Osmozis opère le Wifi des vacances à très haut débit

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L’opérateur français Osmozis s’est spécialisé dans les réseaux Wifi maillés pour centres de vacances avec des technologies propriétaires qui offrent jusqu’à 1 Gbit/s par site.

Si vous partez dans un centre de vacances ou un camping en France équipé de Wifi, il se pourrait que celui-ci soit opéré par Osmozis. Créé il y a 12 ans, l’entreprise basée à Montpellier s’est spécialisée dans les réseaux sans fil exclusivement pour sites de villégiature. « Nous ne sommes pas un Wifi généraliste, nous proposons des outils dédiés aux centres afin de nous concentrer sur la qualité dans un domaine donné », justifie Gérard Tremblay, co-fondateur et Pdg d’Osmozis. Concrètement, l’entreprise déploie l’infrastructure sans fil sur le site, et propose diverses solutions attachées au réseau qui vont de la commercialisation des accès Internet pour les vacanciers aux outils de gestion du site comme de la vidéo surveillance à l’aide de caméras Wifi ou des alarmes.

Pour y parvenir, l’opérateur conçoit ses propres bornes Wifi (elles sont assemblées dans une usine près de Montpellier) ainsi que son propre firmware pour gérer ses réseaux maillés (mesh) sans fil. « Le fait de tout faire en interne nous permet de maitriser la gestion des flux sur un réseau maillé jusqu’à 250 hectares avec 300 ou 400 bornes », explique le dirigeant. Qui rappelle qu’on « ne gère pas un réseau maillé comme un réseau Ethernet ». Une technologie maison qui permet ainsi de proposer des services parfaitement maitrisés.

Une connexion comme à la maison

Concrètement, une borne permet de couvrir 12 emplacements environ. Et le réseau est redondé de manière à ce que chaque emplacement soit couvert par deux antennes afin de palier les risques de rupture de signal et éviter d’avoir à intervenir en urgence. Comme pour le reste, le support est assuré par les équipes d’Osmozis déployées sur toute la France. « On ne sous-traite rien car c’est la seule façon de s’assurer de la qualité de service », précise Gérard Tremblay. Selon lui, la plupart des incidents sont liés à des pannes électriques. Voire au coup de pelleteuse malencontreux qui arrache la liaison filaire qui relie le site au backbone de l’opérateur.

Gérard Tremblay, PDG d'Osmozis
Gérard Tremblay, PDG d’Osmozis

Osmozis relie ses sites en liens xDSL et, de plus en plus, en fibre optique dédiée. Lesquelles permettent d’apporter jusqu’à 200 Mbit/s aujourd’hui. Un débit appelé à évoluer. Environ 5 % du millier de sites opérés profitent de la fibre. Sur place, chaque utilisateur bénéficie d’une liaison offrant entre 2 Mbit/s (« le minimum acceptable ») et jusqu’à 10 ou 15 Mbit/s. « Cela permet de répondre à la multiplication des terminaux, justifie l’ingénieur diplômé de Centrale et de Stanford aux Etats-Unis. Les gens en vacances veulent de la connexion Internet comme à la maison et pas seulement pour un besoin ponctuel, ils veulent pouvoir regarder des films, c’est un critère de choix pour les vacanciers d’avoir un accès Wifi fiable aujourd’hui. »

1 Gbit/s par site

Construite à partir de la technologie 802.11ac, l’offre d’Osmozis permet d’apporter jusqu’à 1 Gbit/s par site. Un débit dans les faits limité par la capacité filaire, donc. Mais l’entreprise n’en poursuit pas moins ses évolutions technologiques. Cet été, elle lancera un prototype d’antennes conçues en partenariat avec l’Institut d’Electronique de Montpellier. « Les antennes étaient la seule partie outsourcée de notre solution  », précise Gérard Tremblay. Le principe lié à la conception de l’antenne permettra à une borne d’émettre vers les seules bornes pour lesquelles le signal est utile, et éviter ainsi d’occuper inutilement les capacités de l’ensemble des antennes en vue. Autrement dit, « l’idée est de réduire le ‘temps Wifi’ et de l’utiliser à bon escient. » Selon les modélisations effectuées, « on pourra gagner jusqu’à 30 % de débit utile pour l’utilisateur ». Un débit qui deviendra d’autant plus utile que les capacités de connexion filaire augmenteront dans le temps. L’expérimentation déployée cet été près du siège de l’organisation passera en mode bêta à l’été 2018. Cette avancée technologique issue de trois ans de recherche se concrétisera avec le dépôt d’une demande de brevet à l’échelle européenne.

Le modèle d’investisseur-opérateur (« on reste propriétaire du matériel ») sur ce marché de niche fait ses preuves. L’entreprise a affiché un chiffre d’affaires de 8,2 millions d’euros en 2016, en progression de 29 % en un an. Le groupe a ouvert des filiales en Europe ces dernières années (Espagne, Italie, Allemagne et Hollande) et gère 19 000 bornes en Europe (dont 90 % en France). Il s’est introduit sur l’Euronext en début d’année. « Cela nous apporte de la notoriété car on veut faire de la croissance externe », indique Gérard Tremblay. Osmozis devrait racheter, avant la fin de l’année, une société spécialisée dans les services et objets connectés dans le monde du tourisme « pour ajouter une brique technologique à nos solutions ». D’autres acquisitions se feront en Europe, « des sites avec du parc Wifi pour accélérer notre développement ». Ça va être difficile de déconnecter, même en vacances.


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