Renault s’empare des Intel Labs France pour ses voitures connectées

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Renault annonce l’acquisition de l’activité R&D d’Intel en France pour accélérer le développement de ses véhicules connectés et autonomes.

Intel Lab France est sauvé. Du moins une partie de ses salariés. Renault vient d’annoncer son « projet d’acquisition des activités de R&D françaises d’Intel spécialisées dans les logiciels embarqués ». La transaction porte sur les sites de Toulouse et Sophia-Antipolis du fournisseur mondial de semi-conducteur. Près de 400 personnes devraient ainsi rejoindre les rangs du constructeur automobile.

Dans le cadre d’un plan de restructuration présenté en avril 2016, Intel avait annoncé son intension de supprimer 11% de ses effectifs mondiaux dont 750 emplois sur 940 en France. Dont la fermeture des quatre sites de recherche et développement. Si Toulouse et Sophia-Antipolis sont récupérés par Renault, Aix-en-Provence et Nantes sont en revanche sacrifiés.

Le transfert devrait être finalisé dans les prochaines semaines, avant la fin du deuxième trimestre 2017. Concrètement, l’opération passera par la création par Intel d’une société dédiée aux activités de R&D que le constructeur automobile rachètera. Cette nouvelle société sera rattachée à la Direction Engineering des Systèmes Alliance du Groupe Renault.

Accélérer le développement des véhicules autonomes

Cette opération permet donc à Renault de récupérer un ensemble d’ingénieurs et experts IT spécialisés dans le développement de logiciels embarqués, en connectivité et dans la création de nouvelles expériences client. Ils viendront renforcer les équipes d’ingénierie du constructeur français en vue de développer « des technologies qui permettront d’offrir des services personnalisés, une mise à jour à distance, en toute autonomie et en temps réel, sans intervention d’un tiers », souligne le groupe dirigé par Carlos Ghosn. « Les salariés d’Intel qui rejoindront Renault ont des compétences et des profils très qualifiés dans un domaine technique et concurrentiel, où l’Alliance est un des leaders mondiaux », a commenté le PDG du groupe.

Bref, Renault souhaite clairement accélérer son développement dans le domaine des véhicules connectés et autonomes qui constitueront les voitures de demain. Et dans lesquelles la valeur du contenu électronique et des logiciels y occupe de plus en plus de place. Selon Renault, qui s’appuie sur des analyses non référencées, la part de celle-ci ne cesse d’augmenter passant de 35% en 2015 à 50% en 2020. Garder la main sur cette activité de systèmes embarqués permettra à Renault de maitriser les services qui les accompagneront tout en garantissant son indépendance vis-à-vis de fournisseurs tiers.

Nouvelles méthodes de travail

Entre conduite autonome, navigation assistée, connectivité, et offre multimédia, le véhicule élargit ses services à l’égard des clients utilisateurs. Renault entend ainsi proposer, d’ici 2020, un système avancé d’assistance à la conduite permettant au conducteur de maintenir sa voiture sur sa voie (du « single-lane control ») sur autoroute mais sans quitter ni le volant, ni les yeux de la route. Après 2020 (et l’arrivée de la 5G), le système évoluera vers une plus grande autonomie de conduite dans certaines conditions.

Renault précise aussi que, outre leur savoir-faire et expérience, les équipes d’Intel apporteront au groupe automobile « leurs méthodes et outils, ainsi que leurs réseaux de fournisseurs, de laboratoires et d’entreprises partenaires ». Le constructeur devrait ainsi s’enrichir de nouvelles méthodes de travail, mieux adaptées aux besoins de productions informatiques. Les futurs ex-salariés du producteur de puces américains resteront basés à Toulouse et Sophia-Antipolis.


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crédit photo : Renault

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