Google veut faire la paix des brevets autour d’Android

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Avec l’accord de licence Pax, Google invite les constructeurs d’appareils Android à partager leurs brevets entre eux. Pour mieux se protéger de Microsoft ?

Elargir l’ouverture et se protéger des prédateurs en faisant la paix. Telle est la nouvelle stratégie que met en œuvre Google pour tenter d’assurer un développement serein à l’écosystème Android. Pour y parvenir, la firme de Mountain View vient d’annoncer Pax, une « licence de brevet communautaire, sans redevance, qui couvre les applications Android et Google préinstallées sur des périphériques répondant aux exigences de compatibilité d’Android », explique le site dédié à cette initiative.

Toutes les entreprises qui adhèrent à cette dernière s’engagent ainsi à fournir mutuellement, sans frais, leurs licences technologiques propres à Android. « Nous pensons que cela réduit considérablement les risques liés aux brevets », considère encore Google.

230 000 brevets

Les pressions et poursuites judiciaires propres aux viols de brevets logiciels, avérés ou supposés, sont assez courantes dans l’industrie informatique. Et Google est bien placé pour le savoir, Microsoft ayant régulièrement menacé de poursuivre ses partenaires adoptant Android sous prétexte que l’OS de Google renfermerait plusieurs de ses technologies, dont ActiveSync. A tel point que Redmond tire des revenus significatifs des ventes de solutions Android.

Avec Pax, Google espère ainsi protéger le mieux possible ses plus de 400 constructeurs et 500 opérateurs qui ont produit plus de 4 000 appareils sous Android en 2016, essentiellement des smartphones, utilisés par plus de 1,6 milliard de personnes dans le monde aujourd’hui. « Pax élargira encore l’ouverture d’Android pour ses membres, en promouvant la paix des brevets qui libérera du temps et de l’argent pour les partenaires, qui pourront ensuite consacrer ces ressources à la création de nouvelles idées », espère le géant californien.

Une initiative bien accueillie. Au-delà de Google, la licence Pax est d’ores et déjà adoptée par Samsung, LG, Foxconn, HMD Global (qui produit les nouveaux Nokia), HTC, Coolpad, BQ et Allview. A eux seuls, ils détiennent plus de 230 000 brevets. Un catalogue appelé à s’enrichir alors que la licence Pax est ouverte à tous et gratuite. « Au fur et à mesure que d’autres entreprises se joindront à l’initiative, Pax apportera encore plus de paix et de valeur aux brevets de ses membres grâce à une plus grande liberté d’innovation. » Au risque, donc, de perdre la valeur intellectuelle marchande de leurs technologies.

Microsoft s’intéresserait aux brevets des wearables

D’autant que la volonté d’apaisement n’est pas forcément partagée par tout le monde. Microsoft semble vouloir reproduire la stratégie appliquée sur les smartphones à l’informatique vestimentaire. A commencer par les montres « intelligentes », dont les constructeurs sont toujours plus nombreux à adopter Android Wear, la déclinaison de l’OS mobile pour les wearables. C’est d’ailleurs peut-être le sens du partenariat que vient de signer la firme de Redmond avec le constructeur Casio.

Pax s’inscrit parmi d’autres initiatives auxquels Google contribue pour tenter d’installer un environnement serein permettant aux entreprises de se concentrer sur l’innovation et la concurrence. Parmi celles-ci, citons le LOT Network (qui vise à éliminer les « patents troll »), l’Open Patent Non-assertion Pledge (pour réduire les risques judiciaires pesant sur les logiciels Open Source), ou encore l’Open Invention Network et IP3 conduit par la Allied Security Trust.


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