Les 40 ans d'Intel (2) : toujours le même élan

Régulations

Après les processus Pentium et multi-coeur, le quarantenaire prépare bien d’autres révolutions : l’Internet qui vient vers vous partout, les PC à bas coût, les architectures pétaflops à faible consommation électrique…

Intel vient d’avoir 40 ans. Comme mai 68. Mais pour s’affirmer dans un bien autre registre : la révolution permanente de l’Internet, du sans fil et de la mobilité. “Nous sommes maintenant dans notre troisième période, Intel 3.0“, détaille Diane Bryant, vice-présidente du Digital Enterprise Group et directrice générale du Server Platforms Group, celle de la “platform company”.La première période, des décennies 60 et 70 était celle de la “memory company”, puisque la spécialité initiale de l’entreprise avait été le composant mémoire. Elle avait ainsi livré les premières MOSRam, les premières LSI DRAM et les premières Eprom du marché, avant de s’attaquer aux Eeprom et autres mémoires Flash. Puis, pendant les décennies 80 et 90, Intel est devenu la “micro-processor company” (Intel 2.0). Son processeur 486 de 1985 a détrôné son premier processeur 8088 de 1978, suivi du Pentium en 1993 et du Pentium II en 1998…

diane_bryant_intel.jpg

>>>> Diane Bryant

L’ère des plates-formes a été inaugurée en 2004 avec les portables Centrino, qui intégrent la connectivité sans fil Wi-Fi tout en améliorant leur autonomie. Ils ont été suivis des plates-formes Centrino vPro et Core2 vPro, dotées d’une sécurité renforcée, d’une meilleure efficacité énergétique, d’une plus grande facilité d’administration à distance. Cet axe sera celui de la nouvelle décennie au moins. Il s’explique par la nécessité d’optimiser les consommations électriques. “A nos trois coeurs de métier (les portables, les ordinateurs de bureau et les serveurs) poursuit Diane Bryant, nous allons donc ajouter quatre nouvelles activités : les terminaux Internet mobiles, l’électronique grand public, l’embarqué automobile et les PC à bas coût.” Car Intel entend également gagner dans l’informatique personnelle, dans les pays émergeants, un milliard d’utilisateurs supplémentaires.

Les processeurs Atom introduits en avril dernier concrétisent ce tournant. Gravés en 45nm sur 25 mm2, ce sont les processeurs les plus rapides du monde à moins de 3 watts de dissipation électrique. Ils visent à la fois les marchés de l’embarqué et des terminaux Internet mobiles. A l’autre extrémité, Intel compte également faire évoluer les centres de calcul vers des architectures n-core et Petaflops.

La loi de Moore (doublement de la puissance de calcul et division de son coût par deux tous les deux ans), du nom de Gordon Moore, l’un de ses deux fondateurs, sera donc respectée jusqu’au bout. Entre 2004 et 2007, la surface au sol exigée par la fourniture d’une capacité de 5,1 millions d’opérations par seconde, a diminué de 83 %. Pour la même capacité, la consommation électrique annuelle a chuté de 87 %. En 2004, il fallait en effet 126 serveurs «Intel inside» disposés en 6 racks. En 2007, cette même capacité était fournie par 17 serveurs lames en un seul rack. Dans cinq ans, les serveurs lames à base de processeur Intel atteindront le Teraflops, soit mille milliards d’opérations en virgule flottante par seconde !

Mais Intel est-elle toujours la « Wintel company » ? Pas vraiment. “Nous avons été un important contributeur de Zen, la virtualisation open source, admet Diane M. Bryant. La base applicative de Linux est croissante. Nous utilisons Linux pour l’embarqué et le calcul haute performance.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur