Open source : de très nets progrès dans l’administration française

Régulations

Selon une étude menée par MARKESS International, 7% des projets informatiques et télécoms de l’administration centrale française ont une composante open source. De quoi faire frémir Bill Gates…

Désormais, quasiment tous les responsables de l’administration savent parfaitement comment positionner leur organisation vis-à-vis de l’open source. Cependant, la réalité des projets enclenchés démontre qu’il y a encore fort à faire pour que le pas soit bel et bien franchi. En effet, 7% des projets administratifs intègrent formellement dans leur périmètre une composante open source ou des logiciels libres. Par ailleurs, d’après l’enquête menée auprès de 55 responsables à la mi-2004, tous afficionados convaincus de l’utilité de l’open source, trois étapes ont été distinguées par MARKESS International, développements successifs en fonction des domaines applicatifs concernés : -Une première vague, déjà en cours, laquelle touche surtout les serveurs d’application (type Apache), les bases de données (dont les versions Linux d’Oracle, par exemple) et les systèmes d’exploitation (parc Linux en forte croissance). Sur 2004, cette tendance dépasse les 50% sur les environnements des personnes concernées. -Une seconde vague, très récente, et qui vise le poste de travail au travers des applications bureautiques (principalement via Open Office qui connaît un succès croissant et qui voit même des ouvrages de vulgarisation lui être consacrés, tel celui publié par François Cerbelle aux Editions O’Reilly), de la gestion du contenu, de l’interface utilisateur de type “frontal Web”. Ces développements concernent également les portails et les réseaux. Entre un quart et la moitié des personnes interrogées avouent désormais recourir à de tels développements et outils. -Une troisième vague dépendra, s’il faut en croire MARKESS International, très largement dépendante des offres du marché et devrait porter sur les applications métier, les solutions d’intégration d’applications, la gestion de processus et les applications mobiles ou embarquées.

Debout Bill, la mer monte ! Ceci explique sans doute pourquoi Bill Gates, première plus grosse fortune mondiale, est venu hier évangéliser les milieux parisiens sur le futur de Windows et de .Net (voir notre article). Ceci explique tout aussi certainement l’effet recherché à l’occasion de l’annonce du support inconditionnel de l’environnement Microsoft par Dassault Systems. Apparemment, la meilleure défense demeure toujours l’attaque, telle cette interview fleuve de Christophe Aulnette sur France Information, au cours de laquelle on apprenait hier que Microsoft était bien pour une concurrence saine vis-à-vis de Linux et autres softs open source, mais que si les produits libres étaient bien bon marché à l’achat, les services pour les maintenir ou les upgrader coûtaient bien plus cher que dans l’environnement Windows. Une position qui a du faire plaisir aux quelque 150 SSLL (Sociétés de Services en Logiciels Libres) qui agrémentent aujourd’hui le paysage informatique français, panel auquel il convient d’ajouter bon nombre de grandes SSII qui (tiens, c’est bizarre !) se positionnent elles-aussi désormais sur ce créneau. Dans le hit-parade de ces SSLL, on découvre en tête des entreprises telles que : Nuxeo, Ideal X, Linagora, Cap Gemini, MandrakeSoft, Bull, IBM, Atos Origin, SQLi, Clever Age, Smile, Easter-Eggs, Open Wide (spin-off du groupe Thalès), Logidée, Unilog. Bref, la moitié des sociétés citées est quand même sur le marché informatique depuis plus de dix ans. A notre avis, si cela continue, Bill risque bien de perdre le maillot (pardon, le papillon) jaune. Logiciels libres : pari gagné sur l’administration

98 millions de dollars d’investissement en 2004 228 millions en 2008 tels sont les chiffres de l’investissement en logiciels libres par l’administration en Europe occidentale (hors nouveaux membres de l’Union) Selon IDC, Linux, au terme d’une croissance annuelle mondiale de 47 % sur les ventes de licences, pourrait représenter une part de marché de 27 % sur le marché des serveurs d’ici à 2008. Ces chiffres sont corroborés par ceux du Gartner Group, lequel précise que les serveurs Linux ont enregistré une progression en valeur de 57,3 % au premier trimestre 2004 sur l’ensemble de la zone EMEA. Toujours selon Gartner, les SGBDR Lunix ont engendré un C.A. de presque 300 millions de dollars en 2003, contre 116 % un an plus tôt, soit une croissance de 158 %. Par ailleurs, les ERP open source ont représenté un C.A. de 400 millions d’euros en 2003 et devraient atteindre 7 % d’un “gâteau” global de 36 milliards de dollars à l’horizon 2008.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur