SSII : Groupe Open donne la priorité à ses marges

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Groupe Open – 3 250 personnes – affirme vouloir se tenir à l’écart des grands rachats qui agitent le marché des SSII pour se concentrer sur l’amélioration de sa marge.

La SSII Groupe Open, dirigée par le président de Syntec Numérique Guy Mamou-Mani et par Frédéric Sebag, termine le premier semestre 2014 en progrès, avec notamment un chiffre d’affaires en hausse de 5,5 % (4 % en organique), à 132,5 millions d’euros. Un niveau bien supérieur à la moyenne du marché (dont la progression devrait être limitée à 1 % sur l’année). Sur le semestre, Groupe Open a également mis la main sur Smart Trade Services, une petite activité de conseil et services spécialisée dans la finance de marché (75 personnes, un CA de 7 millions d’euros, rachetée pour un peu plus de 2,5 millions). Précisément le type de cibles qui intéresse Open, assure Guy Mamou-Mani (en photo), qui affirme que la société employant 3 250 personnes entend rester à l’écart des grands rachats que connaît actuellement le marché des services informatiques. « On ne reviendra pas à de grandes opérations structurantes », tranche le co-président de la société.

Une affirmation logique car Groupe Open a mis du temps à digérer les rachats de Teamlog et Sylis en 2008. Au cours de ces années difficiles, le groupe s’est allégé (à l’époque le groupe pesait 330 millions d’euros et employait 4 000 personnes). Et a traversé une longue période de vaches maigres côté rentabilité. Les séquelles de cette période se lisent encore dans la marge opérationnelle. A 3,6 % au premier semestre, celle-ci est certes en net progrès sur un an (2,7 % sur les six premiers mois de 2013), mais reste très éloignée des poissons pilotes du marché des services informatiques. Neurones (177 millions au S1) affiche ainsi une rentabilité insolente (9,3 % de marge opérationnelle). GFI (387 millions d’euros, 5,2 % de marge) et Devoteam (216 millions, 3,3 %) présentent des ratios plus comparables à ceux de Groupe Open. « Restaurer les marges prend du temps », commente Guy Mamou-Mani.

Déménagement hors de Paris = économies

Mais c’est clairement la priorité du groupe, qui promet pour 2015 une « forte augmentation » de sa marge opérationnelle. La SSII s’est fixé un objectif de 6 % en 2016. « Aujourd’hui, on doit pouvoir faire mieux », glisse Guy Mamou-Mani, estimant que sa société a déjà effectué les investissements nécessaires pour y parvenir. Groupe Open compte notamment sur la réduction de coûts pour y parvenir, via le déménagement du siège hors de Paris (à Levallois-Perret, 500 000 euros d’économies) et via la réduction des « derniers foyers de perte à l’international ».

Surtout, la SSII – ou ESN (Entreprise de Services Numériques, la terminologie que privilégie désormais le Syntec Numérique) – mise sur son développement sur de nouveaux marchés, autour de la gestion des marques (e-réputation), de la relation client, des produits ou services connectés ou des innovations de processus. « Des sujets dépassant la simple révision des SI en place », résume Frédéric Sebag. Selon les chiffres d’IDC, la mobilité, le Cloud, les réseaux sociaux, la sécurité et les applications analytiques – qui sous-tendent les projets dits de transformation digitale des entreprises – représenteront, en 2014, 10,7 % du marché total des services, en croissance de 22 % sur un an. « Dans le même temps, le reste du marché est en décroissance », observe Guy Mamou-Mani. De 0,8 % en 2014, après un recul de 1,8 % en 2013, toujours selon IDC.

Combiné à son modèle de centres de services en nearshore (majoritairement en Province), ce positionnement sur ces marchés émergents fournit à Open « un début de différenciation sur son marché », veut croire Guy Mamou-Mani. Au premier semestre, la SSII a réalisé environ 10 % de son chiffre d’affaires sur les segments émergents de la mobilité, du Cloud, de l’analytique, des réseaux sociaux et de la sécurité. Proportion appelée à croître au second semestre, assurent ses dirigeants. Groupe Open réalise environ deux tiers de son activité dans les services applicatifs et un tiers dans l’infrastructure.

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