Automatisation : une arme à double tranchant pour l’Europe

Le cabinet McKinsey a livré son rapport « The future of work in Europe »*. La perspective d’un remplacement systématique d’emplois par l’automatisation est à nouveau écartée. Mais une mise à niveau des compétences va s’imposer pour le plus grand nombre.

Selon un scénario médian, environ 51 millions d’emplois en Europe (soit 22% du total de la main-d’oeuvre) seraient menacés par l’automatisation d’ici 2030. Plus de 20 millions de travailleurs pourraient se trouver dans l’obligation de quitter des emplois en déclin.

Le plus grand nombre devrait acquérir de nouvelles compétences.

Hubs et travail à distance

Aussi, les nouveaux emplois créés compenseraient au moins partiellement les pertes. La montée en puissance de l’intelligence artificielle et de la robotisation amplifiant la transition vers des activités « à plus forte intensité de connaissances ».

C’est plus particulièrement le cas dans les technologies de l’information et d’autres métiers réunis sous l’acronyme STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), mais aussi dans les secteurs de l’éducation et de la santé, selon les auteurs du rapport.

Les recruteurs se livrant concurrence pour attirer les « meilleurs » profils. McKinsey fait également le constat d’une concentration géographique marquée de l’emploi.

48 mégapoles et hubs, dont les grands Paris et Londres, contribueraient à plus de 50% à la croissance de l’emploi en Europe d’ici 2030, contre 35% lors de la précédente décennie, note McKinsey. « À moins que la Covid-19 ne modifie les préférences de travailleurs et d’entreprises pour [le travail à distance] et les communautés moins denses ».

*Les prévisions de McKinsey concernent l’UE des 27 plus le Royaume-Uni et la Suisse.

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