Le Cloud public : une option pour les DSI, pas une priorité

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L’adoption du Cloud continue de se heurter à certains conservatismes des équipes d’infrastructures et des opérations au sein des entreprises, selon le Gartner.

Si le Cloud s’inscrit désormais dans une dynamique quasi incontournable pour le développement et la transformation numérique des entreprises, il se heurte encore à nombre d’obstacles. A commencer par le conservatisme des responsables Infrastructure et Opérations (I&O que l’on regroupera derrière la DSI, les responsables opérationnels et techniques). « Les dirigeants I&O se montrent plus protecteur de leur infrastructure existante et, dans de nombreux cas, ils constituent le plus grand obstacle à des solutions Cloud en recourant à du cloudwashing comme une excuse pour ne pas mettre sérieusement en place une véritable solution basée sur le Cloud », commente Dave Russell, analyste du Gartner à propos des résultats de l’étude Flipping to Digital Leadership: The 2015 CIO Agenda. Une enquête établie à partir des réponses de plus de 2800 DSI qui comptent pour 937 milliards de dépenses IT et 202,5 milliards de dépenses d’infrastructures et d’opérations.

Selon l’analyste, « pour la plupart des DSI, le Cloud public est une option pour les projets mais il s’inscrit en première considération pour une petite minorité d’entre eux ». L’étude montre notamment que 9% des répondants n’envisagent pas le Cloud pour des projets de Saas. Un taux qui monte à 15% pour les projets Iaas. Mais la moitié des sondés considère néanmoins aujourd’hui le Cloud comme une option envisageable.

Trois recommandations

L’étude du Gartner invite par ailleurs les DSI à suivre trois recommandations qui épousent les tendances du secteur. En premier lieux, la mobilité qui s’inscrit désormais comme la première ou deuxième priorité des investissements IT. 71% des DSI reconnaissent ainsi un besoin croissant pour des services « contextuels » qui doivent désormais être pris en compte dans le design des services afin de placer l’utilisateur (salarié, fournisseur, prestataire…) au centre des systèmes IT. Autre tendance, le nécessaire recours à des systèmes avancés d’analyse des informations, notamment les données non structurées. Ne serait-ce que pour « écouter » l’activité sociale afin de mieux répondre aux besoins des clients finaux.

Enfin, les équipes I&O doivent aujourd’hui se préparer aux technologies « post-nexus » qui, des plates-formes sociales aux terminaux mobiles en passant par le Cloud, regroupent la nouvelle génération de machines productrices d’informations que sont l’Internet des objets (IoT), l’intelligence artificielle, les robots, les imprimantes 3D ou l’« humain augmenté ». Une nouvelle culture d’expérimentation, d’innovations et de déploiements technologiques qui sont aujourd’hui dans les radars des entreprises, indique le Gartner, et qui nécessitent de nouvelles méthodes de développement et d’organisation. Un modèle qui va se confronter aux 84% des DSI concentrés sur les actions de court terme (moins de 3 ans). « De nouvelles initiatives business exigent talents, le leadership et compétences d’intégration IT, avance le cabinet d’analyse. Les dirigeants I&O devront trouver des façons d’aider non seulement la DSI, mais aussi le reste de l’IT, à passer moins de temps sur la gestion de l’entreprise pour donner des occasions de croître et, idéalement, aider à transformer l’entreprise. » Un programme ambitieux.


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