La collaboration devient stratégique en terrain épineux

Logiciels

Si l’étude Avanade donne une image encourageante pour le déploiement des solutions de collaboration, les freins restent très présents et les stratégies peu claires

Avanade, joint-venture de Microsoft et Accenture et premier intégrateur mondial de solution Microsoft, présente une enquête mondiale sur la collaboration numérique. Les 403 entretiens de l’étude ont été menés dans 15 pays par le cabinet Coleman Parkes auprès des 300 plus importantes entreprises, dont 61 belges ou françaises. On comprend évidemment l’intérêt de cette société à l’heure où Microsoft fait de la collaboration un des challenges majeurs de sa politique commerciale. En effet, son avènement implique le déploiement de solutions de bases de données, de middleware et de messagerie (voire de business Intelligence). Autant de logiciels phares pour l’éditeur de Redmond qui cherche naturellement à augmenter ses parts de marché.

La collaboration devient stratégique, surtout dans l’énoncé

L’étude annonce que la « France et la Belgique considèrent la collaboration numérique comme plus stratégique que le reste du monde, avec 97 % affirmant qu’elles ont une stratégie en la matière (contre 88 % dans le monde) et 34 % l’ayant implémentée (contre 19 % dans le monde) ». Et Jean-Marie Sacré, directeur général d’Avanade, ajoute que « cela s’explique par le fait que ces deux nations collaborent avec de nombreux autres pays. Par ailleurs, on constate de nombreuses fusions-acquisitions dans ces économies, entraînant une hétérogénéité des systèmes informatiques, nécessitant des solutions de collaboration pour communiquer entre eux. » Néanmoins, au pays des aveugles, les borgnes sont rois… En effet, on notera aussi que 23 % de ces entreprises reconnaissent ne pas avoir de « stratégie documentée ». En quoi est-ce donc une stratégie ? Une idée peut-être, une envie certainement, un sujet dont “il faut être”… mais une stratégie ? Et le fait que 29 % des entreprises mondiales s’en contente n’arrange rien.

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La productivité reste-t-elle un gros mot ?

Parmi les bénéfices attendus, la France et la Belgique positionnent en tête « l’augmentation de la vitesse de communication » à 85 % (monde : 86 %), puis « l’amélioration de la souplesse au sein de l’entreprise » à 82 % (monde idem), et « le souhait de partager plus d’information en toute sécurité » à 79 % (monde : 77 %). On notera malheureusement que « la volonté d’améliorer la productivité » n’arrive qu’en quatrième position à 75 %, contre 82 % dans le monde. De même, un « meilleur contrôle des processus » n’obtient que 54 % des suffrages, contre 72 % pour l’ensemble des entreprises ! Des stratégies très particulières dont il serait fort intéressant de lire la documentation ! En effet, si la collaboration ne vise pas à améliorer les processus et la productivité, quel intérêt ? Il serait bon et salutaire que nos décideurs pensent enfin que la productivité n’est pas une notion obscène, mais surtout que l’améliorer permet de positionner les employés sur des tâches à réelle valeur ajoutée.

Des freins essentiellement culturels…

Les entreprises mondiales avancent « la sécurité des données » (73 %) comme principal frein au déploiement de la collaboration, suivie du coût (67 %) et de l’impact sur les structures de travail (56 %). En France comme en Belgique, on relève combien les freins culturels (exceptions naturelles ?) élèvent le niveau des barrières. Ainsi, le premier obstacle est le coût technologique (69 %), et le deuxième, le changement des habitudes de travail à 67 % ! Quant à la préoccupation sécuritaire, elle n’arrive qu’en troisième position à 61 %. Ou comment une technologie visant à améliorer les processus, à faciliter le partage et à favoriser l’ouverture peut être envisagée comme un investissement onéreux et une évolution difficile à vivre pour les employés. « Les succès réussis planifient dès le départ un accompagnement au changement impliquant les direction métiers et des utilisateurs finaux. De même, la quasi-totalité des projets qui échouent n’ont généralement pas intégré cet accompagnement, » relate Jean-Marie Sacré.

Si ces projets de collaboration restent stratégiques et incontournables, une bonne documentation de la stratégie en la matière paraît indispensable. En effet, elle donnera un sens à ce déploiement, et lèvera une bonne partie des obstacles, y compris culturels. Il faudra néanmoins intégrer les utilisateurs les plus rétifs aux discussions, afin de traiter les problèmes en amont.


Auteur : José Diz
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