Conférence Lorient: la TV mobile est sur les ‘starting blocks’

Régulations

La conférence ‘TV Mobile’, qui s’est tenue à Lorient, les 28 et 29 octobre
2006 a permi de faire le point sur le démarrage en France de ce nouveau canal
média

En clair, que peut procurer la réception de la télévision sur les téléphones

portables?

Est-ce là un nouveau mythe pour un marché explosif de la 3G qu’aurait

anticipé l’attribution aux enchères des licences UMTS en 2000? La TV mobile

poursuit son démarrage en 2006 en Europe dans le sillage de la montée en charge

des réseaux 3G qui en permettent la réalité d’aujourd’hui. Comme le rappelait

Patricia Langrand de France Télécom, en annoncant les chiffres de l’opérateur

historique, une diffusion point à point couvrant 90% de territoire, offrant 50

chaînes aux 2 millions d’abonnés 3G d’Orange. Les 400 000 utilisateurs du

service TV payant effectuent 5 millions de connections par mois. Ceci sans

compter l’avènement du deuxième mode de diffusion vers les mobile : le broadcast

point-multipoint ou standard DVB-H. A l’instar de la télévision numérique

terrestre la TNT, le DVB-H n’attend plus pour être opérationnel que le projet de

loi français soit voté, les opérateurs de diffusion désignés par concourt de «

beauté », et l’infrastructure de diffusion déployée. Donc la plupart des

obstacles à la diffusion de masse, de qualité et bon marché sont en voie d’être

levés: il y a des technologies disponibles, des « devices », des portables en

l’occurrence, adaptés aux normes et aux usages, des ressources en fréquences

nécessaires disponibles, elles ont pu être dégagées. Bref l’écosystème est prêt

. Le marché lui est là. Fortement potentiel, il s’annonce, à dire d’experts,

gigantesque. Estimé en 2010 à 125 millions d’utilisateurs pour 5 milliards de $,

il pourrait atteindre 17,5 Md d’? rien qu’en Europe en 2015. Mais il n’y a pas

que les Coréens et les Japonais, présents à Lorient, qui nous ont bien devancé

avec leurs millions d’abonnés. En Europe, les Italiens ont ouvert le bal en juin

dernier. En effet, après les tests réalisés lors des JO d’hiver de Turin, les 3

opérateurs Wind, H3G et Telecom Italia via Mediaset-Timcast se sont lancés dans

l’aventure en misant la coupe du monde de football. Telecom Italia compte déjà

300 000 abonnés au service DVB-H avec un bouquet de 200 chaînes pour un

abonnement de l’ordre de 15? / mois. Si ça marche en Italie, par contre en

France, on n’ose annoncer de date. Il n’y a pas d’obstacle technique mais un

calendriers politique, des acteurs aux intérêts divergents que le

Forum-TV-Mobile, sous la houlette de sa Présidente Janine Langlois-Glantier, a

bien du mal à faire converger. Si par exemple TdF assure que le plan de

fréquence est prêt sur la quasi-totalité du territoire, tablant sur une

ouverture pour le Mondial de rugby, TF1 de son côté estime que les réseaux DVBH

ne pourront être opérationnels avant fin 2008 Nous y sommes. La TV Mobile

apparaît être le constat d’un écosystème complexe : Complexité au niveau

technique , la juxtaposition de deux modes de diffusions différents, chacun

ayant ses avantages et ses inconvénients : la 3G permet l’interactivité, la

personnalisation et les formats courts mais reste limitée en débit même si la

3.5G (HSDPA) le multipliera par 3; ce qui n’est pas le cas du DVBH qui permet

l’accès et le choix d’un grand nombre de chaînes TV et de programmes en format

long: émissions, film, foot, ?.dans les deux cas les modes de facturation, les

droits associés au contenu et l’impact de la pub diffèrent en conséquence?..

Complexité également quant au nombre des acteurs impliqués dans la chaîne de la

valeur. Les professionnels des Média, les grandes chaînes nationales TF1 et

France Télévision en tête, les publicitaires et les producteurs fournisseurs et

agrégateurs de contenu voient en effet non sans inquiétude l’arrivée des

opérateurs télécoms sur leur pré carré. Les audiences et les revenus de la pub

ne sont pas en effet extensibles du simple fait de l’arrivée d’un nouveau canal

de diffusion. De leur côte les opérateurs mobiles comme Orange réclament que

place leur soit faite dans l’accès au droit de retransmission. Pour que l’offre

mobile, mixant broadcast et multicast, soit véritablement un succès auprès de

leurs clients mobiles et se révèle enfin comme nouveau gisement de croissance.

La question clef pour l’ensemble des participants du Forum de Lorient c’est en

définitive la question des « business models » : trouver une rentabilité qui

satisfasse tous les métiers de la chaîne, des vétérans des médias aux nouveaux

venus des télécoms. D’autant que bon nombre d’industriels comme Thomson et

Alcatel, mais aussi de brillantes start-up très actives ( Envivio, Expway ou

Streamezzo, ) du pole Image & Réseaux de Bretagne attendent. Ils sont tous

prêts a offrir technologies, plateformes d’intermédiation, et middlewares

associés du traitement de l’image et du son à tous ces opérateurs, MVNO inclus.

En résumé, tout ce beau monde espère l’impulsion. Viendra- t-elle d’une

politique volontariste de l’Etat qui imposera les bons compromis aux ténors de

l’Industrie ou bien de là où on s’y attend le moins. Par exemple, d’un

fournisseur d’accès internet « quadruple play » qui saura s’affranchir des

barrières technologiques et réglementaires du système actuel pour ouvrir de

nouvelles voies grâce aux possibilité du Web2, du WiMax et de ces fameux

terminaux combos compatible 3G/Wimax. A suivre. (*) Consultant Pabvision


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur