SAPPHIRE 2013 : Éclaircies sur les clouds SAP

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Les discussions avec les managers et dirigeants de SAP à l’occasion de Sapphire 2013 permettent de mieux appréhender l’horizon des divers clouds de l’éditeur.

Outre une forte présence sur le SaaS (Successfactors, Ariba, BusinessByDesign, etc.), SAP accélère sur les plates-formes cloud. Un pari volontaire, tandis que « le cloud représente entre 5 et 6 % du chiffre d’affaires mondial », comme le reconnait Franck Cohen, président Emea (Europe, Moyen-Orient et Afrique) chez SAP.

Cohen, président EMEA SAP
Frank Cohen, président EMEA SAP

Outre l‘offre Hana One sur Amazon Web Services et l’annonce d’une version Premium, l’éditeur a également lancé Hana Entreprise Cloud, un environnement destiné aux applications critiques.

La première question que l’on pourrait se poser concerne les moyens déployés.

Jim Snabe, codirigeant de SAP répond : « Avec nos datacenters, nous offrons une plus grande infrastructure que celle de Salesforce.com, par exemple. Déjà présent dans de nombreuses entreprises internationales déployant nos solutions, nous sommes habitués à gérer et supporter depuis longtemps des solutions simultanément dans plusieurs pays. Pour les mêmes raisons, nous disposons déjà d’infrastructures pour le cloud à travers le monde, et continuons à investir massivement. »

SAP HANA One s’habille en Premium

Lancée il y a un an, l’offre de cloud SAP Hana One reposant sur Hana est disponible sur Amazon Web Services (AWS) pour 99 centimes de dollars par heure d’utilisation (hors frais d’Amazon). Le prix semble correct. Toutefois attention à la tarification variable sur plusieurs critères d’AWS qui peut créer des surprises. Préparez vos calculettes !

En attendant, l’éditeur annonce déjà 600 clients en production à travers le monde sous cet environnement cloud.

SAP HANA One est limitée à 30 Go de données compressées sur une seule instance AWS (Amazon Web Services) de 60 Go avec 16 processeurs. L’éditeur annonce que cette offre en self-service peut être activée en moins de 15 minutes. Et le support est assuré par la communauté des utilisateurs.

Bill McDermott et Jim Hagemann Snabe, co-CEO de SAP
Bill McDermott et Jim Hagemann Snabe, co-CEO de SAP à SAPPHIRE 2013.

Lors de SAPPHIRE 2013, l’éditeur a annoncé SAP Hana One Premium. Outre la licence Hana, cette version Premium intègre aussi le composant Data Services de Hana Integration Cloud. Cet outil ETL (extract, transform, load) permet à l’entreprise d’extraire, transformer et charger dans Hana des données provenant de SGDB d’autres éditeurs. Il est également possible de chainer plusieurs instances Hana One Premium, même si SAP ne le recommande pas forcément.

Et surtout, pour un coût de 6000 euros (7 000 dollars) par an, la solution inclut le support de SAP Enterprise, que l’éditeur ne propose pas dans l’offre entrée de gamme.

Le nouveau cloud privé-managé…

Présenté comme un environnement de “cloud managé” pour applications critiques, Hana Entreprise Cloud propose une infrastructure matérielle dédiée, sur laquelle s’exécute une instance isolée de Hana.

L’offre promet « les performances, l’intégration, la sécurité, la haute disponibilité avec reprise après sinistre, d’un déploiement d’une solution sur site, avec en plus l’élasticité, l’automatisation et la simplicité d’administration ».

Pour SAP, les entreprises ne souhaitent pas partager leurs ressources matérielles sur des applications critiques, et demandent donc du matériel dédié, sans vrtaulisation…

La palette Hana ouverte aux partenaires

« Le besoin de datacenters de nouvelle génération augmente. Or, tout le monde n’est pas opérateur de télécommunication, affirme Hasso Plattner cofondateur et président du comité de surveillance de SAP. De nombreuses entreprises ne disposent pas des compétences nécessaires ou ne souhaitent pas investir en ce sens. Avec Hana Enterprise Cloud, nous mettons à leur disposition un environnement dédié et les compétences de nos spécialistes. Ave Hana Enteprise Cloud, ils disposent d’une plate-forme cloud matérielle et logicielle qui leur permettra d’exécuter des applications SAP ou non, mais aussi d’un environnement de type PaaS. »

Et Jim Snabe ajoute : « L’infrastructure matérielle représente le coût le plus important des projets, et pas le logiciel. Or, avec notre offre de cloud managé, nous prenons en charge tous ces aspects (en plus de déploiement, de la maintenance et des mises à jour) et cela revient beaucoup moins cher à l’entreprise qui bénéficie de l’expérience de nos meilleurs spécialistes. »

Le tout intégré, y compris le matériel et tous les à-côtés indispensables, comme le justifie Bill McDermott, codirigeant de SAP : « Dans une entreprise multinationale ou avec plusieurs filiales, l’informatique passe un temps incroyable à tout consolider, avec les risques et les délais que cela entraîne. Avec Hana, tout est consolidé en temps réel. Dans l’environnement Hana Enterprise Cloud, l’entreprise dispose en mode tout-intégré du logiciel, de la base de données, du matériel optimisé en continu, de la mobilité, de l’analytique, etc. Bref, une plateforme unique pour régler simplement tous les problèmes. »

Partenaires déconnectés et entorse au multitenant

Les partenaires pourront installer Hana Enterprise Cloud sur leur infrastructure. SAP affiche des exigences très précises pour la plate-forme matérielle et effectuera un audit très rigoureux afin de valider l’environnement concerné. Toutefois, il s’agira bien d’une installation autonome et non d’une instance cloud de l’application multitenant hébergée chez SAP. Cette installation sera cependant elle aussi multitenant par nature, mais uniquement sur le périmètre du partenaire. Celui-ci devra certainement s’engager à répercuter les mises à jour ou à automatiser ces processus.

Si avec Hana l’ouverture reste possible, la tentation du tout intégré peut vite devenir très captive. Néanmoins, lorsque l’on n’est pas constructeur, face à Oracle qui propose ces plates-formes “Exa” logiciel+matériel+services, il convient de réagir. SAP a donc noué des partenariats avec de nombreux constructeurs pour proposer des appliances Hana (IBM, HP, Dell, Fujitsu, etc.), et propose cette offre managée qui présente l’avantage d’estomper (voire de faire disparaître) l’aspect matériel.

On voit avec cette offre, tout à fait pertinente sur des applications critiques, combien la limite entre infogérance et la notion (discutable) de cloud privé devient nébuleuse. L’élasticité à elle seule (évolution logique des datacenters s’inspirant des meilleures pratiques héritées des mainframes) a-t-elle à ce point transformé le modèle ?

Encore une fois, sans le multitenant au niveau supérieur (qui serait une seule et unique solution Hana déclinée en instances, même distantes) peut-on encore parler de cloud ? Une question qui ne remet nullement en cause la pertinence de cette offre, mais montre peut-être les limites actuelles du cloud public. Si cette locution elle-même n’est pas déjà un pléonasme…


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Auteur : José Diz
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