entrepreneur, APISpark compte déjà quelques milliers d’utilisateurs. Dont des entreprises affichant des besoins évolués comme Canal+ Overseas (réunissant les activités du groupe dans l’outre-mer, en Afrique et en Pologne) qui y gère l’API de configuration de son apps mobile MyCanal (environ un million d’abonnés).

Créer des API directement sur le Paas

Le pari de Restlet ? Se positionner comme la plate-forme permettant d’industrialiser les mises en production et la gestion du cycle de vie de ces innombrables interfaces. APISpark gère les règles de sécurité (firewall, droits d’utilisation…), propose des tableaux de bord (logs, taux d’erreur) ainsi qu’une gestion du cycle de vie de l’application. « La plate-forme supervise plusieurs versions en même temps, assure qu’une API publiée ne puisse plus être modifiée et offre un mode déprécié permettant d’inciter les utilisateurs à migrer vers la dernière version », détaille Jérôme Louvel. La société travaille aujourd’hui sur l’ergonomie de son Paas ainsi que sur des fonctions d’automatisation de la création d’API. Si APISpark intègre déjà des options de création d’API depuis des jeux de données, Restlet entend les enrichir en proposant des fonctions permettant de croiser, directement sur le Paas, plusieurs sources de données (afin d’éviter la multiplication d’API synonyme de dégradation de performances) et de définir des règles métier.

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