M. Gardette, Microsoft : Nous souhaitons l'interopérabilité maximum avec nos concurrents'

Logiciels

Le responsable de la stratégie plate-forme chez Microsoft France, revient sur l’ouverture et l’interopérabilité annoncées par Steve Ballmer

La publication des documentations sur les technologies et les protocoles Microsoft : une nouveauté qui va plaire aux développeurs. Qu’est-ce que cela va changer pour eux ?

Il est vrai que cette annonce intéressera fortement les développeurs. Désormais un programmeur qu’il soit employé chez Microsoft ou non aura les mêmes informations, la même documentation, et les mêmes outils, qu’il développe sous nos plates-formes ou pas. Fini le temps des API publiques et des API dites “non documentées” ! Nous souhaitons que nos solutions soient aussi le plus interopérables possible avec celles de concurrents. Ces informations (API, technologies, formats bureautiques et autres) accessibles gratuitement favoriseront les échanges avec les autres logiciels et systèmes et les imports/exports de données.

Toutefois, cette démarche n’est pas une nouveauté, mais une étape majeure dans notre stratégie d’ouverture. En effet, depuis début 2005, où nous avons commencé nos contributions aux spécifications XML et aux services Web.

Fini les poursuites et la gratuité pour tous ?…

Nous nous engageons à ne pas poursuivre les développeurs de projets open source utilisant nos technologies. Néanmoins, si la documentation est gratuite pour l’ensemble de ce qui sera publié, certaines technologies reposent sur des brevets déposés.

Dans le cadre d’une utilisation commerciale de ces technologies, nous mettrons en place des accords de licence, qui vont de la gratuité au reversement de royautés peu élevées. Nous statuerons en fonction des solutions concernées.

La décision de la Cour de Justice européenne a-t-elle pesé sur vos motivations ?

Ces deux choses ne sont pas directement liées. D’ailleurs, nous sommes allés plus loin que ce que réclamait Bruxelles, concernant les monoserveurs dont nous avons documenté les API. En effet, nous réalisons ce travail sur beaucoup plus de produits, et gratuitement (ce que n’exigeait pas la décision de la Cour européenne).

D’ailleurs d’ici à juin 2008, nous publierons tout sur le format XAML de .Net, permettant de développer des interfaces riches.

Vos produits

et technologies très présents dans les entreprises ne risquaient-ils pas le hors-jeu dans des entreprises réclamant l’ouverture ?

N’est-ce pas réellement là le sens de cette annonce ?

Bien entendu, nous défendons nos positions. L’objectif d’un éditeur consiste en effet à développer et à défendre sa plate-forme en créant un maximum de valeur ajoutée. Puisque « Les grands pouvoirs amènent aussi de grandes responsabilités », nous devons ouvrir notre environnement, et apporter de la sécurité et de l’interopérabilité pour rendre notre plate-forme pérenne. C’est pourquoi nous documentons – par exemple- intégralement les protocoles d’échanges avec Office 2007, et avec Sharepoint Server 2007. Certes, nous ouvrons aussi cela à nos concurrents. Mais, nous publions surtout encore plus d’information sur nos technologies à destination de notre écosystème, afin de lui offrir toujours de plus grandes opportunités.


Auteur : José Diz
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