Avec Vitis, Netgem se mue en fournisseur d’accès Internet fibre

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Détenu par Netgem, le nouvel opérateur Vitis entend s’appuyer sur les réseaux d’initiative publique pour déployer ses offres à très haut débit.

Hasard du calendrier. A peine la Commission européenne validait le mode de financement du Plan France Très Haut Débit qu’un nouvel opérateur « fibre » voyait le jour. Netgem, la Caisse des Dépôts et Océinde annoncent, ce mercredi 9 novembre, le lancement de Vitis.

Alimenter les RIP

Ce nouvel opérateur fixe entend se distinguer des autres sur deux points. Le premier est qu’il ne déploiera pas son propre réseau mais s’appuiera sur les infrastructures existantes pour opérer ses services. Le second est qu’il entend visiblement se limiter aux seuls réseaux d’initiative publique (RIP) pour commercialiser ses offres d’accès. Autrement dit les réseaux déployés à l’initiative des collectivités dans les zones peu denses où les opérateurs nationaux ne tirent généralement pas de fibre. A ce jour, Vitis est présent sur une vingtaine de communes de cinq départements (Nord, Charente, Essonne, Seine-et-Marne et communauté de communes du Pays Créçois,).

Une façon pour ce nouveau FVNO (Fiber Virtual Network Operator) d’éviter une concurrence frontale avec les grands acteurs du secteur tout en valorisant les réseaux des collectivités trop souvent délaissés des opérateurs nationaux. Aujourd’hui, pas moins de 93 dossiers ont été déposés auprès de l’Agence du numérique pour déployer des RIP dans une centaine de départements d’ici à 2022. Une base solide pour déployer des offres de connexions en très haut débit.

Pour le reste, Vitis proposera les mêmes services triple-play que l’on trouve chez SFR, Orange, Free ou Bouygues Telecom, l’offre mobile en moins. Pour palier l’absence non négligeable de ce service, l’opérateur joue la carte de l’offre audiovisuelle avec videofutur, un service d’accès aux chaînes de TV et à plus de 20 000 programmes en vidéo à la demande (VOD), sur abonnement (SVOD), replay, TV et applications issus d’éditeurs française, européens et américains. Une sorte de Netflix à la française. Autant de contenus que les connexions annoncées à 1 Gbit/s délivreront de manière fluide. Le tout à un prix concurrentiel. L’offre La Fibre videofutur est proposée à moins de 40 euros mensuel.

150 000 abonnés

De par l’ensemble des investissements soutenus par ses propriétaires, Vitis est valorisé 21 millions d’euros. L’industriel Netgen, qui exploite la marque videofutur et fournira les boitiers de traitement des flux TV, est majoritaire à hauteur de 55% du capital (11,5 millions). La Caisse des dépôts en détiendront 33% et Océinde 12% à l’issu de l’augmentation de capital en cours. Océinde est un groupe industriel familial spécialisé dans le Très Haut Débit à La Réunion. Il apporte son expertise fibre au projet. Vitis est présidé par Mathias Hautefort, précédemment directeur général délégué de Netgem en charge de l’activité videofutur.

Videofutur bénéficie déjà d’une expérience à l’international en tant que fournisseur pour Monaco Telecom, Netplus (en Suisse), Post (au Luxembourg) et, bien sûr, Zeop (à La Réunion). Et revendique à ce titre 150 000 abonnés. Avec Vitis, Netgem met donc un pied sur le marché de l’accès Internet en France. De quoi accélérer l’adoption de la fibre sur le territoire ?


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crédit photo : Vitis

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