Carlos Gonçalves, SGCIB,« En 2015, la moitié des applications sera livrée en continu »

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Le DSI de la Société Générale Corporate et Investment Banking est revenu sur l’intégration de la méthode dite de continuous delivery pour les applications.

A l’occasion de la conférence USI d’Octo Technologies, le DSI de la Société Général Corporate et Investment Banking, Carlos Gonçalves, est revenu pour nous sur l’arrivée de la méthode dite de continuous delivery. Définition, avantages, intégration, le dirigeant répond aux problématiques de ce service pour accélérer le développement et le déploiement d’applications.

Pouvez-vous nous décrire ce qu’est pour vous le continuous delivry ?

Le continuous delivery s’est le moyen de livrer des petits morceaux de valeurs à des échelles de temps très courtes de l’ordre d’une semaine entre chaque déploiement. L’élément probablement le plus fort de cette méthode c’est qu’elle permet de recevoir très régulièrement et sur des périmètres très précis des feed-back de la part des utilisateurs finaux. Grâce à ces retours, on peut changer rapidement de trajectoire et donc s’assurer de coller le plus possible aux besoins des utilisateurs et donc de maximiser la création de valeur.

Quels sont les événements qui ont conduit votre banque à adopter cette méthode ?

Le contexte dans lequel exerce une banque aujourd’hui a beaucoup changé ces dernières années. Il y a d’abord le contexte réglementaire qui a beaucoup évolué et qui évolue encore très souvent nous obligeant à rendre plus « auditable » et transparent toutes nos opérations. D’autre part, il y a les attentes de nos clients qui veulent un service bancaire plus digitalisé. Pour répondre aux challenges que soulève ce changement de contexte, la DSI a voulu apporter une réponse par l’innovation.

Nous avons donc commencé à faire de l’agile IT depuis 2012 avec 50% d’un portefeuille de projets de 100 M d’euros en agile IT. Aujourd’hui nous voulons au plus près que ce qui crée de la valeur et nous sommes passés en continuous delivery.

Comment on fait pour passer à ce modèle quand on est une grande banque du CAC40 ?

La transformation passe par 5 branches qui sont l’agilité dans l’organisation du projet, une convergence technologique (Java, .Net), la mise en place de software factory et software quality, le continuous deployment et enfin le cloud pour avoir une infrastructure aussi agile que le développement. Mais autour de tous ces éléments l’enjeu est très largement aussi autour du recrutement, nous avons besoin d’attirer les meilleurs talents capables de soutenir ces nouvelles méthodes de production d’organisation.

Comment avez-vous choisi les projets qui sont éligibles à ce processus ?

Nous avons choisi les projets qui s’y prêtent bien. Par exemple, la comptabilité de la banque n’est pas un sujet adapté au continuous delivery pour la simple et bonne raison que ce n’est pas un sujet qui évolue très vite. Par contre, des outils de service à destination de nos clients comme www.sgresearch.com sont eux gérer avec ce service de livraison continue.

Comment vous faites pour ne pas avoir de problème de production malgré le rythme très soutenu de déploiement ?

Nous avons totalement industrialisé et automatisé la partie software quality et factory. C’est grâce à cette industrialisation que nous n’avons pas connue de panne de la production tout en étant en continuous delivery. C’est un point essentiel, parce que le but de cette méthode est d’apporter régulièrement de la valeur aux utilisateurs, si l’on rencontre trop souvent des pannes dans les outils de production au moment des déploiements on détruit automatiquement la valeur que le continuous delivery apporte.

Quelle ampleur ce service va prendre au sein de SGCIB ?

Nous nous sommes organisés aujourd’hui autour de deux labs ou plateaux qui regroupent toutes les applications développées en livraison continue. Nous laissons aussi la possibilité au chef de projet de faire du go fast, c’est à dire de passer, de sa propre initiative avec son équipe et ses propres moyens, une application en continous delivery. D’ici la fin de l’année, c’est 32 applications qui seront ainsi gérées et à l’horizon 2015 ce sera la moitié des applications.

Comment les utilisateurs perçoivent ce nouveau mode de développement ?

Il y a un petit temps d’adaptation lors du passage à l’agilité mais assez vite ils ont vu que c’était dans leur intérêt et finalement cela a été assez vite bien adopté. Pour le continuous delivery, cela s’est fait dans la continuité de l’agilité et comme l’action était déjà profitable ils ont très bien perçu le passage à ce service et ils sont même aujourd’hui très demandeur.

Avez-vous d’autres approches innovantes en cours comme par exemple des initiatives Big Data/Datascience par exemple ?

Oui, nous avons lancé une étude d’analyse de données avancée qui vise à comprendre l’appétence de certains clients à certains produits dans des contextes de marché particulier. Cela revient finalement à essayer de faire de la recommandation de produits à certains clients dans des contextes de marché particuliers à partir de l’attitude passé de clients semblables.  Nous sommes encore dans une phase d’étude et je n’ai pas de résultat plus concret à vous donner pour l’instant.

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