Windows 7: quatre entreprises françaises en 'bêta test' témoignent…

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Retours du terrain par des responsables informatiques d’entreprises ayant testé ‘Seven’ depuis plusieurs mois. Plutôt enthousiastes. Et très sévères à l’égard de Vista…

Au cours d’une réunion d’échange intitulée “Windows 7 et l’entreprise”, Microsoft France a invité ce 27 mai un panel de quatre entreprises utilisatrices témoins. Objectif : apporter des retours d’expérience d’entreprises qui ont essayé très tôt le nouveau système d’exploitation : Bouygues, Crédit Agricole, Systalians et Elior.

Des ‘Seven’ moins gourmands qui s’emboîtent

La configuration minimale requise pour Seven est moins exigeante que pour Vista : un processeur cadencé à 1 GHz, y compris en mono-processeur (les Netbook et miniPC en ligne de mire…), 1 Go de mémoire (32-bits ou 2 Go en 64 bits), 16 Go de disque.

Pour la première fois, Microsoft propose une gamme en forme de «poupée russe». En effet, chaque version supérieure ajoute des fonctions à la précédente. Ainsi, Windows 7 Entreprise ou Ultimate (équivalentes, mais proposées avec des licences différentes) complètent l’édition Professional, elle-même un sur-ensemble de Home Premium. Enfin, Windows 7 Starter est destiné aux constructeurs et aux mini-PC portables. Avantage de la formule: le DVD d’installation est commun, et c’est le code de licence qui détermine les droits, donc la version avec les fonctions à installer. Eh non, ce n’était pas le cas ni avec XP, ni avec Vista…

Outre les innovations déjà évoquées ici sur Silicon.fr, on notera la machine virtuelle avec une licence XP Pro SP3 livrée avec Windows 7 pour pallier d’éventuelles incompatibilités, par exemple. On rappellera aussi Direct Access ouvrant à l’utilisateur nomade l’accès transparent au réseau de sa société sans avoir à déployer de VPN, mais avec une sécurité identique (selon Microsoft). La technologie ‘Branch cache‘ jouant au jeu du proxy avec Windows Server 2008 pour transférer plus vite les fichiers (entre le siège et les agences par exemple) – ce qui économise donc la bande passante pour une meilleure disponibilité du réseau.

Quatre entreprises ‘early-adopters‘ plutôt satisfaites

Microsoft indique que 30 entreprises françaises “partenaires” se sont inscrites au programme d’adoption anticipée de Windows 7, très en amont, dès la phase de bêta-test. Quatre d’entre elles ont témoigné sur leur intérêt pour le futur OS. Bien que Microsoft ait certainement sélectionné ces sociétés, certaines ne se sont pas privées d’épargner Vista.

Elior, spécialiste de la restauration présent dans 14 pays avec 14.000 restaurants et points de restauration, doit bientôt renouveler son parc informatique, dont la plus grande partie se trouve dans les restaurants. Un choix délicat, car il engage la société sur quatre à cinq ans, cycle de renouvellement du matériel. “Nous avions déjà travaillé à la compatibilité de nos applications métier sous Vista. Nous avons vérifié avec succès la continuité de compatibilité avec Windows 7. Par ailleurs, nous devions aussi nous assurer du support des opérations de caisses enregistreuses. Tout est prêt et nous commencerons le déploiement de Windows Seven en fin d’année ou début 2010 !” explique Didier Guérin, responsable informatique chez Elior.

Pour Jean-Philippe Blanchard, responsable du pôle innovation et performance industrielle du Crédit Agricole, pas de pitié ! “J’aime aborder la migration des OS à la façon d’un criminologue. Ainsi, comme le répètent sans cesse Les experts, les trois points qui confirment la culpabilité d’un individu[Windows 7] sont qu’il a : le mobile[pour tuer Vista], les moyens, et l’opportunité”. Le mobile, c’est la conjoncture; Windows 7 améliore le retour sur investissement avec un besoin moindre en ressources (des arguments qui empêchaient de songer à Vista au Crédit Agricole). Les moyens : améliorations du déploiement, de la sécurité et de l’administration. L’opportunité : “Nous réfléchissons depuis un an à l’utilisation d’écrans tactiles de typeSurface[Microsoft] pour la publicité sur les lieux de vente. Un aspect tactile que nous envisageons aussi pour améliorer la relation commercial-client à travers un écran tactile collaboratif.

En effet, Windows 7 intègre aussi la gestion des écrans tactiles. “Cependant, nos nombreux postes de travail sous XP et Windows 2000 vont subsister pendant un certain temps encore, avant que nous puissions avoir le trio mobile-moyens-opportunité pour les faire disparaître”, s’amuse Jean-Philippe Blanchard.

Chez Bouygues, Windows 7 semble une évidence. “Outre les problèmes de drivers et de compatibilité, Vista réclamait des ressources importantes sur chaque poste de travail. Or notre groupe totalise 68.000 PC ! Toutefois, nos utilisateurs très ‘digital native’ [nés avec les technologies] ne supportent plus d’attendre l’affichage d’écrans et d’utiliser des applications moins rapides et moins fluides que chez eux”, constate tristement Philippe Marcillière, de la direction informatique chez Bouygues, avant de poursuivre plus optimiste : “Avec Windows 7, nous sommes heureux du bon ROI possible, de l’ergonomie te de la simplicité. Côté performances, le résultat est également satisfaisant, avec des retours très positifs des utilisateurs. Nous apprécions fortement la recherche fédérée. Enfin, la stabilité est au rendez-vous puisque nous n’avons pas rencontré de bogue particulier.”

Chez l’éditeur de logiciels financiers Systalians, la migration vers un nouveau système d’exploitation va enfin pouvoir commencer grâce à Windows 7. “Nous travaillions depuis plusieurs mois à la migration de notre environnement Windows 2000 vers Vista et Windows Server 2008. Malgré une bonne compatibilité, la migration vers Vista était freinée par la vision très négative de cet OS par nos dirigeants“, explique Jean-François Néron, responsable du poste de travail chez Systalians. “Avec l’arrivée de Windows 7, les performances et la stabilité sont au rendez-vous. La compatibilité pour 300 de nos applications s’est révélée positive à 95 %, y compris celles développées en interne. Les incompatibilités proviennent surtout de logiciels touchant au noyau, comme notre client d’accès distant.”


Auteur : José Diz
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