Directive ePrivacy : à mort les chatbots ?

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ePrivacy chatbots

En application de la réglementation européenne, Facebook désactive certaines fonctionnalités de l’API Messenger. En première ligne, la publicité… et les chatbots.

C’est le jour J pour l’API Messenger. Ce 16 décembre, Facebook en désactive plusieurs fonctionnalités pour certains utilisateurs.

Objectif de la démarche : se conformer à l’évolution de la réglementation européenne*. En ligne de mire, la directive ePrivacy, que les États membres de l’UE devront avoir transposée au plus tard le 21 décembre. Elle soumet Facebook à davantage d’exigences de protection de la vie privée.

Les restrictions sur l’API Messenger s’appliqueront :

  • aux pages Facebook enregistrées dans l’EEA (Union européenne + Islande, Liechtenstein, Norvège et Royaume-Uni) ;
  • à celles dont au moins un administrateur est basé dans l’EEA ;
  • à toute conversation impliquant un citoyen de l’EEA.

Elles auront des conséquences sur les campagnes publicitaires. En particulier, l’inaccessibilité de métriques et d’options de ciblage. Ce qui aura – entre autres – pour effet de compliquer la génération de leads et la création d’audiences personnalisées.

L’ampleur du phénomène se reflète dans le nombre de vues sur la page dédiée dans l’aide en ligne Facebook for Business : plus d’un million, quand les autres articles tournent plutôt autour du millier.

Autres victimes : les chatbots. Jusqu’à nouvel ordre, dans les cas susmentionnés, l’API Messenger ne prend plus en charge :

  • L’envoi et la réception de médias autres que les images (applicable uniquement sur la version web)
  • Les boutons qui permettent de déclencher des actions telles que visiter un site ou passer un appel (également applicable uniquement sur la version web)
  • Les menus persistants (qui consistent en fait en un bouton fixe)
  • Les modèles de type reçu, carte d’embarquement ou fiche produit (version web)
  • Les indicateurs de frappe (y compris du côté des bots)
  • Les notifications après 24 heures d’inactivité

Chatbots : entre inquiétudes et opportunités

Facebook affirme qu’il restaurera ces fonctionnalités, sans toutefois donner d’échéance. En attendant, il propose divers palliatifs fondés essentiellement sur l’usage de liens, de mots-clés et de réponses rapides. Et ajoute en parallèle à l’API Messenger Profile un drapeau subject_to_new_eu_privacy_rules. Lequel permet aux développeurs d’estimer l’impact sur des pages Facebook.

SendPulse fait partie des entreprises qui suivent la situation de près. Et pour cause : sa plate-forme d’automatisation marketing inclut un outil de création de chatbots, principalement pour Messenger.

Du côté de la start-up française Clevy, on ne donne pas dans la marketing automation. Mais on fournit de quoi développer des chatbots. Dont un langage de programmation open source : CSML (Conversational Standard Meta Language).

La start-up française (née en 2017) a monté, sur cette base, une opération « Save Your Chatbot ». Sa promesse : récupérez pleinement la propriété de votre chatbot. Le levier : un moteur d’extraction et de conversion en CSML. Il fonctionne pour le moment avec les plates-formes Chatfuel et Manychat. Clevy fournit des builds macOS et Linux (arm64), une image Docker et un accès via l’IDE web CSML Studio.

* Réglementation européenne qui semble aussi avoir précipité la fin de l’offre gratuite de Facebook Workplace.

Illustration principale © Ars ElectronicaviaVisual Hunt / CC BY-NC-ND

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