L'île Maurice investit 23 millions d'euros pour refroidir ses data center à l'eau de mer

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Afin d’avoir un avantage comparatif sur la concurrence, le gouvernement de l’île Maurice a choisi une méthode particulière pour les Data Center. Grâce à l’eau de mer, elle cherche désormais à attirer les professionnels du monde entier.

Port Louis – Comment attirer les investisseurs et entreprises étrangères sur son territoire? Une question que s’est posée le gouvernement de l’île Maurice. Au beau milieu de l’océan indien, les ingénieurs proposent un principe original même si pas nouveau : le refroidissement des data center par «watercooling». Sauf que l’eau utilisée est issue de la mer environnante. Preuve que la mer n’est pas seulement faite pour s’y baigner.

C’est à l’heure du « Tea break » (pause thé), tradition britannique oblige, que le gouvernement de l’île Maurice a choisi de présenter la nouvelle manière pour les sociétés de faire des économies. Les responsables présents sur le rocher ont tenu à expliquer la nature très «Green IT» de leurs installations informatiques. Pierre angulaire de cette réflexion, le SWAC (Sea Water Air Cooling), traduisez un système de refroidissement grâce à l’eau de mer.

A la base, la technologie n’est pas nouvelle. Procédé utilisé dès la fin du 19e siècle pour la production d’énergie en région tropicale, elle possède des applications pour le nautisme voire l’hôtellerie mais rien pour l’IT jusqu’à aujourd’hui.

Explications. L’eau de mer (ou de certains lacs) profonde constitue une source quasi-inépuisable de matière liquide froide utilisable pour le refroidissement de bâtiments situés sur le littoral. À titre d’exemple, si la température de l’eau se situe en été en Méditerranée aux alentours de 13°C par 50 mètres de fond, elle est de l’ordre de 4°C par 1000 mètres de fond dans les océans. A ce titre plus d’explications sont données sur la vidéo interview d’un responsable du projet, ici.

C’est donc à cette profondeur de 1000 m. que les installations de puisent les sources de refroidissement. Un dispositif onéreux. « Nous avons dû investir pas moins d’un milliard de roupies(23 millions d’euros, ndlr)sur ce projet, souligne M. Mohammed Asraf Ally Dulull, ministre de l’Information et des Communications de l’île Maurice. Ajoutez à cela l’énergie solaire et la bagasse (énergie à partir de la canne à sucre). Nous sommes en pointe en matière de Green IT.»Et de poursuivre : «La technologie marine permet non seulement des retombées en matière d’environnement, mais aussi au niveau de l’emploi et économique. Cette méthode coûte peu désormais puisque l’eau puisée est proche de l’île. Elle permet aux entreprises qui souhaitent s’implanter de faire des économies notoires. »

Selon les responsables présents à la conférence, le procédé permettrait ainsi de réduire de 19 % les coûts de consommation des centres de données et permet ainsi à l’île d’être plus attractive pour des sociétés étrangères. Une position que confirme Seewraj Nundlall, directeur du Board of Investment de l’île Maurice : « Les premiers coups de pioche ont été donnés en janvier 2009. Désormais, les installations sont prêtes à recevoir de nouveaux professionnels qui désirent économiser sur leur facture énergétique. »

De grands comptes tels que Schneider Electrics ou Orange ont déjà choisi la solution mauricienne pour une partie de leurs centres de données. Une manière de mêler technologie verte et économies. Le tout sous le soleil et le palmiers. Une solution « fraîche » donc.


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