BouyguesTel lancera sa 3G fin 2005

Régulations

L’opérateur compte d’abord déployer la technologie Edge pour assurer une meilleure couverture. Et qualifie les lancements d’Orange et de SFR “d’animations de Noël”…

Bouygues Télécom qui ne voulait pas entendre parler de téléphonie mobile 3G (UMTS) change aujourd’hui de discours. Le troisième opérateur français annonce aujourd’hui un lancement commercial pour la fin 2005 soit un an après ses deux concurrents (voir nos articles).

Jusqu’à aujourd’hui, le groupe préférait miser sur Edge, une technologie intermédiaire (six fois plus rapide que le GPRS mais mois rapide que l’UMTS) pour offrir de l’Internet mobile à haut débit. Pour autant, cette position n’a pas radicalement changé. Pour assurer une couverture convenable du territoire (environ 80%), BouyguesTel déploiera d’abord Edge puis l’UMTS. Un peu à la manière d’Orange qui utilise aussi les deux technologies pour ne pas souffrir de problèmes de couverture. La 3G est en effet pour l’instant disponible que sur 40% du territoire. Une couverture partielle qui provoque l’ironie de BouyguesTel. Gilles Pélisson, P-dg de l’opérateur, a ainsi minimisé l’impact de la commercialisation des premières offres 3G UMTS de SFR, le mois dernier, et d’Orange ce mois-ci, en expliquant qu’il s’agissait avant tout d’une “animation pour les fêtes de Noël”. Les intéressés apprécieront! “Nous déployons l’Edge avec l’objectif de couvrir 80% de la population au moment du lancement, ce qui devrait arriver dans la deuxième partie de l’année”, a assuré Gilles Pélisson. Ce dernier n’a pas fourni d’autres détails sur le lancement de la 3G. Les analystes interrogés pensent que cette annonce a été faite afin de rassurer ses quelque sept millions de clients pour qu’ils ne cèdent pas aux sirènes des concurrents dont les forfaits 3G sont lancés à grands renforts de publicités. Bouygues Telecom optimiste

L’opérateur a réalisé sur les neuf premiers mois un profit net de 272 millions d’euros (+51%) et un bénéfice d’exploitation de 475 millions (+25%). L’Ebitda a atteint 934 millions (+20%), soit une marge de 37,7% sur les revenus nets du réseau (hors vente de terminaux). Grâce à la bonne performance enregistrée au troisième trimestre – marge de 41,1% contre 40,1% – le groupe devrait atteindre 35% sur l’ensemble de 2004. Mais Gilles Pélisson a prévenu que la suppression, imposée par le régulateur, du système dit du “Bill and Keep” par lequel les trois opérateurs mobiles ne se facturaient pas l’interconnexion, se traduirait mécaniquement par une baisse de la marge d’Ebitda, qui serait légèrement au-dessus de 30%. Par ailleurs, le p-dg s’est de nouveau montré réticent face à l’arrivée des opérateurs mobiles virtuels (MVNO) que les pouvoirs publics souhaitent favoriser pour relancer un marché jugé trop cher par les associations de consommateurs. Il a rappelé que Bouygues Telecom avait lancé Universal Mobile pour cibler les jeunes et que le marché était

“trop compétitif” pour qu’il y ait une place pour les MVNO. Il a néanmoins déclaré qu’il espérait boucler les discussions avec Neuf Telecom “dans les prochains mois”. Les deux opérateurs discutent du lancement d’un MVNO ciblé sur l’entreprise et de la convergence entre le fixe et le mobile.


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