‘Open source’ n’est pas un standard ! -proteste Borland…

Régulations

Le discours de Bruno de Combiens, responsable marketing produits et porte-parole de Borland, face à l’Open source version IBM et Eclipse – qui ne respecterait pas les standards – tranche de la tendance communautaire. Et suscite des commentaires…

Le discours de l’

Open source est en grande partie dicté par quelques grands acteurs, et en particulier par IBM. Face à la communauté, des éditeurs majeurs comme Borland proposent des solutions propriétaires qui tranchent par rapport au libre. Pourtant, Borland se défend et affirme contribuer lui aussi aux développements de l’Open source. Mais son discours n’est pas tout à fait le même ! Une vision critique mais réaliste du monde du développement applicatif. “Eclipse est un produit 100% IBM, mais n’a “d’0pen source” que le nom. Pour IBM, Eclipse occupe une position tactique plus qu’autre chose“. Bruno de Combiens exprime très haut le malaise ressenti par de nombreux acteurs. “L’Open source n’est pas un standard ! Eclipse présente un défaut majeur, le non respect de Java, standard de fait: il n’en supporte pas les spécifications“. Réaction épidermique ? Non, plutôt réfléchie ! En effet, la communauté du “libre” souffre de ses prestigieux porte-paroles qui tendent à prêcher pour leur paroisse. Face à elle, des acteurs qui ont fait leur preuve, comme Borland, souffrent d’une tendance à la ringardisation? Que leur reproche-t-on ? Leur approche propriétaire, qui pourtant a fait ses preuves. “Borland est un ‘pure player’ du développement. Le logiciel est le cheval de Troie d’IBM, il y perd même de l’argent. Pour quel objectif ? Pour vendre du service ! L’industrie suit, elle commet une grave erreur !” Il est vrai que l’Open source est porteur de plusieurs messages. “Tout le monde peut voir midi à sa porte. L’Open source gratuit est un faux débat, qui n’a de sens économique que dans peu de domaines. La réduction des coûts n’est pas systématique, la question fondamentale pour l’entreprise reste de développer des logiciels de qualité qui répondent à leurs besoins” Certes, l’Open source s’appuie sur la garantie fonctionnelle apportée par la communauté, mais l’entreprise veut maîtriser ses sources, et pour cela beaucoup sont plus intéressées par l’emploi de ressources protégées plutôt que de les mutualiser. Le débat est ouvert, mais on ne pourra pas reprocher à Bruno de Combiens de remettre chacun à sa place? Rappelons que Borland a largement contribué au développement de SQL, a rendu publiques des millions de lignes de code, et en particulier a offert à la communauté de volumineuses bibliothèques graphiques. D’accord? Pas d’accord? Réactions…

Cet article nous a valu bon nombre de commentaires. Toute contribution est débat est bienvenue! La rédaction. Open source n’est pas un standard ? Exact, hélas! Au risque de me fâcher grave avec le monde du logiciel libre, je dois reconnaître que cette affirmation ne manque pas de pertinence. On a bien compris que le développement des logiciels libres est de nature à porter ombrage aux éditeurs de logiciels et à tout un pan de l’industrie informatique qui a vécu avec des taux de croissance sans commune mesure avec ceux des pays industrialisés. Tous les coups sont permis. Les menaces de poursuites pour usurpation de brevets, le chantage -et j’en passe. De nouveaux acteurs, industriels, en Chine, ont une notion toute relative de la propriété industrielle parce que tout ce qui vient de l’étranger est par définition de l’Open Source. Et tout ce qui peut procurer des profits est un standard du marché! Quand on parle de “standard du marché”, on avance un argument commercial destiné à amadouer et rassurer le chaland. On fait implicitement référence à une position dominante d’un ou plusieurs acteurs. On a longtemps considéré que les spécifications des produits IBM, qui étaient publiques, constituaient des standards du marché. Le format .doc fait référence au traitement de texte Word de Microsoft, purement “propriétaire”. Alors, s’agissant du logiciel libre, ce n’est pas un standard mais plutôt un juridique de distribution basé sur la licence GPL. Le modèle économique consiste à dire : « Je distribue mes logiciels dans le cadre de l’Open Source, et je vis non pas de mes droits de propriété industrielle mais de la commercialisation des services annexes ». Un standard ne fait référence à rien de précis, contrairement aux “systèmes dits ouverts” qui font référence à des normes publiques (OSI, IEEE, AFNOR…) ou privées. Ces dernières ayant tendance à se développer. Le propre d’une norme est d’être publique! La position des éditeurs par rapport aux processus de normalisation est liée à leur politique marketing. Microsoft est contre la normalisation de ses interfaces et cherche à les protéger par des brevets afin de conserver ainsi une situation de monopole. Borland et IBM y sont favorables… espérant élargir ainsi leur base. Bertrand Bruller, chargé de cours Ecole Centrale de Paris Ingénierie de systèmes informatique ouverts


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