SFR-Numericable : l’ouverture du câble en discussions ?

Régulations

La Commission européenne ne statuera pas, à priori, sur les risques concurrentiels de la fusion SFR-Numericable. L’Autorité de la concurrence en France pourrait, elle, réfléchir à l’ouverture de l’accès à la boucle câble. Une perspective qui n’enchante évidemment pas Patrick Drahi, le futur PDG de SFR-Numericable.

L’Europe n’a pas l’intention de mettre son nez dans le dossier SFR-Numericable. « A priori, l’opération relève des autorités françaises », a déclaré le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia en marge d’une conférence qui se tenait aujourd’hui à Athènes.

Une opération franco-française

La fusion à 13,5 milliards d’euros entre le numéro 2 de la téléphonie mobile (plus de 21 millions de clients) avec le numéro 1 du câble (1,7 million de clients, y compris en marque blanche) est une opération franco-française qui ne devrait pas influer, dans un premier temps du moins, sur le marché européen. Pas comme le rachat en cours de l’opérateur allemand E-Plus par l’Espagnol Telefónica. Pourtant, remarquons que Bruxelles ne s’en penche pas moins sur l’offre nationale de 3 Ireland sur son concurrent et compatriote O2 en Irlande.

Certes, la complémentarité des activités de SFR et Numericable limite les risques concurrentiels sur le secteur mobile qui restera à 4 acteurs, au grand dam d’Arnaud Montebourg. L’étude du dossier reviendra donc exclusivement à l’Autorité de la concurrence en France qui devrait livrer ses conclusions pour la fin de l’année.

L’ouverture du câble

L’Autorité pourrait notamment statuer sur l’ouverture de la boucle locale câble au reste du marché, à savoir Orange, Bouygues Telecom et Free. Ces acteurs de l’ADSL pourraient en effet convoiter l’accès aux quelque 5,2 millions de prises câbles à plus de 100 Mbit/s déployées sur le territoire alors que le nombre de foyers éligibles à la fibre optique (FTTH) ne dépasse pas les 3 millions (lire 2 millions de foyers carburent au très haut débit en France).

Une vision que ne partage pas Patrick Drahi. A l’occasion de la conférence de presse donnée lundi 7 avril pour présenter le plan de rapprochement de SFR et Numericable, le patron d’Altice (et futur PDG de SFR-Numericable) a déclaré : « Quand nous aurons 65% du marché français du haut débit contre 5% aujourd’hui, alors j’accepterai d’ouvrir l’accès au câble. » L’investisseur rappelait que, hors de la Belgique (où le câble couvre justement 65% du marché), il n’y a pas de régulation sur le câble en Europe, même en Allemagne où il occupe 40% du marché. « Je serais donc surpris qu’on nous demande l’ouverture [en France, NDLR]. » L’Autorité de la concurrence jugera s’il sera utile de surprendre, ou pas, le nouvel homme fort des télécoms français.


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