Capgemini et le big data : 1 – « Le marché mûrit plus vite que l’on aurait pu le penser »

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Christian Bescht, patron de la BI Capgemini en France, et Manuel Sevilla, CTO de la business line global BIM, reviennent pour nous sur l’étude Capgemini sur la maturité des entreprises face à la donnée, et sur la vision de la SSII sur le big data.

Cette interview fait suite à notre article « Etude Capgemini : les entreprises sont matures sur le big data ».

Christian Bescht, patron de la BI Capgemini en France, est le responsable de la ligne de services BIM (Business Information Management), qui regroupe les solutions de valorisation du patrimoine de données d’une organisation pour le décisionnel, la gestion de contenu, la qualité des données, et le MDM (Master Data Management).

Manuel Sevilla est le CTO de la business line global BIM Capgemini au niveau mondial.

Pourquoi avoir réalisé une enquête d’une telle ampleur ?

Christian Bescht : Beaucoup de choses sont écrites sur le big data, et très souvent ce qui est dit est à connotation technologique, en particulier sur le débat autour de Hadoop. En revanche, on ne parle pas assez de l’enjeu métier autour de ces solutions. Du point de vue des décideurs, croient-ils que le big data va leur servir à quelque chose, à quoi, et sous quels délais ? C’est la genèse de notre étude, dont le but est de nous permettre d’orienter la définition de nos offres de solutions répondant à des problématiques métier autour de la définition du big data.

Manuel Sevilla : Le marché, les solutions et l’interprétation du big data ne sont pas complètement mûrs, pas autant qu’un entrepôt de données par exemple. Un des intérêts de notre étude est de mesurer la maturité de nos clients sur le big data. Nous avons obtenu un très fort taux de réponses, qui démontre que nos clients sont au courant de ce qu’est le big data. Et ils sont dedans ! Le management des grandes sociétés est déjà concerné et au courant de ce qu’est le big data. C’est un signe important.

Christian Bescht, patron de la BI Capgemini en France, responsable de la ligne de services BIM (Business Information Management)

Selon vous, le marché serait mûr ?

Manuel Sevilla : Le marché mûrit plus vite que l’on aurait pu le penser. Il faut comprendre que nous avons aujourd’hui deux marchés différents, les États-Unis et l’Europe, et il n’y a que quelques mois de maturité qui les séparent, pas plus que cela ! Un écart qui tend à diminuer. En termes technologiques, nous constatons un début de consolidation, avec des rachats d’acteurs. C’est également le cas en terme d’accords sur les technologies. Précédemment, nous avions Cassandra, Hadoop, MonoDB, etc. Aujourd’hui, tous les gros acteurs ont décidé de miser sur Hadoop. Nous avons dépassé le stage du balbutiement, sans pour autant atteindre celui de la maturité.

Votre étude confirme le rôle du big data…

Christian Bescht : Aujourd’hui, la très large majorité de décideurs qui ont répondu à l’étude estime que le big data est important pour leur organisation. Le fait de baser la prise de décision sur l’exploitation de la donnée est un vrai enjeu. La profitabilité des entreprises qui ont adopté des processus de décision réellement basés sur l’analyse des faits à travers les données est plus forte de l’ordre de 5 à 6 points.

Un autre point, c’est la dichotomie entre les données structurées et non structurées. Sur les données structurées, malgré leur masse, beaucoup de dirigeants font le constat qu’ils n’en ont pas assez, et qu’ils en souhaiteraient davantage. Et face aux données non structurées, ils ne savent pas comment les exploiter et leur donner de la valeur. C’est un champ de développement important pour mettre sur le marché des solutions qui, sur des problématiques métier, vont y répondre grâce à la valorisation des données non structurées. Nous pensons par exemple au text-mining sur des données textuelles.

Manuel Sevilla : Une autre caractéristique, c’est la diversité des formats de données, leur évolutivité dans le temps, l’extrême diversité des sources d’information. Les entreprises recherchent des solutions de traitement de la donnée non structurée qui exploitent leur évolution dans le temps, avec la capacité d’exploiter et d’analyser une multiplicité de formats sans nécessiter la mise au point de solutions informatiques, de codage, et de test.

Big data et analytique sont-ils indissociables ?

Manuel Sevilla : Les dirigeants considèrent le volume de données non structurées mais se sentent démunis. Ils recherchent des solutions qui simplifient l’usage de ces données non structurées. C’est un bel enseignement pour nous et un marché à adresser. Nous avons la conviction que le big data et le business analytics sont indissociablement liés. Avec le big data, nous ne savons plus faire l’analyse classique par la fourniture de tableaux de chiffres de ventes. Nous recherchons une information prédigérée, qui présente les dépendances, les exceptions, et qui fait appel aux techniques prédictives. Finalement, le big data va donner un coup de boost à toutes les technologies prédictives et analytiques.

À suivre.


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