Gerald Pfeifer, SUSE : « les utilisateurs se focalisent trop sur les numéros de version »

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Gerald Pfeifer, SUSE © Silicon

Le support de SUSE Linux passe de 10 à 13 ans. L’occasion de faire un point sur les activités de backporting de l’éditeur, consistant à amener des améliorations d’une nouvelle version du noyau Linux vers une mouture antérieure utilisée dans SLE, en compagnie de Gerald Pfeifer, directeur senior Product Management et Operations.

De notre envoyé à Buena Vista Lake – La dernière des annonces faites lors de la rencontre SUSECon 2013 de Buena Vista Lake (Floride) concernait la durée de support de l’OS SUSE Linux Enterprise (SLE), qui passe de 10 ans (7 ans de support général et 3 ans de support étendu) à 13 ans (10 ans de support général et 3 ans de support étendu).

Pour Nils Brauckmann, président et general manager de SUSE, cela reste une annonce importante, mais pas majeure. « Elle vient en réaction aux demandes de nos clients et partenaires », précise-t-il.

Même constat pour Gerald Pfeifer, directeur senior Product Management et Operations chez SUSE (notre photo), qui précise d’ailleurs que la société a toujours répondu positivement aux demandes de rallonge de durée de support de ses grands clients, via des accords spéciaux. L’annonce d’aujourd’hui ne fait donc que graver dans le marbre un nouveau standard en terme de durée du support en vigueur chez SUSE.

Gerald Pfeifer signale également que le programme SUSE SolidDriver vient d’être relancé. Ce dernier permet aux partenaires de la société de s’assurer que leur matériel reste compatible avec SUSE Linux Enterprise lorsqu’une mise à jour du noyau Linux est diffusée.

L’inutile dictature des numéros de version

En principe, le numéro de version du noyau Linux d’une mouture donnée de la SLE ne change pas (ou peu), la société se bornant à “backporter” (réimplanter) les patches de sécurité des nouvelles versions du kernel vers celle – plus ancienne – utilisée au sein de l’OS. C’est une grande partie du travail effectué par SUSE. « C’est une tâche intéressante. Un challenge intellectuel associé à la volonté d’aider le client », explique notre interlocuteur.

Toutefois, à force de “backporter” correctifs – voire de nouvelles fonctionnalités – d’un noyau 3.x vers un noyau 2.6, peut-on encore parler de kernel 2.6 ? Non, selon Gerald Pfeifer, qui estime que le résultat se situe en fait un peu entre les deux.

« Les utilisateurs se focalisent trop sur les numéros de version », nous confie-t-il. Et de nous rappeler que les points importants sont les fonctionnalités, la qualité et la solidité du système proposé et non pas l’invariance du numéro de version des logiciels le composant.

Avec SLE 11 SP2, SUSE a livré un noyau 3.0. Du moins presque… Car de la même façon que le noyau 2.6.32 de SLE 11 SP1 était modernisé par le “backporting”, le 3.0 de SLE 11 SP2 voit sa compatibilité 2.6 augmentée par des opérations de ‘forwardporting’, ce qui au final revient un peu au même.

Notez que nous avons précédemment parlé de ce sujet avec Jean Delvare, ingénieur noyau chez SUSE. Voir à ce propos notre article « Jean Delvare (SUSE) : L’arrivée de Linux 3.0 dans SLE 11 SP2 a fait beaucoup de bruit ».

Crédit photo : © Silicon


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