Tribune : entre politique et optimisme, l’infogérance demeure-t-elle un marché de croissance ?

Régulations

Malgré la crise qui risque de perdurer, l’infogérance devrait continuer d’afficher une croissance moyenne annuelle de 4,9% jusqu’en 2015, selon l’Etude Infogérance 2015 de PAC. Une vision optimiste que conteste les chiffres du Syntec.

Longtemps construite autour de contrats de longue durée, qui lui ont imposé un manque de flexibilité, l’infogérance aurait trouvé dans le Cloud et ses déclinaisons – SaaS, PaaS, IaaS, etc. – un regain de vigueur. Les conditions seraient réunies, selon l’étude Infogérance 2011 de Pierre Audoin Consultants (PAC), pour que l’infogérance continue d’afficher une croissance de 4,9% en moyenne entre 2011 et 2015, et soit peu impactée par l’instabilité de la situation économique.

L’infogérance demeure un axe majeur pour l’entreprise. Comme tous les secteurs informatiques, elle reste soumise à une attente forte de la part des organisations clientes : la réduction des coûts… Et c’est justement dans le Cloud, ainsi que dans l’automatisation des processus, que les SSII trouveraient les relais nécessaires pour répondre à cette attente. Pour Franck Nassah, directeur chez PAC, « Les DSI sont amenés à infogérer de plus en plus, surtout au niveau des infrastructures, qui demandent un investissement considérable si elles ne sont pas externalisées. »

Les entreprises sont donc tentées de reporter sur leurs prestataires leurs contraintes d’infrastructure. Les SSII sont ainsi poussées à jouer la carte de l’innovation pour répondre aux exigences de leurs clients. L’étude révèle par exemple une évolution sensible des prestations d’infogérance vers le métier, avec une approche des DSI qui se fait plus sectorielle. Les SSII ont par aillmeurs entamé un large mouvement vers l’industrialisation à la fois de leur SI, de leurs prestations, et de leurs process.

Une vison contestée par les chiffres du Syntec Numérique

Même si le Syntec Numérique adopte volontiers un ton optimiste, les chiffres présentés par l’organisation viennent apporter un bémol à ceux qu’affiche l’étude de PAC. Si l’année 2011 aura été marquée par un rebond sensible, enregistrant une croissance du secteur de 2,7% (après un recul de 2,5% en 2009 et une stabilisation haussière de 1% en 2010), le syndicat ne pronostique qu’une croissance de 0,9% en 2012.

Le Syntec et PAC parlent-ils de la même chose ? Le premier associe dans son chiffre les résultats constatés sur l’infogérance applicative, qui augmente de 2,6%, et sur l’infogérance d’infrastructures, en progression de 3,5%. On peut en revanche reprocher à PAC d’avoir occulté dans son étude une partie des activités d’outsourcing, la TMA (tierce maintenance applicative) et le BPO (business process management). Le chiffre de croissance moyenne de 4,9% annoncé par PAC se rapprocherait donc plutôt de l’infogérance d’infrastructures, et dans ce cas la vision des deux organisations serait proche.

Entre politique et optimisme

S’il est difficile, dans l’incertitude des conditions économiques qui domine actuellement, de pronostiquer à long terme du devenir d’un secteur économique qui demeure contraint, une chose reste acquise : l’infogérance demeure le moteur de croissance des activités de conseil et de services IT. Entre une vision syndicale très « politique » – le chiffre de croissance de 0,9% est étrangement proche de celui contesté de 1% avancé par le gouvernement ! – et une vision d’analyste optimiste à plus long terme, la réalité pourrait bien se placer dans un juste milieu, avec une année 2012 difficile, et une reprise espérée pour les années suivantes…


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