Brice Dereims (CA Technologies) : « Le cloud, c’est tout sauf l’IaaS ! »

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Brice Dereims, directeur technique de CA Technologies, répond à nos questions après la parution de l’étude « The TechInsights Report 2013: Cloud Succeeds. Now What ? ».

Silicon.fr – Votre étude (lire «CA Technologies : les entreprises face au cloud computing et le retard français») rappelle que la France est toujours en retard quant à l’adoption du cloud computing…

Brice Dereims : Les entreprises françaises se contentent de migrer sans apporter de valeur ajoutée. Elles ne cherchent pas à élever le débat. Nos clients français sont très timides dans les usages des IT. Par mesure de précaution, ils ont tendance à sur-valider que des grands groupes mondiaux sont déjà partis. Il n’y a pas de prise de risque, ou alors sur des petits projets. On ne peut penser innovation sans part de risque. Comment faire la différence ? C’est pourquoi nous avons créé un serious game, un simulateur, pour leur montrer les nouvelles approches du cloud, pourquoi passer au PaaS ou au SaaS, et pourquoi évoluer vers d’autres types d’hébergement.

Brice Dereims, Directeur Technique de CA Technologies
Brice Dereims, Directeur Technique de CA Technologies.

Il est difficile de casser des schémas établis. Pourtant notre intérêt est d’explorer de nouvelles pistes. En la matière la France ne voit pas de relais dans le PaaS, est pourtant… La mentalité des anglo-saxons est d’essayer, à nous d’aiguiller les clients français.

Nos entreprises continuent également de se réfugier derrière l’argument de la sécurité… mais la géolocalisation des données n’est plus évoquée.

La sécurité est une drôle de question en France ! Les freins liés à la sécurité demeurent. Et nos entreprises ont parfois des réflexions surprenantes. Par exemple, pourquoi mettre un frein aux données chez les hébergeurs alors que nos équipements on premise n’offrent pas de garantie contre les hackers ? En matière de sécurité, CA Technologies croit au système hybride. Notre vocation est d’avoir des systèmes de sécurité et d’authentification. Quant à la question de la localisation des données, ce n’est plus trop un problème. Hier, la localisation des datacenters pouvait entrainer de la latence, mais la technologie a résolu ce problème. Aujourd’hui, ce sont souvent les périphériques qui apportent de la latence.

La problématique ne vient-elle pas non plus des éditeurs et des intégrateurs qui défendent leur pré-carré et peinent à changer leur modèle ?

Les intégrateurs n’ont pas toujours joué le jeu et ont trainé les pieds. Ils ont pourtant tout intérêt à prendre le sujet à bras le corps. Les éditeurs comme leurs clients commencent à comprendre le modèle économique et la rapidité d’implémentation du cloud. Et certains cas d’école ont fait leur preuve. Les éditeurs vont devoir s’aligner sur le modèle des opérateurs, sur l’achat de services web, et sur l’instanciation de services simples. Avant, l’assistance était forte, aujourd’hui c’est plus complexe, avec des projets plus courts et plus rapides, moins de grands projets et des projets plus petits. Mais les entreprises auront toujours besoin des conseils et de l’assistance des SSII.

Les budgets des entreprises françaises sont aussi en retrait, ils ne bougent pas alors qu’ils augmentent chez leurs homologues étrangers. Pourquoi ?

Les entreprises françaises ne voient pas l’opportunité dans le cloud de revoir les applications et services core business. Elles ne voient pas le bénéfice de la disponibilité et la facilité de mise à jour. Les applications sont de plus en plus jetables, leur durée de vie est très courte. Nous devons adapter le rythme de création et de mise à jour des applications. L’exemple du CRM en mode SaaS a donné le ‘la’. Aujourd’hui arrive le Big data, dont la mise en place à l’extérieur du système d’information sera le second phénomène du cloud. Avec le critère de la quantité des données, et la nécessité d’accéder à des péta octets de données pour plus de pertinence. Et surtout sur requêtes éphémères et saisonnières.

Vous semblez critique vis-à-vis de l’IaaS ? C’est pourtant l’infrastructure de cloud qui en France est la plus répandue…

L’IaaS pour faire quoi ? De l’hébergement de VM (machines virtuelles)… Ce n’est pas le cloud. Le cloud, c’est tout sauf l’IaaS ! Le cloud privé, tout le monde sait faire cela. Il n’y a pas d’innovation, la technologies n’est pas compliquée. Nous assistons à un amalgame entre provisionner des VM et faire du cloud.

Le cloud vise l’agilité, la rapidité et les grands volumes de données. Nous devons mettre l’accent sur la sécurisation du cloud. Nous devons faire émerger l’accès du end user à l’application. Mais ce n’est pas le PC. Les entreprises françaises doivent évoluer et donner à leurs employés et partenaires un accès avec de nouveaux outils. C’est également le sujet de l’API management, d’externaliser les processus métier, de démultiplier la puissance du cloud sur tous les canaux. Nous essayons de donner un peu d’impulsion à nos grandes entreprises françaises.


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