VM Linux : le Cloud est presque toujours moins cher que la DSI

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Le Cloud est moins cher que la DSI… uniquement pour des instances exploitées ponctuellement. Si le constat est très vrai pour Windows et Red Hat, il l’est un peu moins pour les Linux sans redevance, comme CentOS. Un cas où le Cloud sort très souvent gagnant des comparatifs.

Dans le Cloud, c’est la durée d’utilisation des ressources qui pilote les prix. Quelques mois après un premier index qui mettait en lumière le rôle clef de ce facteur dans les comparaisons de prix entre Cloud public et exploitation par la DSI, ISG enrichit son baromètre. Alors que la première mouture se limitait à des configurations Windows, le cabinet de conseil calcule cette fois le tarif d’une configuration type Linux sur les quatre principaux Cloud publics du marché (Amazon Web Services, Google Cloud Platform, IBM Softlayer et Microsoft Azure) et le compare aux coûts internes moyens d’une DSI.

ISG nov15Principal enseignement : avec un Linux gratuit, comme CentOS, le Cloud public est presque toujours mois cher. Dès qu’une instance est utilisée à moins de 78 % (autrement dit, moins de 78 % du temps), l’externalisation sur le nuage s’avère plus avantageuse, comme le montre le graphique ci-contre. Pour Windows, la limite intervient bien plus tôt : au-delà de 57 % d’utilisation, exploiter une instance en interne s’avère en moyenne plus avantageux que la confier à un prestataire. Attention toutefois, car les tarifs des Cloud publics varient grandement d’une offre à l’autre : ISG calcule ainsi que pour une instance type CentOS exploitée à 100 %, les tarifs des quatre grands varient 532 à 738 dollars par mois, soit un écart de 39 %. Un écart qui reste à peu près constant quand le taux d’utilisation décroit. Mieux vaut donc comparer les prix avec attention, quitte à s’engager dans une stratégie agrégeant les offres de plusieurs prestataires.

Une économie d’un tiers par rapport à RHEL

En moyenne, selon l’index ISG, l’utilisation de Linux gratuits sur le Cloud aboutit à une économie d’un tiers par rapport à des OS bénéficiant d’un niveau de support de niveau entreprise, comme Windows ou Red Hat Enterprise Linux (RHEL). L’option est donc intéressante pour certaines tâches hors production (comme les tests dans un environnement exploitant les conteneurs).

ISG 1Pour Windows, exploitée à plein, l’instance de tests d’ISG (voir le détail contre) coûte entre 768 et 1 096 dollars par mois, contre 541 $ en moyenne pour une exploitation par la DSI. Dès que le taux d’usage dépasse les 57 %, il devient plus intéressant de se tourner vers les équipes de production de la DSI. Lors de la première mouture de l’index, en juin dernier, le basculement avait lieu à 55 %. Une fois encore, il faut tenir de compte des grands écarts de prix entre les différents fournisseurs avant d’appliquer mécaniquement cette règle : à 100 % d’utilisation, le prestataire le plus cher affiche un tarif 43 % supérieur au moins disant. Un écart qui a grandi de 8 points par rapport à juin !

Concernant RHEL, le constat est finalement assez similaire de celui effectué pour Windows : là aussi, dès que le taux d’utilisation dépasse 57 %, le recours à la DSI s’avère en moyenne plus économique. A pleine charge, l’instance de tests d’ISG coûte entre 796 et 910 $ par mois, contre 559 $ si elle est hébergée dans le datacenter de l’entreprise. Les écarts de prix entre fournisseurs sont, ici, plus limités qu’avec Windows ou les Linux communautaires.

Guerre des prix sur le Cloud… et dans les datacenters

Les calculs d’ISG, portant sur une unique instance type, soulignent une fois encore la complexité de l’analyse des tarifs dans le Cloud. Pour le cabinet de conseil, une entreprise ne connaîtra probablement le coût réel de l’externalisation d’une application dans le Cloud qu’une fois son transfert auprès du prestataire effectué. De même, comparer des coûts internes – liés aux dépenses d’infrastructures, à l’achat d’électricité et aux salaires des employés – aux tarifs des prestataires – qui dépendent avant tout du taux d’utilisation des instances – demeure un exercice difficile.

La comparaison avec la première mouture de l’index permet de mesurer que les prix du Cloud baissent. Le tarif le plus bas pour une instance Windows (à 100 % d’utilisation) est ainsi passé de 811 à 768 $. Pas vraiment une surprise : les grands fournisseurs de Cloud dégainant l’arme tarifaire pour gagner des parts de marché. Mais s’arrêter à ce constat serait trompeur, insiste ISG. Car les coûts de l’exploitation en interne s’affichent eux aussi en recul. Le cabinet explique que le coût d’une instance Windows Server dans un datacenter d’entreprise se replie en moyenne de 6,5 % par an. Pour Linux et le stockage partagé, le tassement est limité à 4,5 %. « La guerre des prix se déroule tant dans le monde du on-premise que dans le Cloud, écrit ISG. La clef de toute analyse de coût de revient (TCO) est de partir d’une approche centrée sur les charges de travail et d’utiliser les caractéristiques de l’application pour déterminer le mode de fourniture et de déploiement le plus économique. »

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