L’aviation a 100 ans et les technos lui disent merci

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Le 17 décembre 1903, Wilbur Wright s’élève dans les airs à bord du ‘Flyer I’ construit avec son frère Orville. Le premier vol stabilisé d’un engin motorisé plus lourd que l’air? est officiellement américain

17 décembre 1903. Nous sommes à Kitty Hawk, sur les rives du Potomac, il est 10h30. Wilbur Wright lance les moteurs du ‘Flyer I’, un aéroplane motorisé qu’il a construit avec son frère Orville. Propulsé par deux hélices, guidé par des rails, et profitant d’un vent de 40km/h, le ‘Flyer I’ s’élance, s’élève au dessus du sol, parcours 260m durant 59 secondes, avant qu’une forte rafale ne l’oblige à retomber au sol.

Les frères Wright viennent d’entrer dans l’histoire. Ils réalisent le premier vol stabilisé d’un engin motorisé plus lourd que l’air officiel. L’aviation, de l’aventure au moteur technologique Il est des aventures qui mènent le monde? Il en est ainsi de l’aviation qui, dans de nombreux domaines, a été et reste un moteur de recherche et d’industrie. Un siècle de recherche, d’expérimentation, d’aventure, qui donneront naissance ou porteront de nombreuses découvertes et technologies, du nucléaire à l’espace, des télécoms aux systèmes multipostes multitâches. Sans doute plus que l’automobile, l’aviation aura accompagné les fondements de l’industrie moderne, et développé les concepts et process qui dominent en partie notre management industriel. Dans les années cinquante, l’informatique embarquée sur les bombardiers stratégiques demande toujours plus de puissance dans un volume réduit? UNIX est né. Toujours plus loin, toujours plus haut, jusque dans l’espace, et avec ses multiples applications que l’on retrouve désormais dans notre vie quotidienne. Sans oublier LA référence des jeux sur PC, avec le simulateur qui fera entrer l’ordinateur professionnel dans les foyers, Flight Simulator, qui fête cette année ses 20 ans. Et nous n’en voudrons pas à Microsoft d’avoir oublié dans sa dernière version ‘100 ans d’histoire de l’aviation’ Clément Ader ou Louis Blériot? Merci à l’aviation et fêtons dignement une centenaire en pleine forme. Les français face à l’histoire

Le 9 octobre 1890, installé dans la propriété de la veuve du banquier Péreire, le savant français Clément Ader s’élance à bord de l’Eole, une chauve-souris mécanisée aux ailes dépliables. L’engin est propulsé par un moteur vapeur de 20 chevaux – pour un poids exceptionnel pour l’époque de 3kg par cheval, moteur, chaudière et condensateur compris ? et entraîné par une hélice 4 pales en bambou refendu.

A 16h04, l’appareil, dont Clément Ader va déposer le brevet en le nommant ‘avion’, et créer l’expression, va s’élever d’une vingtaine de centimètres au dessus du sol et parcourir ainsi une cinquantaine de mètres. Mais le projet est militaire, soumis au secret le plus absolu, et ne sera pas révélé. Le premier aviateur ne sera donc pas français? Un peu plus tard, un autre savant français, Octave Chanute, émigré aux Etats-Unis, écrit ce qui allait devenir l’ouvrage de référence de tous les candidats au vol motorisé, ‘Progress in Flying Machines‘. Il y réuni toutes les connaissances en aéronautique des scientifiques du monde entier. Octave Chanute entretien en particulier une longue correspondance avec les frères Otto et Gustave Lilienthal, qui expérimentent depuis quelques mois des planeurs du coté de Berlin, et planent régulièrement sur plus de 50 mètres. Ils ont plus particulièrement expérimenté les dérives et gouvernes. Première victime du vol moderne, Otto disparaît le 10 août 1896, après que son planeur ait dévissé. Il expire en murmurant : “Il est des sacrifices qu’il faut savoir consentir“. Octave Chanute fera voler les américains, et son ouvrage savant servira de livre de chevet aux frères Wright, et à tous les candidats au vol d’Amérique.


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