Les smartphones Wiko s’invitent dans la campagne présidentielle

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Chargée de l’affichage de la campagne présidentielle, la société France Affichage Plus équipe ses afficheurs de smartphones Wiko pour optimiser leur mission.

La transformation numérique de la société n’épargne (presque) aucune activité. Y compris les élections nationales. France Affichage Plus (FAP) compte bien le démontrer à partir du 10 avril prochain, date de démarrage officiel de la campagne présidentielle. A partir de ce jour, quelque 700 afficheurs parcourront les routes de France pour coller les affiches des candidats à l’élection présidentielle sur plus de 80 000 panneaux électoraux officiels. Et ils seront, pour la première fois, équipés d’une solution de mobilité.

Ne pas ubériser le métier

Aurélien Sallé, directeur général de France Affichage Plus
Aurélien Sallé, directeur général de France Affichage Plus.

Concrètement, les afficheurs disposeront d’un smartphone doté d’une application dédiée à l’accomplissement de leur tâche. « Il ne s’agit pas d’ubériser le métier mais bien de faciliter la vie des afficheurs, précise d’emblée Aurélien Sallé, président de la SAS Inception et associé de FAP, et en charge de la transformation numérique du secteur. Nous ne travaillons qu’avec des professionnels de l’affichage, des entreprises, artisans ou indépendants, pas des gens recrutés sur le Bon Coin. »

Créée en 2014, cette entreprise spécialisée dans l’affichage, a notamment à son actif la campagne des régionales de 2015 et ses 86 listes à gérer. C’est à la suite de cette expérience, et en regard du mécontentement que les prestations précédentes de la concurrence avaient généré auprès des donneurs d’ordres, qu’Aurélien Sallé et ses associés se sont penchés sur l’usage des technologies pour simplifier la vie des professionnels, tout en apportant un service de suivi de la prestation. La solution mise en place répond effectivement à ces deux objectifs : d’une part, accompagner les colleurs d’affiches vers les panneaux d’affichages électoraux ; et d’autre part apporter une preuve que le travail a bien été effectué auprès des clients, préfectures, mairies et surtout, dans le cas présent, de l’ensemble des onze candidats à la présidentielle. « Notre principal concurrent n’y est pas allé », a constaté le responsable. Une aubaine pour FAP qui poursuivra le projet sur la campagne des législatives en juin.

1 heure 30 gagnée par jour

L''application géolocalise les panneaux à afficher...
L »application géolocalise les panneaux…

Concrètement, grâce au smartphone, les afficheurs sont guidés sur Google Maps vers les emplacements précis des panneaux d’affichage à recouvrir. Ces derniers ont préalablement été localisés et « géo-codés » à partir des données recueillies lors de la campagne de 2015. Cette géolocalisation préalable optimise considérablement la recherche des panneaux dont les emplacements généralement fournis par les préfectures manquent parfois de précision, particulièrement dans les villages. Qui plus est, l’application établit la feuille de route des colleurs d’affiche d’une ville à l’autre évitant ainsi parfois de longs détours. « Nous avons calculé que l’application de navigation leur permet de gagner entre 1 heure et 1 heure 30 par jour en moyenne », soutient Aurélien Sallé. Un gain de temps non négligeable alors que les agents disposent de deux semaines pour réaliser l’ensemble de l’affichage national avant le premier tour électoral. Les afficheurs ont même la possibilité de « créer » ou « supprimer » un panneau depuis le smartphone en fonction de la réalité constatée sur le terrain pour mettre à jour le parc. « Le soir du premier tour, on disposera de la carte des emplacements réel des panneaux électoraux », souligne le responsable. De quoi optimiser encore un peu plus la campagne d’affichage du second tour.

L’autre intérêt de l’usage du terminal mobile est sa capacité à suivre la réalité du travail effectué grâce à une prise de vue du panneau électoral recouvert de l’affiche du candidat. « En trois clics, l’afficheur apporte la preuve de la réalisation du travail », suggère notre interlocuteur. La photo capturée par le smartphone est transmise vers les serveurs de FAP, hébergés chez OVH, via le réseau mobile ou en Wifi. Grâce à une carte disponible sur le site web dédié, les employeurs des afficheurs comme les candidats aux élections peuvent ainsi suivre l’état de la couverture des panneaux.

... et permet de prendre une photo du panneau pour apporter la preuve du travail effectué.
… et permet de prendre une photo du panneau pour apporter la preuve du travail effectué.

Développée par la société Odity, retenue suite à un appel d’offre lancé à l’été 2016, l’application et le site web (« le gros du développement et de l’intelligence qui nous permet de gérer les relations fournisseurs, les campagnes, les statistiques, etc. ») doit répondre à deux contraintes. D’abord pouvoir travailler en mode hors connexion avec une fonction de synchronisation des données quand le lien avec le réseau est rétabli. « La couverture intégrale en 3G du territoire français est loin d’être une réalité, témoigne Aurélien Sallé. En zones rurales mais aussi dans certaines poches des zones denses. » Ensuite, et surtout, il faut que la solution soit simple à utiliser. « Nous travaillons avec des gens à fort caractère, qui ne sont pas forcément des geeks, et il n’était pas question d’alourdir leur métier assez physique avec un système contraignant. »

500 smartphones Wiko

Des tests ont déjà été effectués avec une centaine d’afficheurs. Et, à en croire notre interlocuteur, tout se passe bien. Les agents ne craignent-ils pas d’être « fliqués » par les terminaux ? « Au contraire, ils sont plutôt généralement victimes du manque de transparence du secteur et se voient souvent accusés de ne pas faire le boulot. Avec cette solution, ils peuvent prouver le contraire », explique Aurélien Sallé. Qui précise néanmoins que la photo probante du panneau d’affichage est contractuelle.

Le Tommy de Wiko, le smartphone qui pilote les afficheurs.
Le Tommy de Wiko, le smartphone qui pilote les afficheurs.

Concernant les smartphones, FAP a arrêté son choix sur des Tommy de Wiko. Des modèles d’entrée de gamme aux caractéristiques techniques largement suffisantes pour la mission (écran 5 pouces, capteur 8 millions de pixel, processeur quadricoeur 1,3 GHz, 1 Go de RAM). « Cela nous paraissait intéressant de travailler avec Wiko qui propose des produits satisfaisants parmi les moins chers du marché. » Et le bon contact qu’Aurélien Sallé a eu avec Raphaël Syren, le responsable de la division Entreprise que le constructeur de smartphones a lancée en fin d’année dernière, a suffi à faire pencher la balance. Pour Wiko, entreprise française de surcroit, le cas FAP offre une belle vitrine pour illustrer les services que le constructeur apporte aux professionnels.

Dans le cas présent, Wiko, ou plutôt l’un de ses distributeurs, a fourni 500 Tommy avec carte SIM (par SFR, le seul opérateur capable d’offrir un forfait data de 10 Go pour des périodes courtes, a constaté Aurélien Sallé) et l’application FAP préinstallée par un prestataire, Digitim. Lequel s’est également chargé de configurer le système pour éviter tout risque de dysfonctionnement ou piratage (dont le blocage du Play Store). En d’autres termes, les terminaux sont exclusivement dévolus à la mission d’affichage. « Nous les prêtons à nos prestataires qui peuvent, s’ils le souhaitent, les racheter à l’issue du projet, indique Aurélien Sallé. Le 5 mai, toutes les lignes seront débranchées. »

L’application optimisée pour les Tommy Wiko

Mais pourquoi ne pas s’être contenté de fournir simplement l’application, disponible sur Android mais aussi iOS, que chaque afficheur aurait installée sur son propre téléphone ? « Initialement, nous n’avions pas prévu de fournir les téléphones », admet Aurélien Sallé. Qui a vite constaté que « tout le monde n’a pas un smartphone dernier cri, certains afficheurs sont très contents de leur vieux Nokia à clapet » (le resteront-ils après cette expérience ?). Mais surtout parce que, en cas de bug, il est plus simple de gérer un parc homogène qu’une flopée de configurations matérielles différentes. Enfin, Odity a ainsi pu optimiser l’application de FAP pour les Tommy, la rendant ainsi plus performante.

La campagne électorale constituera donc le premier terrain de jeu grandeur nature pour l’application de France Affichage Plus. Une solution qu’Aurélien Sallé compte bien étendre à d’autres marchés que celui des seules élections. « Il y a plein d’évolutions possibles pour cette application qui doit effectivement fonctionner quels que soient les environnements mobiles », confirme le dirigeant. Il réfléchit aujourd’hui à l’innovation que pourrait apporter l’application dans le suivi en temps réel des campagnes d’affichage publicitaire. Avec ou sans Wiko, la prise de vue des panneaux d’affichage pourrait bien devenir un réflexe chez nombre d’afficheurs.


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Crédit photo : Mortimer62 via Visualhunt.com / CC BY-SA

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