IT Life – Emmanuelle Verschelde (Areva) : «Innover, c’est sortir des sentiers battus»

DSI
Emmanuelle Belval-Verschelde Areva

Emmanuelle Verschelde, responsable e-learning et nouvelles méthodes éducatives chez Areva, parle innovation et déploiement très concrètement. Témoignage IT Life.

Comment susciter de l’innovation autour de services d’e-learning et de la réalité augmentée? Non informaticienne de formation, Emmanuelle Verschelde, est en charge de l’e-learning et des nouvelles méthodes éducatives chez Areva. Elle a animé plusieurs projets innovants. Pour réussir, inutile d’utiliser une baguette magique, explique-t-elle. Tout est d’abord question de climat de confiance, d’échanges collaboratifs et de brassage entre plusieurs disciplines.

Emmanuelle Belval-Verschelde Areva_
Emmanuelle Verschelde, Areva

Silicon.fr – Quels projets vous ont récemment mobilisé ?

Emmanuelle Verschelde : Il y a eu notamment la mise en place d’une plate-forme d’e-learning et quelques autres projets disons “décalés”, comme la création d’un module d’information/formation sur les instances représentatives du personnel et des organisations syndicales, sur le dialogue social, etc. Nous avons réalisé ce module en créant un scénario où des extra terrestres observent, depuis leur soucoupe volante, le comportement humain. Donc, nous avons opté pour une présentation animée, très didactique et ludique, humoristique. Ce projet, démarré en novembre 2012, nous est déjà demandé à l’extérieur.

Nous avons également un programme de formation et de perfectionnement pour l’anglais. Nos prestations continuent d’évoluer vers une offre ‘blended’, ou à la carte. Nous en sommes à 6 modalités pédagogiques : e-learning, micro learning, téléphone, classe virtuelle, ou encore module de grammaire sous l’angle culturel, etc. Nous lançons un pilote début avril sur 4 régions en France.

Autre projet, la conception d’un simulateur en ‘3D temps réel’ pour les travaux de maintenance nécessitant l’utilisation de systèmes de protection dits “boîtes à gants” destinés à la manipulation de matières dangereuses – dont le plutonium.

Qu’est-ce qui vous a le plus motivé, personnellement ?

C’est le fait de sortir des sentiers battus. Tout ce qui porte à inventer, à innover. Le fait de travailler sur des projets de prospective et sur de nouveaux outils, donc tout en restant dans l’opérationnel.

Je suis issue d’une filière école de commerce (Lyon et Paris) et ce qui me plaît, c’est de coopérer avec des experts de diverses disciplines et d’arriver à se dire: “on ne sait pas du tout quel sera le résultat, mais avançons!”. Car c’est normal, au départ, c’est toujours un peu nébuleux. Mais on progresse parce qu’une idée en tire une autre.

Quelles avancées technologiques vous ont marqué ces dernières années ?

Le concept de réalité virtuelle et de réalité augmentée – tel qu’on peut se le représenter au salon ‘Virtual’ de Laval, par exemple. C’est passionnant. C’est un domaine très intéressant en veille techno. Imaginer des simulateurs pour la manipulation de matières dangereuses, invisibles comme les matières radioactives, en utilisant des technologies comme le ‘leap-motion’ ou la Kinnect de Microsoft, c’est intéressant. L’e-learning, aussi, peut être très innovant, à condition de s’y investir.

Quels acteurs de l’univers high tech vous ont impressionné récemment?

Des développeurs comme Operantis ou KTM Advance, spécialiste des ‘serious games’ ou encore e-DOceo, spécialiste de l’e-learning, une société très innovante dans l’ergonomie de ces outils auteurs, par exemple.

Sur quelles technologies imaginez-vous travailler dans les 5 ans à venir?

J’imagine une toute autre façon de travailler. Nous aurons des interfaces 3D. Elles seront très répandues et pas seulement dans le domaine de la formation. On n’utilisera plus la souris. On sera dans le “tactile virtuel”. Les applications “virtuelles” en 3D vont se multiplier, sans nécessité d’utiliser des lunettes. Ce sont les écrans, à cristaux liquides ou non, qui vont s’adapter de plus en plus à l’homme. Vous serez encore devant un ordinateur mais vous opérerez dans le virtuel.

Quels sont les principaux enjeux ‘high tech’ actuels ?

C’est faire en sorte que la ‘high tech’ ne soit pas du gadget. Il faut continuer de prouver que c’est efficace. Nos stratèges ont tendance à s’interroger sur l’utile, sur l’impact économique, sur le ROI. Donc, à nous d’élaborer des ‘business cases’ pertinents.

Un autre enjeu, c’est de réussir les déploiements. On a tendance à sous-estimer la phase d’installation. Il faut toujours se mettre en situation: comment les utilisateurs vont-ils recevoir la solution? Comment va-t-on s’organiser? Pour y parvenir, nous travaillons étroitement avec le département R&D. Dès novembre 2011, nous nous interrogions déjà sur l’impact organisationnel de nos projets, sur leur crédibilité économique et leur qualité ergonomique.

Dans la prévention des accidents ou incidents, nous arrivons à des seuils plancher, en dessous desquels il devient difficile de descendre. Pour progresser encore, il faut travailler non plus seulement sur les outils et solutions, mais sur les comportements; d’où le développement d’un simulateur en 3D temps réel sur le travail de maintenance en ‘boîte à gants’. Encore un nouveau défi !
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