Polycom pousse la vidéo-conférence en HD

Régulations

Le spécialiste américain des outils de communication unifiée estime que la
haute définition est une valeur ajoutée sans précédent, quel que soit le secteur
d’activité

Le nom Polycom ne vous dit peut-être pas grand chose, pourtant ses appareils sont présents dans la plupart des salles de réunion de la planète. Appelé ‘la Tarentule’ ou ‘l’Araignée’, ce boîtier permet l’audio-conférence et les communications internes dans les bureaux, il revendique une part de marché de 92% sur la planète.

L’entreprise américaine fondée en 1990 aurait pu capitaliser longtemps sur ce succès mais a préféré jouer la carte de la diversification naturelle en se lançant dans le secteur de la vidéo-conférence sur Internet. Un secteur en plein essor : selon Wainhouse Research, il devrait progresser de 20% en 2006.

Pour y parvenir, Polycom s’est offert plusieurs spécialistes de la question comme ViaVideo ou surtout PictureTel (pour 362 millions de dollars), un leader mondial de ce marché.

Aujourd’hui, le groupe met l’accent sur la vidéo-conférence en haute définition qui semble être de plus en plus recherchée par les entreprises, selon les observateurs. Marco Ormazabal, Système Consultant pour Polycom nous en dit plus.

Vous lancez la vidéo-conférence en HD aujourd’hui, pourtant certains de vos concurrents proposent ce type de produit depuis quelques années. Pourquoi avoir attendu ?

On peut dire que cette technologie est accessible depuis 2004. Mais peu de réseaux pouvait alors supporter la transmission en HD. Par ailleurs, les solutions étaient peu évoluées et concernaient surtout les images fixes. Enfin, les cibles potentielles n’étaient pas nombreuses. Aujourd’hui, nous pensons que c’est le bon moment pour pousser ce type d’offre. Les réseaux IP commencent à être déployés, les écrans HD sont partout. Il faut également souligner que nos solutions s’adaptent au réseau de l’entreprise et pas le contraire. Cela permet de proposer des solutions évolutives car les réseaux sont eux-mêmes très évolutifs, notamment en terme de débit.

Qu’apporte concrètement la vidéo-conférence en haute définition ?

On améliore vraiment l’expérience et le confort des utilisateurs. C’est comme passer du noir et blanc à la couleur. On va au-delà de la qualité TV ce qui permet d’améliorer vraiment l’affichage. On a vraiment l’impression d’être en face de la personne connectée. Ce type d’avantages concerne vraiment tout le monde, quel que soit le secteur d’activité de son entreprise.

Peut-être. Mais la HD n’est-elle pas destinée avant-tout à des secteurs qui ont des besoins qualitatifs très importants, notamment dans l’échange de fichiers image ?

En effet, des métiers spécifiques sont très demandeurs de ce type de solutions : le médical (radiographies, imagerie médicale) où la qualité des images est critique, l’industrie (pour visualiser des plans par exemple) et le secteur du textile et de la mode (visualisation d’échantillon de issus, de trame…)

Y-a-t’il d’autres bénéfices pour l’entreprise ?

La réduction des coûts est également importante. La vidéo-conférence en IP permet dans tous les cas d’économiser sur les voyages et sur la facture télécom. Sans parler des gains de productivité.

Sur quelles évolutions de la vidéo-conférence planchez-vous ?

La convergence est la première de nos priorités. On se dirige vers une vidéo-conférence individuelle accessible depuis le poste de travail. On travaille également sur la convergence mobile avec des accès 3G ou Wi-Fi (voir encadré).

Résultats et acquisitions En février dernier, Polycom s’est emparé de SpectraLink pour 220 millions de dollars en cash. Cette entreprise américaine est prestataire de solutions wireless pour le compte des entreprises.Polycom étoffe ainsi ses solutions de convergence avec l’expertise de SpectraLink dans les communications unifiées en VoIPoWiFi. SpectraLink a d’ailleurs présenté ses nouveaux terminaux hybrides NetLink 8000 Series compatibles IEEE 802.11a, b et g (Wi-Fi).Côté résultats, Polycom a vu son chiffre d’affaires annuel progresser de 17,5% pour s’établir à 682,4 millions de dollars. Une croissance tiré par le marché européen qui représente un tiers des revenus.

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